Quand la « vidéosphère » dépolitise les sujets – nous ! – en présidentialisant les thèmes…

       

       

Quand, en ce mois d’août caniculaire, j’ouvre Facebook, notamment, j’ai l’impression que tout tourne autour de la figure du Président de la République, comme si, pour les médias et leurs commentateurs sur les « zerosocios », l’avenir de la terre entière et de la nôtre en particulier – celle de France – dépendaient de ses moindres déplacements, faits et gestes – et des frasques réelles ou imaginées de ses principaux collaborateurs à l’Élysée. La guerre commerciale lancée par Trump, ses sanctions prises à l’encontre de l’Iran, le réchauffement climatique, l’expansion de l’idéologie et des mœurs islamistes dans nos banlieues, la bombe à retardement du système des retraites, l’Europe et sa crise d’identité, son impuissance à contrôler les flux migratoires en provenance du continent africain… apparaissant  ainsi, de fait, comme de vulgaires détails de l’Histoire. Ses opposants n’étant pas les derniers à se focaliser sur sa seule personne, contribuant ainsi à un abêtissement politique absolu, ferment de toutes les tentations extrêmes (rouges et brunes). Qu’ils y trouvent aussi intérêt à masquer le vide de leur « pensée » et de leur programme en agissant de la sorte, est naturellement de bonne guerre idéologique, si elle n’était pas d »abord suicidaire pour eux-mêmes et dangereuse pour la bonne santé démocratique du pays – mais la souhaitent-ils vraiment ? Tout se passe donc comme si toute la vie politique se concentrait, pendant 5 ans,  dans l’espace restreint du palais de l’Élysée au gré des affaires et informations livrées par les médias. Certains analystes avancent l’argument de la nécessaire suppression de la fonction présidentielle ou une sévère diminution des pouvoirs que la Constitution lui donne, afin de rémédier à cette maladie qui serait, à leur dire, spécifiquement française. Ce que conteste d’autres faisant valoir que cette personnalisation du pouvoir est constatée aussi dans les régimes parlementaires (Blair, Berlusconi…) ou des États à système fédéral (Trump, Merkel…). Rares étant les politistes mettant en avant la profonde mutation du fonctionnement démocratique de nos sociétés induite par les grands acteurs économiques du monde des médias – les classsiques comme les réseaux. Une « vidéosphère » dont la source d’énergie principale résulte de sa capacité à personnaliser tous les sujets (façon de parler), et à les faire circuler toujours dans l’urgence, en continu. Bref, je ne vois pas comment un Président, quel qu’il soit, pourrait changer ces « règles du jeu ». La preuve ? Quand Emmanuel Macron tient des propos critiques sur les journalistes  en général – ou plutôt leur métier, sa perte de substance – en tant qu’agents actifs de cette « vidéosphère », cette dernière le lui fait chèrement payer … Et ce n’est pas un hasard si « Le Monde » est en première ligne dans cette offensive –  plus d’accréditation à l’Elysée pour l’ex journal de référence,  plus de traitement privilégié…

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