Contre-Regards

par Michel SANTO

Que les collectivités de l’Occitanie réservent plutôt leurs dons aux cathédrales et églises de leurs territoires…

Cathédrale de Rodez

Le Conseil Régional d’Occitanie a attribué une subvention d’1,5 millions d’euros pour aider à la reconstruction de Notre-Dame. Seuls les élus de la France Insoumise ont refusé de voter cette aide au motif que les collectivités locales n’ont pas à être « solidaires avec l’État pour des travaux qui relèvent de sa compétence au titre de la loi de 1905″. Un argument pas très sérieux, au plan juridique, ou plutôt partiellement fondé, et qui masque mal les raisons essentiellement politiques de ce vote. Loi 1905 ou pas, le Conseil Régional d’Occitanie a déjà voté, en effet, des subventions en complément d’aides de l’État concernant des actions ou des équipements relevant de sa compétence. La seule question posée, en réalité, est de savoir s’il est possible pour une collectivité locale d’attribuer une subvention qui ne soit pas justement « d’intérêt local ». La réponse est théoriquement non ! De sorte que la réaction du maire de Rodez, Christian Teyssèdre, par exemple, qui ne cesse  d’alerter la présidente de la Région Occitanie pour l’aider à financer des travaux de restauration de la cathédrale de sa ville – elle appartient à l’État – , et s’étonne de cette aide régionale à la restauration de Notre-Dame, est tout à fait  légitime, tant au plan juridique que politique. La réponse de la « Région » lui rétorquant qu’une telle aide n’était possible qu’en « cas d’événements graves, comme des inondations ou un incendie », en d’autres termes que le jour où la cathédrale de Rodez serait sous les cendres, méritant, elle, l’oscar mondial de la bêtise institutionnalisée.  Pour tout dire, je pense, comme Odon Vallet, que les collectivités territoriales de cette région, notamment,  auraient mieux fait de réserver les subventions attribuées à Notre-Dame pour les consacrer, si je puis dire, à des bâtiments religieux et des églises, propriétés des communes, et parfois dans un état désastreux, plutôt que de se précipiter dans une course promotionnelle aux dons en faveur de Notre-Dame. L’Occitanie jouit de ce patrimoine et brille de ses beautés. L’entretenir, le restaurer, le protéger relève certes du respect que nous devons à ces témoignages de vie, d’arts et de spiritualité légués par nos ancêtres ; mais il est aussi un actif  important de son économie touristique et culturelle dont dépend l’image et l’avenir de l’Occitanie. Notre-Dame de Paris recevrait elle aussi comme une grâce qu’enfin l’on s’en préoccupât…

 

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Commentaires (3)

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    Vialle Jean-Pierre

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    Tout à fait d’accord. Que se passera-t-il si les dons dépassent le montant du chantier ? A qui retournerait cette somme ? Ne faudrait-il pas généraliser, (si ce n’est pas déjà fait) la possibilité de défiscalisation prévue dans le cas de NDDP, à toutes les restaurations de patrimoine inscrites sur une liste (à créer peut-être)

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    Didier

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    Polémique typiquement franco-française. J’espère que personne ne s’est indigné de la provenance des fonds de solidarité, État et particuliers, lors des inondations de l’Aude, alors que les travaux étaient de la compétence des communes ou du département

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      Pichon

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      Vous confondez, catastrophe naturelle et accident.
      D’ailleurs, l’enquête est toujours en cours pour déterminer les causes de l’accident qui a frappé NDdP. Et qu’adviendra-t-il si une société travaillant sur le site soit reconnue responsable de cet accident et que ses assurances devaient prendre en charge ?
      Je suis 100%, et c’est assez rare pour le souligner, avec l’article de M. Santo.
      J’aurai simplement aimé, qu’il attende cet état de fait pour ne pas réagir comme il l’a fait sur son premier article consacré aux dons.

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