Contre-Regards

par Michel SANTO

Rien n’est gratuit, tout se paye, même les petits-déjeuners des élèves des quartiers défavorisés…

La secrétaire d’État auprès de la ministre de la Santé, Christelle Dubos, a annoncé dimanche le lancement des petits-déjeuners gratuits pour les élèves des quartiers défavorisés dans huit académies test à partir du 17 avril, avant leur généralisation en septembre.

Que la mesure soit justifiée, je n’en discuterai pas. Son qualificatif : « gratuits », lui, par contre, est très regrettable. Tout agent public, du Président au maire de Saint Marcel sur Aude, devrait savoir, et sans cesse le rappeler, que « Tout se paye et que Rien n’est gratuit » ; que tout ce qui est donné à une catégorie sociale, ou a une personne, est pris aux autres. De sorte que l’usage inconsidéré de ce mot (gratuit) masque la solidarité de fait (et contrainte !) assumée  par une large partie du corps social. Un effacement qui présente, évidemment, l’avantage de valoriser l’image des initiateurs de ce genre de mesure, mais qui entretient, fâcheuseument, l’illusion que leur nombre ne dépend que de leur bonne volonté. Comme si les « payeurs » de ces « gratuités » sociales disposaient d’une source de revenus intarissable et abondante.

Hier, je concluais un billet sur le Grand Débat organisé par le maire de Florac, par ce genre de recommandation : « Plus sérieusement, ils (les maires) devraient être des pédagogues et des formateurs à la citoyenneté, expliquer la place et le rôle de chacune des institutions qui la font vivre  » etc.

Si je le pouvais, je dirais à Madame Dubos, et à ses collègues ministres, notamment, d’en faire de même pour expliquer que les bénéficiaires d’une aide ou d’un service public « gratuit » le sont grâce des mécanismes de solidarité et de redistribution auxquels nous contribuons tous ; qu’il n’est pas de droits sociaux sans devoirs, contraints par l’État, ou pas (beaucoup plus rarement )…

 

 

 

 

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Commentaires (7)

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    Pichon

    |

    C’est assez agaçant ce principe de discussion sur le mot gratuit.
    En effet, plusieurs points de vue sont possibles :
    1-Le vôtre Rien n’est gratuit
    2-Le mien : Tout est déjà payé.

    Je ne reviendrai pas sur le vôtre

    Sur le mien :
    A moins de ne pas dépenser 1 seul centime, tout citoyen paye de la Taxe , donc tout le monde contribue à payer des organisations en charge de la redistribution. Donc tout le monde participe à la redistribution. CQFD.

    Exemple un salarié au SMIC à sa propre valeur ajoutée ( Son Brut + Charges patronales ) : 1588 € Sur lequel il ne touche que 1198 € .
    La différence, sert en partie à payer ceux qui vont gérer cette somme. Qui eux mêmes toucheront un salaire, tout le monde payant l’impôt et ou des taxes qui serviront entre autres à payer les services de l’état/Collectivité, qui enfin redistribue(nt) les aides reversées .

    Et ce ne sont pas uniquement les plus défavorisés, même les plus riches pourront en toucher (APL, allocs, tarifs préférentiels municipaux sur une piscine , une médiathèque , etc..)

    Ensuite sur la partie net du revenu de notre salarié au SMIC, sont prélevées différentes taxes ( sur assurances, carburants, alimentations, vêtements , etc..etc..). Et comme c’est déjà juste de vivre avec un SMIC, on peut considérer que tout est dépensé ( d’où les pbs de fins de mois), et que sur ces dépenses entre 5% et 20% vont à l’état et ou collectivités. Ce sont ces sommes qui sont ensuite redistribuées ,

    Donc le bénéficiaire à bien payé tout ou partie de cette redistribution.

    D’où ma conclusion qui diffère de la vôtre: Les aides ne sont pas systématiquement ni entièrement pris chez quelques uns(toujours les mêmes) pour être données à d’autres (toujours les mêmes)
    Et le corollaire, vu que les payeurs ne sont pas toujours les mêmes, le problème de financement ne se posent pas en termes « d’une source de revenus intarissable et abondante ».

    Mais sur la forme, d’accord, ne parlons pas de gratuité, mais non plus de devoirs versus des droits.
    Disons seulement prestations solidaires, dont les mécanismes varient selon la situation de chacun et de son évolution.

    Au passage, notons que les plus « aidés » sont ces fonctionnaires, qui ne produisent pas de services directs à la population, mais qui vont vivre  » sur la bête », en usant les cordes de la communication ou de la pure gestion.
    Communiquants qui font parfois parler d’eux dans d’étranges conditions, comme récemment M. Emelien. Et oui je suis d’accord avec vous, il serait bon de leur rappeler plus souvent que s’ils ont des droits ils ont surtout des devoirs.
    En particulier celui de garder à l’esprit, que ce qui prime c’est l’intérêt général et la paix sociale lorsqu’on est aux manettes.
    Sinon toutes les considérations « politico-economico-financières » ne pèseront bientôt plus très lourd dans un débat d’une tout autre nature.

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        PICHON'

        |

        So What ?
        Je vous trouve peu disert sur le coup.

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    Didier

    |

    Comme toujours, ceux qui en profitent (repas, transport, pass divers et variés ….) ne paient pas et ceux qui n’en profitent pas, paient plein pot.

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    Polo

    |

    Quand c’est gratuit «  il y a un loup »

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    cetace_jovial

    |

    A lire le commentaire de ce Monsieur PICHON, je me dis que la simplicité de raisonnement des gilets jaunes a encore de beaux jours devant elle…alors comment dire, les fonctionnaires ne servent à rien et pour exemple on prend le conseiller communication de Macron!!!
    Je veux dire à ce Monsieur PICHON que le smicard ou le cadre qui versent ses cotisations patronales, impôts et toutes les taxes qui s’en suivent, vont servir à entretenir les routes sur lesquelles il roule , vont payer les infirmières et docteurs qui le soigneront gratuitement à l’hôpital, financeront les études de ses enfants et petits-enfants à l’école….et j’en passe…voilà les fonctionnaires à qui ils servent, à ne pas confondre avec un conseiller de communication qui est contractuel et qui va rester le temps d’une mandature au mieux, ou moins si ça se passe mal (le cas d’ismael Emelien qui va devoir s’expliquer dans l’affaire Benalla).Dans les rues de Narbonne, fleurissent depuis quelques temps de grandes affiches avec ici ou là des « Ici la mairie investit pour votre avenir et refait la rue » OUI, mais cette affiche devrait préciser « avec votre argent ».
    ENFIN pour revenir à la gratuité des repas, il faudrait savoir le montant total que représente une telle mesure à la hauteur d’un pays comme la France, on parle de combien exactement ? quelques millions d’euros ? (pour nourrir des jeunes qui peut être demain vous soigneront dans les hôpitaux ? qui ramasseront vos poubelles ? qui referont vous routes ? qui instruiront vos enfants ?)….parce que ces jeunes défavorisés, ce sont les mêmes qui ont à coeur de s’en sortir et de bosser, parce que eux, ils n’ont pas eut de cuillère dorée dans la bouche ou la fainéantise de se lever pour aller bosser le matin.
    ALORS à ce Monsieur PICHON, je veux lui dire que je préfère que quelques millions d’impôts servent à donner un petit déjeuner décent à des gamins défavorisés au lieux d’engloutir 4 milliards dans une entreprise comme AREVA qui a été victime d’une escroquerie organisée.

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    PICHON'

    |

    @Cetace Jovial

    Sans doute me suis-je mal exprimé. Je pense que c’est á M. De Santo que vous devriez adresser vos reproches.
    En effet je paye et suis heureux de payer des impôts pas seulement par égoïsme pour profiter des biens communs payés par ces impôts mais également pour que d’autres moins aisés que moi puissent en bénéficier. Le tout fait que notre société est ( encore mais pour combien de temps )pacifiée .
    Quand aux fonctionnaires je parlais effectivement de ces communiquants et autres  » hauts » fonctionnaires pas de mon facteur ou de l’agent d’un CCAS .
    D’ailleurs je suis heureux d’apprendre que l’ENA serait si Non supprimée au moins bien reformée par M. Macron suite à ce
    grand débat obtenu grâce à qui ?
    Je vous laisse deviner !

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