Contre-Regards

par Michel SANTO

Retenue à la source, la source d’une augmentation des impôts…

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Quoique l’on pense des bienfaits  ou de la malfaisance d’une augmentation des impôts payés par une fraction de plus en plus réduite de français, l’hypocrisie de la méthode employée par l’exécutif atteint, avec cette mesure présentée comme une simplification du seul mode de collecte, des sommets dans l’art de se moquer du peuple. Décryptage:

La promesse d’instaurer la retenue à la source sur l’impôt sur le revenu est la plus magistrale opération de diversion que François Hollande ait pu tenter jusqu’ici. D’abord parce que, pour un président de la République historiquement impopulaire, promettre quelque chose que l’on ne pourrait réaliser qu’après sa réélection relève de la prestidigitation. Plus fort que l’inversion de la courbe du chômage, plus visionnaire que le célèbre « la reprise c’est maintenant », faire croire que rien ne s’arrêtera pour lui en 2017 est assez singulier. Mais trop visible (et habituel) pour qu’on s’en offusque. Car il y a plus grave : faire de cette retenue à la source « la » grande réforme fiscale que la gauche doit à ses électeurs, c’est faire croire que le mode de prélèvement de l’impôt est un sujet plus important que la réforme de l’impôt lui-même, ce prélèvement devenu incompréhensible, illisible et obèse….Tout a pourtant été fait depuis dix ans pour simplifier la déclaration et le paiement de l’impôt sur le revenu : Internet, la télé-déclaration, les feuilles pré-remplies et la mensualisation fonctionnent suffisamment bien pour qu’il ne soit pas nécessaire de tout bouleverser. La retenue à la source, de ce point de vue, n’apporterait pas grand-chose. Alors pourquoi tant d’empressement à se lancer dans cette réforme d’une folle complexité ? Parce que la retenue de l’impôt sur le revenu à la source est le préalable indispensable à sa fusion avec la CSG. Elle est là, l’opération enfumage : sous couvert d’une réforme technique, faire de la CSG proportionnelle un prélèvement progressif. En exonérer une part de la population pour la concentrer sur une autre. Tout cela, bien sûr, au nom de la « justice fiscale »…

Source : Retenue à la source, opération enfumage | L’Opinion

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Commentaires (4)

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    Vialle Jean-Pierre

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    A l’heure actuelle lorsqu’un contribuable ne paye pas ses impôts, l’Etat met en place des procédures de recouvrement direct pour se faire payer. Demain des entreprises conserveront dans leur trésorerie des impôts qu’elles auront collectés comme elle collectent la TVA ou les charges sociales…elles ont de la trésorerie qui ne leur appartient pas et qu’elles peuvent utiliser pour toute autre opération. Le jour où elles sont dans l’incapacité de payer, elles peuvent être assignées en redressement judiciaire puis soumises à une liquidation de biens..et très souvent des impôts collectés par les entreprises ne peuvent être récupérés par l’Etat (comme des charges sociales) parce que l’actif est insuffisant pour faire face à ce passif. Et donc des créanciers, même privilégiés comme l’Etat ou l’Urssaf, ne peuvent récupérer leurs créances et dans le cas présent l’impôt sur le revenu… et ça personne n’en parle

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    Pelissier

    |

    Plus de progressivité que de proportionnalité, y compris de la CSG, est plutôt une bonne chose. Le souci est d’avoir considérablement réduit l’assiette de l’impôt sur le revenu … Un contribuable sur deux paie aujourd’hui l’IR, sous prétexte de justice … Aberrant ! Chacun doit bien évidemment contribuer, c’est un honneur et une adhésion concrète â la République. Ne fut-ce qu’à la hauteur du coût d’une cartouche de cigarette, pour les plus modestes revenus, chacun peut et doit contribuer et se sentir ainsi d’autant plus solidaire des autres concitoyens. Le vrai problème est donc justement dans une réelle progressivité, ainsi qu’il est stipulé d’ailleurs dans notre DDHC de 1789, art. 13 “La contribution aux dépenses communes est également répartie entre les citoyens, EN RAISON DE LEURS FACULTÉS.” C’est cette réforme qui manque toujours cruellement â la fois en tant que ressource pour l’Etat et bien sûr en tant qu’élément de justice fiscale.

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      Ingrid

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      Juste.

      Mais il faudrait aller plus loin alors, avec la lutte contre la fraude fiscale, qui biaise tout.

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    Bernard-Mery de Vargas

    |

    très juste. Tous les spécialistes de la fiscalité s’accordent pour dire que cette réforme est sans intérêt sauf à viser une fusion avec la CSG.

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