« Place Colette » est sorti en 2015. Comment ce livre de Nathalie Rheims serait-il aujourd’hui reçu ?…

 

     

Deux, trois jours peut-être avant la sortie du livre de Camille Kouchner : « Familia grande », et que n’éclate « l’affaire Olivier Duhamel » dont l’autrice dénonce, notamment, les agressions sexuelles que ce dernier aurait fait subir à son jeune frère, je tombais, tout à fait par hasard, dans une boîte à livres de ma petite ville où j’ai l’habitude d’y déposer régulièrement certains des miens (livres), sur un « roman » de Nathalie Rheims : « Place Colette. » Je n’avais jamais rien lu de cette dame et n’avais jusqu’ici nulle intention de m’attarder un jour sur un de ces ouvrages. Mais sa quatrième de couverture ayant éveillé ma curiosité, je décidais de l’emporter afin de m’en faire une idée : son sujet et ses développements, sans être comparable en gravité à celui de madame Camille Kouchner, n’étant pas sans rapport avec les thèmes – pédophilie, inceste… – , débats et polémiques faisant l’actualité littéraire et politique du moment – sur ces questions de société. Résumons ! C’est donc l’histoire d’une très jeune fille de la grand bourgeoisie intellectuelle parisienne (de Droite) qui, après une erreur de diagnostic qui la cloue sur un lit d’hôpital à l’âge de 9 ans, passe son temps à découvrir la littérature et voue dès lors une passion sans limite au théâtre. Revenue à la vie, elle tourne autour de la Comédie-Française et de la place Colette. Le jour de ses 13 ans, elle entre dans la loge d’un comédien, Pierre, dont elle est tombée follement amoureuse. Bien qu’il ait trente ans de plus qu’elle, elle lui propose de devenir son cadeau d’anniversaire. Je passe sur les détails ! Ce « roman-vrai » » est écrit à la première personne ; et il aurait pu s’intituler, dit son autrice : « Détournement de majeur. » À son dire, il est l’histoire : la sienne, d’une double initiation, à l’amour charnel et à la passion du théâtre. Elle écrit, dans son avant-dernière page, la 310, et après qu’elle eut raconté ses premiers pas d’actrice sous la direction de Lavelli au Théâtre de la Ville, sa scéance de démaquillage et l’arrivée de Pierre dans sa loge, lors de l’ultime répitition : « Je compris que c’était peut-être, pour lui, une façon élégante de faire sa sortie. Il avait tenu la main d’Alice pour lui faire traverser l’espace mystérieux séparant l’enfance de l’âge adulte. je pris conscience que j’étais passé, grâce à lui, de l’une à l’autre sans connaître l’adolescence. S’il s’arrêtait là, notre amour serait intact pour le restant de nos jours. » « Place Colette » est sortie en 2015. Comment ce livre de Nathalie Rheims serait-il reçu, aujourd’hui, par la critique et les lecteurs ? me disais-je. Le présenterait-on comme une scandaleuse apologie de la pédophilie faite par une femme – perverse !? – qui, loin de se poser en victime, en assume de surcroît pleinement le vécu ? Les indices étant nombreux qui permettraient d’identifier ce sociétaire de la Comédie Française, assisterait-on à une vague d’indignation sur son comportement ; une course poursuite médiatique pour en connaître le nom, son passé et son présent, serait-elle lancée ? 

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Commentaires (2)

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    Joan

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    Le sujet fait incontestablement penser à l’ Inceste mais il n’est en rien « politicien » et votre appréciation , écrite entre parenthèse , sur le milieu de la jeune fille : « de Droite » , me laisse perplexe quant à vos pensées.
    Je pense et c’est l’important qu’il convient, avant de s’interroger sur la façon dont les médias actuels « traiteraient » ce « roman-vrai » , de dénoncer maintenant, comme hier et avec force :
    Le Meurtre et l’Inceste
    qui sont les deux interdits majeurs … et (malheureusement) universels .

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    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Cette mise entre parenthèses , inutile sans doute, je l’ai faite pour montrer précisément que le crime d’O Duhamel n’était pas le propre d’un homme et d’un milieu baignant dans une culture et une idéologie permissive et soixante huitarde, comme cela est dit et rabâché dans nombre de publications et sur les réseaux sociaux. Comme vous le précisez, le meurtre, l’inceste ne concerne pas qu’une classe sociale en particulier.
      Je précise en outre mais vous l’aviez compris que ce billet ne traite pas de l’affaire « Duhamel »… Qu’aurais-je à dire de plus en effet sur elle que ce qu’en disent des centaines d’articles publiés dans la presse depuis la récente sortie du livre de madame Kouchner ? Par contre, la lecture de ce texte de NR m’a amené à m’interroger sur la réception possible ou pas , aujourd’hui, de son histoire qui, comme vous avez pu le constater, pose la question, fort complexe, du « consentement ». Et vous même, que diriez vous de madame Rheims ? Serait-elle une dame perverse ou « malade » qui ferait du crime de son amant de 30 ans plus âgé qu’elle à l’époque, un prince charmant ? Serait-elle, l’est-elle toujours, dans le déni ? Voilà le genre de questions que soulèvent ce livre, fort bien écrit de surcroît, trouvé par hasard dans une boîte à livres…
      Bien cordialement !

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