Contre-Regards

par Michel SANTO

Le joug de la transparence.

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La semaine passée aura donc été celle de WikiLeaks. Cette machine à « révélations » prétendument planétaires mais exclusivement américaines qui fait trembler les « puissants » de ce monde. La méthode est, il est vrai, novatrice. Elle fait les beaux jours d’une presse « sérieuse », qui légitime le vol de documents au nom  transparence. Le citoyen doit tout savoir, absolument tout, de ce qui se dit, se fait, se pense, se rêve, se trame partout où des puissances, des pouvoirs locaux, micro-locaux, d’États, ou d’entreprises prétendent agir au nom d’un « intérêt général ». Non pas en Chine, en Iran et dans les dictatures de toutes sortes ! Non, non! Trop compliqué et trop dangereux. Mais ici même, dans nos sociétés démocratiques présentées comme les seules responsables de tous les maux subis par l’humanité entière. De l’Histoire en direct en quelque sorte ! Où tout le monde devrait pouvoir écouter tout le monde, la méthode important peu. Au point qu’on se demande au nom de quels principes les journalistes eux-mêmes, qui légitiment et tirent profit de ces pratiques, devraient s’indigner d’être mis sur écoute ou de constater le vol de leurs ordinateurs et de leurs poubelles. Dans une société où les règles de responsabilité, de confidentialité et d’auto censure ne sont plus considérées comme devant réguler et modérer les rapports entre les hommes et les institutions, tout est en effet permis. Hier, un valet de chambre enregistrait les conversations de Madame Bettencourt.Tous les jours des PV d’auditions sont publiés dès la sortie de témoins du bureau d’un juge. Aujourd’hui, on balance des mémos diplomatiques… Demain, c’est le journaliste du  » Courrier des Corbières  » qui sera suivi par Google ; et après-demain on viendra fouiller dans mon courrier et celui du voisin. Sur Internet ou dans nos boîtes aux lettres. Enfin transparents! Et sous le joug permanent et inquisitorial de tous.

La grenouille et le boeuf.

  

 

Mes lectures: Un grand classique!

 

 

« Une grenouille (1) vit un bœuf (2)

Qui lui sembla de belle taille.

Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,

Envieuse, s’étend, et s’enfle et se travaille,

Pour égaler l’animal en grosseur,

Disant : « Regardez bien, ma sœur ;

Est-ce assez ? dites-moi : n’y suis-je point encore ?

 Nenni. – M’y voici donc ? – Point du tout. – M’y voilà ?

– Vous n’en approchez point. »

La chétive pécore

S’enfla si bien qu’elle creva.

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages… »

 

(1) de Poitou-Charentes

(2) du FMI

Premier dimanche d’Avent.

 

 

 

En ce jour du Seigneur où les églises chrétiennes peinent à attirer leurs fidèles quand les cathédrales médiatiques nous gavent d’infos et d’homélies politiciennes, que retenir de la soupe qui nous a été servie cette semaine. Que le pape aurait écrit un livre sur le préservatif, Sarkozy traité les journalistes de pédophiles, DSK déjà gagné la présidentielle de 2012, Aubry signé un pacte avec lui, et Ségolène aussi, ce qu’elle nie depuis, iTélé chassé Audrey Pulvar, Dumas ( pas Mireille,  Roland ! ) protégé Balladur, Balladur remplit ses poches, Sarkozy (encore !) les siennes aussi, TFI perdu son audience le samedi soir, Pyongyang envoyé des missiles dans le Sud, le choléra envahit Haïti, le tigre irlandais faillit, la chatte portugaise tremblé…le XV de France sombré, Duflot dénoncé le concours de beauté de ses alliés… Une soupe insipide où le ridicule, le mensonger et l’approximatif couvrent de leur inanité le sérieux des dangers qui menacent notre époque. Et qui donne, en ce premier dimanche d’Avent, toute sa force à cette parole de Saint-Paul lue ce matin dans des églises à moitié vides : « …l’heure est venue de sortir de votre sommeil ».

Le travailleur chinois fait la paye du fonctionnaire français.

 

 

 

 

 

Que les 2,4 millions fonctionnaires d’Etat se rassurent, ils seront bien payés en décembre. Mais le gouvernement peine à trouver les fonds nécessaires. Et pour cause, les dépenses de l’Etat des deux derniers mois de l’année ne  sont pas couvertes par ses recettes propres. Mais, grâce au ciel et aux épargnants du golfe et de la Chine et des retraités américains, le bouclage financier sera quand même assuré. Un des effets de la mondialisation peu connu mais bien réel : Une partie des  2/12 ème de la rémunération annuelle de nos fonctionnaires (de nos dépenses de fonctionnement plutôt) dépend de l’épargne accumulée (certes de force) par les travailleurs chinois !…

 

Résumons la situation dans laquelle nous nous trouvons pour comprendre cet étrange phénomène !

 

Premièrement, la France n’a plus de « bijoux de famille » à vendre pour réduire massivement la dette publique. Ceux qui restent ne valent plus que 214,4 milliards d’euros. Et quand bien même l’Etat français vendrait la Joconde, le château de Versailles, l’Elysée et que sais je encore, il n’arriverait même pas à rembourser son stocks de dette.

 

Deuxièmement, en 2010,  la  charge d’intérêts de la dette devrait avoisiner les 3 % du PIB, soit environ 0,5 point de plus que la croissance en valeur (c’est-à-dire la progression annuelle du PIB augmentée de l’inflation). Autrement dit, ce sera la troisième année consécutive que la France ne générera pas assez de croissance pour simplement couvrir les intérêts de sa dette publique. Pour payer ces derniers, il faudra donc encore augmenter la dette publique !!!

 

Et enfin troisième point, la dépendance du Trésor français vis-à-vis des investisseurs étrangers. 70% des  OAT (Obligations Assimilables du Trésor) est détenue par des non-résidents (Chine, Pays du Golfe, USA…) Un niveau comparable à celui observé en Grèce et largement supérieur aux 50 % enregistrés en Allemagne, notamment.

 

Conséquences ? Notre dépendance à l’égard des agences de notation. Aujourd’hui, elles nous gratifient d’un triple A. Bien ! Et les taux demandés à la France sont bas : 4%. Mais combien de temps cela va-t-il durer ?  Question de confiance qui, demain, pourrait devenir une question de défiance si on suivait le raisonnement de ceux qui voudraient encore augmenter les dépenses publiques. Avec, à la clef, in petto, comme en Irlande, un doublement exigé des taux d’intérêts par nos non-résidents. Pas besoin de faire ici un dessin des effets en chaîne (baisse de l’investissement, donc moins de croissance, moins d’emplois, plus de déficit et plus de dette.)

 

C’est à l’aune de ces réalités toutes simples qu’il convient donc d’évaluer les propositions politiques des partis de gouvernement. Une manière toute simple aussi d’évaluer le taux de démagogie dans le discours politique quotidien. A vue de nez, il n’est pas très loin de 70%.

 

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