Stop à l’impérialisme vélociplédique !

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Mardi 18 heures.
Nous étions sur le même trottoir, large et désert. Il était 18 heures environ. Je marchais d’un bon pas, l’esprit en balade ; elle roulait d’un bon train, ses cheveux au vent. Nous avancions l’un vers l’autre quand j’avisai soudain les mouvements suspects de sa bicyclette. Cette personne cherchait manifestement à placer son « deux roues » sur ma trajectoire, et son désir était de m’en faire sortir. Je décidai cependant de ne pas céder à cette injonction vélocipédique. J’étais sur mon « terrain », il n’était donc pas question de céder à cette farouche et illégitime intrusion. Je dois dire qu’à son approche, cette dame, une jeune femme en vérité, m’a fait trembler. Le haut de son corps ramassé, penché sur le panier de son vélo ; sa tête à l’horizontale, dans l’axe de la mienne ; ses jambes et ses pieds écrasant rageusement ses pédales, tout dans son allure et ses mouvements signalait une implacable volonté d’en découdre. Le scénario était écrit dans les faits, de sorte que la tension est montée jusqu’à l’ultime moment où nous avons fait, chacun de notre côté, l’écart nécessaire afin d’éviter l’accident. Ce fut bref, intense et violent, mais j’ai pu apercevoir un fort joli visage, un rien crispé cependant, dans le regard duquel brillait ce sentiment de justice et d’impunité qu’affichent ceux qui ne doutent jamais de leurs vertueuses actions ; et, en la circonstance, l’usage inconditionnel, doux et certifié « vert » de la bécane… Ironie du sort, de l’autre côté du boulevard, sur le trottoir d’en face, une queue s’était formée devant la maison médicale de garde, à quelques mètres seulement de l’entrée de l’hôpital…

Commentaires (6)

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    Guillaume

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    Bel article bien réel

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    Dumas

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    Notre quotidien à tous.
    Au sortir des casses de TriDom un acheteur avait déposé sa baignoire au milieu du passage vers la sortie.
    Il me regardait approcher, voyant bien que son achat barrait l’accès à la sortie du magasin… j’ai du pousser fortement son colis pour passer.
    Sa remarque fut immédiate : « vous avez la chance d’être vieux » le sous entendu était évident.
    Le manque de civisme lié au manque d’éducation deviennent insupportables.

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    Vialle

    |

    « Dieu est peut-être éternel, mais pas autant que la connerie humaine. » (Pierre Desproges)
    Le civisme et le respect de l’autre sont devenus des notions du passé…d’un passé fait de coups de pieds au cul, qui nous ont enseigné une belle notion de la vie, du respect des autres…des notions du passé. Bonne journée

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    Anna

    |

    Hé oui, les piétons que nous sommes n’ont pas la chance d’être dans l’air du temps. Les cyclistes, eux, représentent le monde moderne et écolo. Ce qui me fait toujours sourire, avec une pensée pour Courteline qui ironisait sur les débuts de cette mode dans les années 1900.

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    Antonin

    |

    Ah Narbonne, où il ne fait bon se déplacer ni à pied ni en vélo.. avant de pointer du doigt l’incivisme du cycliste, peut être devrions nous pointer le fait que les rues sont devenues des parkings, que la voiture prend (encore) toute et toujours plus de place en ville, au détriment d’autre moyens de mobilité..

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      Michel Santo

      |

      Vous n’avez visiblement pas connu cette ville avant que le centre n’ait été piétonnisé…

Les commentaires sont fermés

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