Contre-Regards

par Michel SANTO

Deux images de l’avenir.


Dimanche après midi, sur le chemin de halage du canal de la Robine, marchant en direction de l’écluse de Mandirac, j’ai vu arrivé, de face, une spendide péniche.Immense et majestueuse. Un magnifique travail de charpentier. A sa prou, un nom :  » Avenir « .
Le soir, dans mon salon, regardant   » Zone interdite « , sur M6, c’était de bateaux dont il était aussi question. Mais des bateaux de  » desingners  » à la beauté obscène. Une beauté pervertie par l’immense vanité, la futilité et la démesure de leurs propriétaires.
Deux représentations de l’avenir, assurément…


L’atrabilaire Alceste.

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Hier soir, au théâtre de Narbonne: le Misanthrope . Et dans la salle des Tartuffes et Précieuses ridicules. Quelques faux et fausses dévotes et quelques petits marquis s’étaient déplacés pour la circonstance. Une côterie émerveillée d’elle même, endimanchée, papoteuse et hypocrite dont l’extravagant et pathétique Alceste ferait un peu plus tard le procès. Sans concession et sans compromis. Jusqu’à s’abandonner à sa maladie, cette humeur noire qui le conduira au délire et à la folie. Seul. Dans le désert.
Curieux que la presse locale n’est pas vu le côté bouffon et dérisoire du personnage à l’opposé de la sagesse raisonnée et souriante de son ami Philinthe. Et compromettante empathie pour un personnage qui tourne en ridicule la vertu ( Fénelon)…

Le coup de coué.

Émile Coué demandait à ses patients de répéter à haute voix matin, midi et soir et trente fois de suite la phrase suivante : « Tous les jours, à tout point de vue, je vais de mieux en mieux ». C’est aussi la méthode choisie par G.Frèche – il n’est pas le seul ,à gauche comme à droite – pour nous convaincre que la région Languedoc-Roussillon,depuis son arrivée aux affaires, se porte à merveille. Le dernier numéro de sa  » revue  » officielle en témoigne. Premier dans tous les  » secteurs « , le Languedoc-Roussillon serait en plein décollage économique… Las! l’Insee vient nous rappeler, aujourd’hui, qu’avec la Corse, elle est la plus touchée par la pauvreté et les inégalités, aucune classe d’âge n’étant épargnée. Mieux,si l’on puis dire,elle figure au deuxième rang des régions françaises qui présentent le taux de pauvreté le plus élevé pour la classe d’âge des 0/17 ans! Cette réalité, nos politiques ne veulent pas nous la montrer.Elle démentirait leurs obscènes et dérisoires  » communication  » toute à leur gloriole. Un voile de brume jeté sur nos esprits tissé de chiffres  » tordus  » et de textes aussi illisibles que mensongers. Ah! j’oubliais, toujours dans la même feuille de propagande, le même G.Frèche nous annonce l’ouverture d’une maison de la Région à Milan. Coût de l’opération, pour son fonctionnement,400000 euros/an. Et dans son élan de grossier parvenu, il va en ouvrir une quinzaine un peu partout dans le monde, nous annonce-t-il, très fier de lui… Championne de France de la pauvreté, notre région en a les moyens, en effet! 

Le cri des CCI.

Les CCI du Languedoc-Roussillon ne brillent pas par leur esprit d’initiative. Leur réaction unanimement défavorable aux préconisations de la commission Attali pour relancer la croissance en témoigne. Comme les cheminots pour leur régime très spécial de retraite, elles crient le droit à l’exceptionnalité de leurs entreprises. Pour l’essentiel celles du petit commerce, dont tout le monde connait le goût du risque et de l’innovation… Il suffit d’ailleurs, pour s’en convaincre et en mesurer l’amplitude, de regarder le trombinoscope et le CV des présidents consulaires régionaux : assureur ici, marchand de mobilier de bureau à Montpellier, de vêtements à Béziers, entrepeneur à la retraite à Carcassonne… Des profils qui, assurément, ne prédisposent pas ces faux représentants de la libre concurrence et du vrai social-corporatisme à partager les analyses et les propositions du très social-libéral J. Attali. Comme par exemple le renforcement de la concurrence et la libéralisation de l’activité dans la distribution et le commerce ou bien l’Instauration de la libre entrée dans le commerce de détails et l’hôtellerie. A certains égards,on se croirait en 1789 quand les libéraux de l’époque s’efforçaient de faire tomber les barrières de toute sorte entravant le développement du marché. Ce qui nous en distingue? L’inutilité de faire tomber des têtes…Ou bien alors au seul plan symbolique, peut-être!

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