Contre-Regards

par Michel SANTO

Le ressenti et le réel.

 

 

Les Assises nationales de la qualité de l’environnement sonore s’ouvrent aujourd’hui, mardi 14 décembre. Trente cinq ans de politique contre le bruit, et des enquêtes d’opinion qui se suivent et se ressemblent. Pour deux français sur trois le bruit est une nuisance. Un niveau d’insatisfaction qui ne baisse pas. Bien au contraire! Ce qui fait dire à Dominique Harbaultque « Toute la réglementation est basée sur les décibels… or cela ne suffit pas à expliquer la gêne, qui est liée à de nombreux autres facteurs. ». Et d’expliquer que des travaux sont en cours autour de la « sonie », qui permet de prendre en compte le « ressenti » du bruit. Ah! ce maudit ressenti…Qu’on ferme une boîte de nuit et ce sont les pas du voisin qu’on entendra. Qu’on constate une montée de la violence et c’est un sentiment d’insécurité qu’on diagnostiquera. Qu’on se désole du brouhaha politicien et c’est une sensation de vide démocratique qu’on théorisera…A croire que le ressenti n’a pas d’autre réalité que subjective. Que sa source n’est pas dans le réel social et politique. A Narbonne, le thermomètre affiche 5 degrés. Mais avec le vent du Nord qui souffle à 90 kilomètres à l’heure, mon ressenti, lui, bien réel, tourne autour de 0…Comme celui éprouvé à l’égard d’un discours dominant qui, s’effrayant d’un réel aux effets dissolvant, nous serine à profusion des  » ressentis  » culpabilisants…Gare au retour du refoulé!

 

Un triomphe sans péril.

 

 

 

François Bayrou a été réélu (94,69 % des voix lors d’un vote effectué par Internet) à la présidence du Mouvement démocrate (MoDem) a annoncé, dimanche, à Paris un cadre du parti ( !), François-Xavier de Peretti, à l’ouverture de son troisième congrès.Et «  Le Point » de titrer : « François Bayrou, triomphalement réélu à la tête du MoDem ». Triomphalement ! Bigre ! Seul candidat en lice, élu avant  son congrès avec un taux de participation de 26,40% et à la suite d’une série électorale catastrophique pour son parti, on se dit que la rédaction du Point à du triomphe une définition peu glorieuse…et sans péril. Au point de se demander si cette inflation sémantique ne vise pas à masquer la dévalorisation politique de cet homme et de son mouvement. N’est ce pas Francis Bacon (1561-1626) qui disait : « La gloire ressemble au marché ; parfois, quand vous y restez quelque temps, les prix baissent. » Rien de changé sous le ciel des idées …                            

Les marchands d’illusions.

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Que noter aujourd’hui qui n’ait l’air d’une reprise (dans tous les sens du terme) de ce que les médias nous font entrer dans la tête du soir au matin ? Puisqu’il est établi une bonne fois pour toutes que si la neige tombe en abondance, les chinois restreignent les libertés, les juges libèrent les truands (et emprisonnent les policiers), le climat se réchauffe, les déficits se creusent, la santé se dégrade, l’éducation n’en parlons pas et tout le reste à  l’avenant, la faute en revient à nos gouvernants et que les solutions sont dans les serviettes de leurs opposants, pensons à autre chose. Je ne sais pas moi ! A la chapelle des Auzils, tout en haut de la Clape, avec pour horizon la mer et la chaîne des Pyrénées, à Andrée Chédid et son dernier livre de poèmes, à cet espagnol de 90 ans rencontré ce matin qui connut bien mon grand père, à cet homme ou cette femme inconnue qui me tendait la main, à cette amie et mes étoiles… A tout ce qui fait l’étoffe de nos vies. A ces mouvements du corps et de l’âme qui me font tourner le dos au spectacle du monde, enfin. Un spectacle qui, en ce temps d’Avent, nous en présente la forme la plus vulgaire et la plus mercantile dans ses marchés de Noël: des baraques en rondins synthétiques couvertes de coton et remplies de pacotilles. L’image même d’une société tombée dans l’oubli de sa culture et dopée au dérisoire.  Prête ainsi à s’offrir à tous les marchands d’illusions…

           

Paroles de Duc.

Lectures.

 

 

 

 

Ce matin, celle du Duc. Au hasard de ses maximes, (pas tout à fait quand même) la 139 et la 142…

 

« Une des choses qui fait que l’on trouve si peu de gens qui paraissent raisonnables et agréables dans la conversation, c’est qu’il n’y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu’il veut dire qu’à répondre précisément à ce qu’on lui dit. Les plus habiles et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive, au même temps que l’on voit dans leurs yeux et dans leur esprit un égarement pour ce qu’on leur dit, et une précipitation pour retourner à ce qu’ils veulent dire; au lieu de considérer que c’est un mauvais moyen de plaire aux autres ou de les persuader, que de chercher si fort à se plaire à soi-même, et que bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections qu’on puisse avoir dans la conversation. »

                                                          .°.

« Comme c’est le caractère des grands esprits de faire entendre en peu de paroles beaucoup de choses, les petits esprits au contraire ont le don de beaucoup parler, et de ne rien dire. »

 

 

 

 

L’impatiente ou la rose.

 

Martine Aubry, dans le JDD, fait observer à certains de ses amis ignorant l’art du jardinage « que la patience ne pousse pas dans tous les jardins. » Et qu’elle ne voyait aucune raison «  sauf l’impatience de l’un ou l’autre, de changer ce calendrier que des militants ont voté et que la grande majorité des dirigeants socialistes approuve ». On ne la contredira pas sur la patience qui, non seulement ne fleurit pas dans tous les jardins mais pousse aussi son zèle à ne fleurir dans aucun d’entre eux, pour relever que l’impatiente, elle, se plaît à l’ombre et s’épanouit de juin à septembre. Un calendrier en phase avec celui des primaires que défend Martine de sorte que cette impatiente là pourrait devenir le nouvel emblème des socialistes. Une fleur qui toutefois préfère l’ombre, ce qui n’est pas le cas de toutes les impatientes au PS…

 

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