Contre-Regards

par Michel SANTO

Gloire à toi,oh! grand leader septimanien…

 

Georges Frêche pose devant la statue de Lénine lors de son inauguration.

 

 

Mao et Lénine  trônent désormais en plein Montpellier. Et, s’il n’y avait encore quelques familles de victimes du goulag vivantes, Staline les aurait rejoints nous dit G. Frêche . Car «  C’était un dictateur sanglant, mais c’est aussi le vainqueur de Stalingrad… Un type brillant qui parlait 11 langues, un type extraordinaire. Fou, mais extraordinaire. » Que dire après ce genre d’enormité ? Rien! Rien d’autre que l’exposer dans sa vérité. Qui en dit plus sur celui qui l’expose que sur « le grand homme » invoqué. Dédions donc ces trois statues à cet imbécile (de droite ou de gauche ?) qui prétend connaître l’histoire. Et recouvrons les du linceul du bonheur de l’humanité au nom duquel leurs modèles pratiquèrent la terreur et remplirent des goulags…

 

PS: Lu ceci, après la rédaction de ce billet, et sous la signature de Philippe Bilger.

Qui fait l’ange fait la bête.

 

 

 

Puisque nous sommes dans un véritable champ de mines idéologiques, commençons donc par déblayer « le terrain » afin de n’être pas tiré à son tour par quelques snippers de la bien-pensance, de gauche ou de droite. En dégageant tout d’abord la proposition de loi d’Eric Ciotti sur la responsabilité pénale des parents techniquement et socialement absurde. A laquelle nous joindrons les déclarations d’ Hortefeux sur l’extension de la déchéance de la nationalité aux personnes étrangères l’ayant acquise depuis peu pour cause de polygamie et d’excision, tout aussi idiotes et dangereusement ambigües parce que juridiquement impossibles. Précisons aussi que la mise à sac de la gendarmerie dans le Loir et Cher aurait pu être réprimée comme il convenait sans faire porter, de fait, sur l’ensemble d’une communauté une responsabilité qui n’était pas la sienne. Et pour finir, indignons nous des provocations habituelles de Christian Estrosi qui semble avoir atteint son seuil d’incompétence, pour enfin en venir à ce qui me semble le plus lamentable dans le climat politique présent. Je veux parler de cette dérive hystérique de la classe politico-médiatique qui, non content de caricaturer, dégrade, insulte et démonise au point de comparer la République, au mieux à un Etat-voyou, au pire à un Etat-fasciste. La conséquence de cette surenchère et de cet emballement étant de renforcer dans « l’opinion » l’idée que, pour utiliser un langage cohnbenditien, « on se fout de sa gueule ». Car, pour en revenir à Grenoble et au discours de N. Sarkozy à l’origine de cet affolement des esprits, la déchéance de nationalité souhaitée par le Président à cette occasion ne pouvait concerner que le cas de Français qui ont acquis la nationalité par mariage qui auraient tué ou blessé un policier, un gendarme ou un autre dépositaire de l’autorité publique, et qui possède également une autre nationalité. Une situation exceptionnelle, comme le sont toutes celles déjà prévues par la loi actuelle (terrorisme, espionnage…). Il suffisait donc, tranquillement, de le dire pour éteindre les passions et ramener le coup de menton donné par le Président, dans un contexte dramatique il est vrai, à sa juste mesure. C’est malheureusement l’inverse qui a prévalu, et nos médias et certains leaders de gauche et de droite,  se sont délibérément et complaisamment enfermés dans un cycle de violences symboliques qui, paradoxalement,  ne fait que renforcer un sentiment d’insécurité et d’impunité déjà bien profond et bien réel dans l’opinion. Qui fait l’ange fait la bête !

Quelques notes seulement!

 

 

 

 

Pendant deux jours, ces mardi 10 et mercredi 11 août, Narbonne est revenue 66 ans après sur la Libération.Les nombreux touristes allemands présents dans la région ont du apprécier. Mais bon, il paraît qu’il « faut témoigner », même au risque du divertissement un tantinet vulgaire. C’est ainsi qu’on a donc vu défiler, dans les rues de ma ville occupée par l’habituelle cohue estivalière, quinze véhicules militaires, un char Sherman, des figurants déguisés en résistants, militaires américains, chauffeurs anonymes de tractions et, oh ! surprise, un curieux personnage en habit paysan conduisant un troupeau d’oies ! Que j’ai vu sursauter et se raidir au son de cuivres « jazz-bands »  lancés dans une « marseillaise » dansante. Tout un symbole !

Dans la plaquette de présentation de cette « Mémoires d’antan », Jean-François Delattre,le metteur en scène, pour la Ville, formait le vœu, dans la pompe si caractéristique de nos « animateurs culturels » : «Que cette manifestation enchante les transports de l’esprit et du souvenir, car l’oubli rend l’émotion vaine». J’ignore ce que sont «  les transports de l’esprit », le mien en tout cas, d’esprit, peut être un peu trop sensible au style, persiste à douter du pouvoir enchanteur de notre hymne national et de petits drapeaux franco-américain brandis par des touristes déprimés au passage d’une armée d’opérette, fut elle de libération. Le pouvoir évocateur du « Big bang » de ce soir, que j’entends de ma terrasse, le regard dans les étoiles et la pensée tournée vers le souvenir d’un grand père « revenant » à Narbonne, mort-vivant, de l’enfer d’un camp, aurait suffit à me transporter dans le temps incertain et joyeux de l’immédiat après guerre.Il suffit de si peu pour que naisse de la mémoire d’antan le souvenir d’un être cher. Quelques notes seulement !

Lecture d’Anatole France (3) :  » Des Trublions qui nasquirent en la Republicque « 

 

 

 

J’arrive aux termes de ma lecture « d’Histoire contemporaine ». Monsieur Bergeret est à Paris. Muté à la Sorbonne. Il vient d’emménager avec sa sœur, sa fille et son chien Riquet. Et ce jour là, il reçoit  dans son cabinet de travail, M. Goubin, son élève préféré. Voici ce qu’on peut lire,pages 638 et 639 de mon édition de 1948,  

 

« — J’ai découvert, aujourd’hui, dit-il, dans la bibliothèque d’un ami, un petit livre rare et peut-être unique…C’est un petit in-douze, intitulé : Les charactères et pourtraictures tracés d’après les modelles anticques. J’ai pris plaisir à lire son ouvrage, et j’en ai copié un chapitre fort curieux. Voulez-vous l’entendre ?

 

— Bien volontiers, répondit M. Goubin. M. Bergeret prit un papier sur sa table et lut ce titre :

 

Des Trublions qui nasquirent en la Republicque.

 

… Et, comme est véritable que de tout temps les fols, plus nombreux que les saiges, marchent au bruit des vaines cymbales, les gens de petit sçavoir et entendement (de ceulx-là il s’en treuve beaucoup tant par-mi  les pauvres que par-mi les riches) feirent lors compagnie aux Trublions et avec eux trublionnèrent. Et ce fust un tintamarre horrifique dans la cité, tant que la saige pucelle Minerve assise en son temple, pour n’être point tympanisée par tels traineurs de casseroles et papegays en fureur, se bouscha les aureilles avecque la cire que luy avoient apportée en offrande ses bien amées abeilles de l’Hymette, donnant ainsi à entendre à ses fidelles, doctes hommes, philosophes et bons législateurs de la cité, que estoit peine perdue d’entrer en sçavante dispute et docte combat d’esprits avec ces Trublions trublionnans et tintinnabulans. Et aulcuns dans l’Estat, non des moindres, abasourdis de ce garbouil, cuidoient que ces fols fussent au point de bouleverser la republicque et mettre la noble et insigne cité cul par-dessus teste, ce qui eust été bien lamentable aventure. Mais un jour vint que les Trublions crevèrent pour ce qu’ils estoient pleins de vent. »  

 

M. Bergeret posa le feuillet sur sa table. Il avait terminé sa lecture.

 

— Ces vieux livres, dit-il, amusent et divertissent l’esprit. Ils nous font oublier le temps présent.

 

    En effet, dit M. Goubin. »

 

En effet, me disais-je, ils donnent de la couleur au temps présent…

 

Tout meurt,même la corrida…

 

 

 

 

 

Les députés du parlement régional de Catalogne (nord-est de l’Espagne) ont approuvé le 28 juillet l’interdiction des corridas. Que des considérations politiques tenant à la volonté des catalans espagnols de se différencier, dans tous les domaines, de Madrid et de l’Espagne, en soient à l’origine est incontestable. Mais, refuser d’y voir aussi la prise en compte de valeurs plus sensibles à la protection de toutes les espèces animales et aux rejets de toute forme de violences « gratuites » à leur égard, c’est se voiler la face sur un mouvement éthique et sociétal qui se répand partout, notamment en Europe. Je le pense et l’écrit d’autant plus aisément que, conscient de la contradiction entre la dimension morale et « esthétique » dans laquelle j’ai vécu ma passion pour la taureaumachie pendant de nombreuses années, je n’ai jamais cessé de le dire à mes amis, comme moi, aficionados ou directeurs d’arènes. Car plus le temps ira, plus la corrida avec picadors et mise à mort, apparaîtra aux nouvelles générations comme un spectacle archaïque, désuet et gratuitement cruel. Reste la question de savoir si, sans ces deux moments de la pique et de la mise à mort, la corrida peut survivre à ces évolutions. Je ne le crois pas, sauf à « produire » un nouveau type de « toros », qui n’aurait plus rien de « bravos », pour un divertissement de genre « estival ». Ne nous resterait alors que le souvenir d’une véronique de Curro Romero dans les arènes de Séville ou la dernière et magistrale prestation de José Tomas à la « Monumental » de Barcelone

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