Contre-Regards

par Michel SANTO

De l’air et du pothos

 

Qu’y a-t-il de commun entre le pothos ou lierre du diable, le dragonnier de Madagascar ou dracaena, arbuste d’origine tropicale, et le chlorophytum, ou plante araignée ? Un effet « air propre». C’est l’Agence pour le Développement et la Maîtrise de l’Energie (ADEME) qui nous le confirme sur des airs de pipeaux : cocorico (!), nos chercheurs venant de confirmer l’effet épurateur de ces trois plantes au sein d’un petit cube confiné dans lequel ils avaient injecté des polluants. Lierres du diable et plantes araignées, que Monsieur Borloo devrait imposer par décret à tous les étages de tous les hôtels de notre chère République. On y respirerait mieux !

De la prévention des conflits d’intérêts.

 

 

 

Qu’est ce qu’un conflit d’intérêt ? C’est la situation dans laquelle une décision prise par un acteur public peut avoir un impact direct ou indirect sur sa propre situation financière ( un ministre, un président de conseil régional… un maire attribue un marché public à une société dirigée par un membre de sa famille) ou la situation dans laquelle une décision publique peut être influencée par ses propres intérêts (un député qui serait conseil d’une entreprise, qui aurait intérêt à ce qu’une disposition législative soit adoptée).

Une question qui s’est posée dans les domaines sanitaires où des experts consultés pouvaient donner des avis sur la décision de mise sur le marché d’un médicament tout en étant rémunéré comme conseil par le laboratoire qui produisait ce médicament. Un risque désormais encadré par des « déclarations d’intérêts » rendues publiques.

 Ce que révèle « l’affaire Woerth », quoique l’on puisse penser de son «exploitation politicienne», c’est l’urgence à mettre en place ce genre de dispositif préventif dans le domaine politique. Un domaine où les tentations et les complicités de toute nature excitent les passions humaines : volonté de puissance, esprit de lucre et solidarités de clan, entre autres.

Depuis 1990, les élus sont soumis à une déclaration de patrimoine. Il serait désormais d’utilité publique de les soumettre, ainsi que les ministres et certains hauts fonctionnaires, à une déclaration publique d’intérêt et de vérifier, devant une commission ad-hoc, d’éventuels conflits d’intérêts.

Il a fallu des morts humaines pour que les pouvoirs publics imposent aux collectivités et aux particuliers des « plans de prévention des risques d’inondations ». Il serait temps qu’ils s’imposent à eux même les mêmes contraintes pour les risques juridiques et  » moraux  » liés à leurs fonctions. Et ce avant de compter les « morts » symboliques sur lesquelles l’opinion projettera l’ensemble de la classe politique du pays. Pour le plus grand profit, évidemment, des extrémistes de tout poils. Rouges ou bruns…

Ouvrir les yeux quand il est temps.

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J’ouvre, au hasard (qui sait ?), « L’homme de cour » de Baltasar Gracian (éditions Champ libre 1980) et je tombe sur ceci, page 139-140 : « Tous ceux qui voient n’ont pas les yeux ouverts ; ni tous ceux qui regardent ne voient pas. De réfléchir trop tard, ce n’est pas un remède, mais un sujet de chagrin. Quelques-uns commencent à voir quand il n’y a plus rien à voir. Ils ont défait leurs maisons et dissipés leurs biens avant que de se faire eux-mêmes. Il est difficile de donner de l’entendement à qui n’a pas la volonté d’en avoir, et encore plus de donner la volonté à qui n’a point d’entendement. Ceux qui les environnent jouent avec eux comme avec des aveugles, et toute la compagnie s’en divertit ; et d’autant qu’ils sont sourds pour ouïr, ils n’ouvrent jamais les yeux pour voir. Cependant, il se trouve des gens qui fomentent cette insensibilité, parce que leur bien être consiste à faire que les autres ne soient rien… » Ecrit par le grand jésuite en 1646, ça vaut bien l’édito du « Monde » de demain, non ?

Le Frêche à l’âne.

 

 

 

 

Le Frêche à l’âne est  un  « joli petit camping adossé à la colline et offrant une vue panoramique sur la vallée et sa campagne.les emplacements, spacieux, en terrasse, sont délimités par des haies et plantés d’arbres aux essences variées. Situé à proximité du gr34, sur la côte d’émeraude, au cœur d’une magnifique région regorgeant de sites naturels et historiques mais aussi de superbes plages de sable fin. » Un petit coin de paradis sur le territoire de la commune de Pleboulle (22550) à qui nous refilerions bien notre Frêche régional en échange de leur âne. Qui nous revient de l’hôpital, pas l’âne, Frêche, à peine requinqué, pour se lancer dans une chasse aux têtes qui ne lui reviennent pas. Notamment celle de Perez, le président du Montpellier Rugby Hérault, qu’il vient de mettre à prix. En jeu, une subvention publique d’un montant global de plus d’un million d’euros ! Un ultimatum sur fond de rivalité politique, Perez étant le gendre d’André Vezinhet, patron du Conseil général et rival politique de Frêche…Il  nous avait promis d’en couper pas mal (des c..) après les régionales, George. Depuis, il semble préférer les têtes. Et d’une !

Tout ce qui est légal n’est pas permis.

  

 

 

La loi interdisait-elle à Madame Woerth d’exercer la profession de conseil financier auprès de Madame Bettencourt alors que son mari était ministre du budget ? Non ! A Madame Boutin de cumuler sa retraite de parlementaire et des indemnités au titre d’une « mission » sur la mondialisation ? Non ! A Monsieur Christian Blanc et au président du Conseil Régional de Picardie de faire payer par les contribuables 12 000 euros de havanes ? Non ! A un président de conseil général-sénateur de cumuler sa retraite de fonctionnaire avec ses indemnités? Non ! A un conseiller régional de s’engager dans la profession de conseil auprès de collectivités et de vivre de contrats passés avec des institutions « amies » ? Non ! A un député cumulant plusieurs mandats de salarier sa femme ou sa fille ? Non ! Mais, comme le dit si bien Dominique Guibert dans son édito de « La Croix » : « ça ne se fait pas ».Tout ce qui est légal n’est pas permis, en effet, et nos représentants ont un devoir d’exemplarité qui, dans des situations de crise, surtout, devraient être leur souci quotidien. Et si je me méfie, par principe, de croisades morales  souvent porteuses des pires tyrannies, je ne puis accepter, par décence, qu’au nom du respect de la loi on en vienne à justifier… l’injustifiable. Ou à nous demander de nous taire.   

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