Contre-Regards

par Michel SANTO

Articles marqués avec ‘Comté de Narbonne’

Chronique du Comté de Narbonne.

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Mercredi 19 décembre de l’an 2012

Bonjour mon oncle !

En avril  ( ce n’était pas le premier ! ) , c’est un patelin père Noël que les Français choisirent pour gouverner ce pays ; ils découvrent en décembre ( ce n’est pas encore le 25 !) un papelardesque Père Fouettard. De Gouda voulait faussement réenchanter leurs rêves pour bourrer réellement les urnes, il leur serre désormais la ceinture pour emplir hardiment ses caisses . La fin du monde « bienheureux et sans efforts pour tous » qu’il promettait , a bien eu lieu, mon oncle ! La prédiction des Mayas est donc  confirmée et de facétieux gazetiers annoncent déjà, à Bugarach, de François, la prochaine arrivée. Y seraient officiellement célébrer le vote du pacte budgétaire Tarkoly-Tankel, l’instauration de taxes prétendument  sociales, la poursuite de l’éradication de bidonvilles Roms, la fermeture des fours de Florange… et autres diverses « catastrophes » que son prédécesseur « ordonnait et que la meute médiatique stipendiait. Cette façon de faire le contraire de ce qui avait été promis, à la manière de l’antique sieur du Mollet, ne pourrait être glorifiée ailleurs que dans ces Terres d’Aude où vivent pépèrement d’innombrables « têtes plates » surabondamment administrées, si j’en crois les nouvellistes autorisés. Nous serions en effet les champions du royaume quant au nombre de fonctionnaires par sujet, mon oncle ! des fonctionnaires de surcroît majoritairement rosiens, alors que nous détenons le record du nombre d’habitants dispensés de capitations pourtant nécessaires à leur entretien. Mais comment donc est ce possible ? Une étrange situation qui n’est d’ailleurs pas sans me rappeler celle que me décrivit tantôt ton ami sicilien Fanfani. Ici aussi, en effet, les comtes et les marquis ont pour spécialité d’aller chercher des subsides dans d’autres bourses et de recruter une pléthorique domesticité. Des gardiens de château aux aides de camp, nombre de familles et de clans en présentent, qui savent, le moment venu, en remercier leurs généreux commanditaires. Bugarach, te disais-je, est donc assiégé par des armées gazetières pour, à la fin du monde, la vraie, assister : et ce au désespoir de son premier consul qui, aujourd’hui, parle  « d’insupportable utopie ». Il regrette que la presse jamais n’évoque les merveilles de son microscopique comté en citant pêle-mêle ses orchidées et son « petit batracien exceptionnel qui vit ici grâce à l’excellente qualité de son eau ». Comme notre roi de Gouda, après une intense campagne de mystification, le voilà revenu à de triviales préoccupations domestiques dans un environnement tout aussi fragile pour sa grenouille, qu’il l’est pour l’ensemble du royaume, ses fabriques et ses sujets. Mais pour divertir le bon peuple, l’enfumer et lui faire oublier toutes les promesses prodiguées, on tente de fixer ses idées sur le mariage pour tous, quelle que soit sa sexualité. Cette affaire serait ainsi le marqueur du parti du progrès et de l’humanité !!! Mais je ne suis pas sur que ce soit suffisant pour anesthésier ce qui reste de bon sens dans les villes et les comtés.

Je ne commenterai pas tes remarques sur Couillon et Flippé, mon oncle. Comme toi je les trouve pathétiques et ridicules, et crains fort qu’ils ne soient définitivement « cramés », comme subtilement le chante Gainot. Encore que l’époque brûle vite le temps et la mémoire. Dans deux ans, qui se souviendra de cette pitoyable tartarinade ? Ah! ceci aussi pour satisfaire ta curiosité sur la vie dans ton cher Comté de Narbonne. Hier, le Tirelire en  faisait sa une! Une dame, qui travaillait à la communication  du sieur Lemonyais, relate, dans une longue lettre reproduite par cette gazette, comment, par le sieur Labatout, elle a été licenciée. Sa lettre est précise et argumentée quant aux moyens qui auraient été utilisés. On ne peut que se désoler, mon oncle, qu’on puisse arriver à ce genre d’extrémités. En toute situation, il convient de sauvegarder la dignité des personnes ; et l’élégance et la courtoisie devraient toujours présider aux relations humaines, surtout quand un conflit vient en perturber le cours. Que cela soit difficile, j’en conviens ! Il m’arrive, sans doute, malgré l’extrême attention que j’apporte aux mots, de manquer moi aussi à ce devoir que j’exige d’autrui. Voilà pourquoi je ne m’offusque jamais des précieuses, et parfois blessantes, observations qui me sont faites à ce sujet. Pour le jour de Noël, mon ami Jacques a préparé un joli conte dédié à ses petits enfants. Loin de ce monde, c’est de sa vérité dont il parle, point de sa fin. Je te l’enverrai par le prochain courrier. Il est tard à présent! Je t’embrasse, mon oncle ! 

Chronique du Comté de Narbonne.

Unknown  

Mercredi 13 novembre de l’an 2012

Le royaume vit une étrange situation, mon oncle ! Le Roi et son premier ministre se sont dissous dans l’opinion. Aux yeux des Français, ils semblent ne plus exister. Le nantais couaque pendant que ses ministres piaffent, et le premier des hollandais ne sait plus à quel saint se vouer. Ses amis à contrario le disent affuté et réactif aux difficultés du pays. Qui au demeurant sont les mêmes qu’hier et qui  l’obligent à remiser ses promesses ; tout en jurant devant, mais devant qui, mon oncle !? de ne rien céder à ses engagements du passé. Et cela dit sur ce ton bon enfant, rond et mouillé, où percent des lueurs d’ironie teintées de roses et d’agressives pensées. Il est vrai cependant que le mariage pour tous est programmé ! Car il faut bien le reconnaître, notre Roi à du talent, mon oncle ! Et puis, il est si gentil au dire des gazetiers. Cynique bien sur, mais si gentil ! Il est d’ailleurs des signes qui ne trompent pas : sa cravate éternellement de travers et sa manche de chemise, la droite, toujours trop longue n’expriment-ils pas cette naturelle et atavique bonhomie de celui qui jadis présidait en terres corréziennes ? Cet après midi, on me dit qu’il réunit 300 ou 400 nouvellistes au château. Mon ami, le rédacteur en chef du « Courrier de Cucugnan », qui tire à deux exemplaires, a lui aussi été invité. C’est dire l’importance que le Roi accorde à cette grande fête gazetière ! Il va fixer un cap pour les uns, baratiner pour les autres ; et comme à l’accoutumée les avis seront partagés. Mais je ne sais pour quelles raisons, mon oncle, mon intuition me dit que cette orgie de communication ne changera rien au climat de doute et de suspicion régnant sur nos concitoyens. Trop de déni du réel ne peux en si peu de temps être rattrapé. Comment expliquer au peuple rosien qu’il lui faudra accepter de payer pour la compétitivité de nos fabriques, ce qui jusqu’à hier était tout simplement nié ? Enfin ! attendons les jours qui viennent, nos gazetiers nous expliqueront ce qu’il convient d’en penser. Voilà pourquoi, je ne les lis point, mon oncle ! Un célèbre bouffon prétendait que les nouvellistes ne croyaient pas les mensonges des hommes politiques, mais qu’ils les répétaient, ce qui était pire ! Il en est quand même de sérieux et demain sera l’occasion d’en apprécier le nombre.

Je t’embrasse… 

Chronique du Comté de Narbonne.

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Mercredi 17 octobre de l’an 2012

Le pouvoir est un mensonge, et le ministre Mentoujours son icône, mon oncle ! Lui, qui tantôt voulait démondialiser, court désormais de fabriques en ateliers pour éteindre des incendies en conspuant leurs patrons et les banquiers. Son impuissance est à la hauteur de son insolence de parvenu : infinie ! D’aucuns de ses amis y voient la cynique main de François de Gouda. En lui confiant le Redressement manufacturier sans toucher aux lois de l’économie, il le condamnait en effet au ridicule du matamore, qui est sa pente naturelle et qui demain le fera tomber. La cruauté et la ruse sont au cœur de la politique et Mentoujours, enivré d’un pouvoir sans moyens, en est aujourd’hui la victime. Les banquiers et les patrons  apprécient la manœuvre ! Indignés dans la rue, ils rient sous cape à ses rodomontades et se moquent de ce faux puritain dont la dame arbore des lunettes en écailles de tortue  faites sur mesure pour la modique somme de 12 000 euros. Normal sans doute pour une gazetière de gauche à la mode, visiblement loin des réalités du peuple des usines chers à son compagnon de ministre ; un couple de notre temps  emblématique d’une élite politique et médiatique coupée des réalités populaires et droguée aux ors du pouvoir et de l’argent.

Dans le Comté, les affaires sont tout aussi tristement comiques, mon oncle ! Labatout règne dans le style original de ces terres audoises dont on dit des habitants qu’ils ont « la tête plate ». L’avenir y semble sans espoir et la fatuité se mélange à l’amertume dans un présent au souffle court. Le Comté s’avachit ! Seul Patrick de la Natte reste maigre tandis que son seigneur grossit et ses habits se fanent ; mais ils marchent toujours de concert, le dos voûté sous le poids de l’ennui. Dans le camp opposé, c’est la guerre ! Après celle des deux roses, au printemps dernier, voici celle, cet automne, des trois vilains petits canards. Qui seront bientôt quatre quand le sieur de la Godasse s’invitera dans cette mare aux ambitions comtales. Un quadrille mortel dans une trop petite mare où  s’exécutent déjà, au rythme des tambours, d’agressives figures chorégraphiques. Ils s’y noieront,  mon oncle ! Sans fleurs, ni couronnes ; dans l’indifférence et le silence de l’oubli…

Lundi, j’étais, avec mes trois amis, dans le Conflent, à Bélesta précisément. Le vent et une petite pluie nous attendaient au départ d’une randonnée plutôt facile. Il a fallu attendre le milieu de la matinée pour que le Canigou enneigé s’offre enfin à nos vues. Quelle beauté ! La montagne  nous offre tout ce que la société moderne oublie de nous donner, n’est ce pas mon oncle ?

Je t’embrasse.

 

 

 

Chronique du Comté de Narbonne.

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Vendredi 28 septembre de l’an 2012
Eh bien mon oncle ! Les ministres de François le Normal ont de la vertu une étrange pratique, et s’en exonèrent d’autant qu’ils l’exigent de tous. Ainsi le sieur Mentoujours, qui jadis haïssait les riches et les banquiers, sans vergogne les fréquente aujourd’hui. Le soir, en toute discrétion,  ou à midi, au moment du café. La maison Lézard, dirigée en France par le sieur Pigassou, un ami de Babius et Boss-Khan, également patron de la gazette « Les corruptibles », qui emploie Aude Puivar, sa dame, a sa préférence. Rien d’étonnant, cet arrogant et cynique parvenu s’étant jadis illustré par ces mots qui le définissent à jamais : « Je suis croyant, mais pas pratiquant. » Une philosophie partagée par la classe des gazetiers bien-pensants au sein de laquelle il jouit, de surcroît, d’une reconnaissance commerciale : il fait vendre. Tu me diras que pour ces croisés de la « vérité », seules comptent les intentions, bonnes, cela va de soi ! Vues sous cet angle, évidemment, toutes les impostures sont permises. Et justifiées pour ne point désespérer les bedeaux et les gogos qui les crurent. Les lendemains qui chantent ne sont pas miraculeusement arrivés, n’est ce pas, mon oncle !  Mais peut-être faut-il mentir aux hommes pour qu’ils vous croient !…? Comme le babusien Tortolone, ci-devant Président de la Cour qui impose de petites économies à son assemblée et embauche sa dame à son cabinet. Je n’ai pas embauché ma femme, j’ai épousé ma collaboratrice », assure-t-il sans trembler. Une variation ménagère et politicienne de la saillie donjuanesque : « L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus. »  Quel génie, tout de même, ce Molière, mon oncle ! à croire qu’il était aussi à New York quand François de Gouda, dans les locaux de la Société des Nations, pour éviter son ancienne compagne et les coups de la nouvelle, a rebroussé chemin, piteusement, avec toute sa troupe. Demi-tour pitoyable justifié avec peine par d’improbables obligations diplomatiques. On entend d’ici Ségolène de Chabichou dans le rôle d’Elvire : « Me ferez-vous la grâce, François, de vouloir bien me reconnaître? et puis-je au moins espérer que vous daigniez tourner le visage de ce côté? »… « Ah! scélérat, c’est maintenant que je te connais tout entier; et pour mon malheur, je te connais lorsqu’il n’en est plus temps, et qu’une telle connaissance ne peut plus me servir qu’à me désespérer. » Quand Tartoly régnait, on moquait méchamment ses manières, si peu royales il est vrai ; il abaissait le trône, disait-on. Mais que penser d’un monarque pris entre deux femmes et terrorisé à l’idée de devoir saluer la première et subir le courroux de la seconde ? Hésitant et faible, notre Roi est ainsi descendu à hauteur d’homme. Un homme comme tous les hommes ; normal, au cœur et à l’esprit bien monotone dans sa lâcheté. La cour est un vaudeville, mon oncle ! et François de Gouda un Dom Juan revu et corrigé par Feydeau. Mieux vaut rire des hommes, que les agonir, me répètes-tu sans cesse. L’essentiel est peut-être ailleurs, en effet. C’était hier, un arc en ciel ouvrait un ciel d’orange sur les toits de la ville ; il colorait de ses teintes cuivrées des hirondelles en fête et la tour Aycelin brillait à n’y pas croire. Un silence parfait couvrait ce moment de grâce; comme une offrande des dieux, une porte ouverte aux âmes ; juste avant la tombée de la nuit…
Je t’embrasse, cher parent !

Chronique du Comté de Narbonne.

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Ah, mon oncle dans quel étrange monde vivons nous ! Le Dieu des chrétiens peut être offensé ici sous toutes les formes et ses adeptes tués en terre d’islam, nos autorités morales, médiatiques et politiques se taisent. Comme elles se taisent ou s’expriment si peu, quand des foules ignares et fanatisées  cassent et tuent dans les rues de Benghazi du Caire parce que le leur aurait été insulté. Tu me le faisais remarquer dans ta dernière lettre, il ne peut plus être émis de critiques dans le Royaume envers certains actes et pratiques de mahométans « intégristes » résidant ici (certes minoritaires) ou ailleurs (ils le sont moins)  sans que leurs auteurs soient mis, par la caste régnante sur les consciences, au banc de l’infamie. Islamophobes et racistes seraient ces esprits libres ne supportant plus qu’ « on » les assigne à un silence surveillé et honteux. Pour nos gardiens du camp de la bien pensance, leur liberté ne serait que le masque hideux d’un conservatisme ranci, d’une réaction pathologique et nuisible, d’une haine maladive de la « diversité ». Ainsi, va l’esprit du temps, mon oncle, la liberté de critiquer les religions est revendiquée par les antipapistes militants, qui ne l’exercent guère envers d’autres traditions, l’islam fondamentaliste, notamment, il est vrai beaucoup moins « pacifiste ». Dans le Royaume, récemment, un Christ plongé dans l’urine, une pièce de théâtre ridiculisant le messie des chrétiens, n’ont évidemment déclenché que des réactions pacifiques et sévèrement stigmatisées au nom de la liberté d’expression. Espérons, tout de même, que la manifestation organisée à Paris par « ces fous de Dieu » près de l’ambassade du « Nouveau Monde » saura redresser – un verbe prononcer en boucle par tous les conseillers du Roi – nos esprits amollis par trente ans d’arrogance intellectuelle et de lâcheté morale perpétuellement touillées dans la marmite de la repentance coloniale et de la haine de soi. A l’exemple de Manolo Valsez, le solitaire chef rosien de nos pandores royaux, que des bouffons accrédités auprès de gazettes gardiennes du Bien caricaturent en l’affublant d’un bonnet bleu tricoté par  feu Roi Tarkoly ! Faut-il que je te précise, mon cher oncle, afin d’éviter toute ambigüité à mon propos de ce jour, que j’ai toujours gardé à l’esprit tes leçons sur cet Islam des lumières et ses  savants du Moyen-Âge, sans qui nous aurions oublié Platon et Aristote, et une grand part de notre propre culture ; ce dont l’identité française ne peut  à l’évidence se passer. Est ce donc trop demander que les mots cernent enfin les faits et l’histoire plutôt que de remplir le vide d’une plate et peureuse pensée prétendument moderne ? A ce sujet, des mots et du vide, les fortes paroles de dame Ripittiti , en charge de la culture (!!!), à « L’Univers », sonnent comme un marteau pilon dans un bain de vapeur notre entrée dans l’ère du creux. Il lui faut montrer, dit-elle, « que la culture est le disque dur de la politique, du point de vue de la citoyenneté et de l’économie. » Passons sur le style d’une élégance atavique et proprement lorraine, pour le reste, c’est à dire l’essentiel, j’ai beau tourner la phrase dans tous les sens, j’avoue n’y rien comprendre. Des mots sans queue ni tête, lourds et grossiers,  pour colmater  son  néant conceptuel. Une forme de mensonge somme toute banale et grossière, et du plus haut comique, me faisais tu remarquer dans ta dernière lettre,  tout en m’invitant à traquer sans pitié la colonisation de notre langue par ces pernicieux euphémismes inventés tous les jours par nos professeurs de vertus. Ainsi Mme Delaniaise, chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie qui, ne pouvant redresser nos « anciens » forts courbés, veut ajouter aux désormais classiques « jeunes des banlieues, banlieues sensibles et sans papiers »,  « avancer en âge et « monter amoureux » : vieillir et tomber amoureux étant chargés de connotations négatives, affirme-t-elle sottement. Ce qui pourrait donner d’épicés dialogues : « Mademoiselle, je suis éperdument monté amoureux de vous ». « Quoi ! Vous voulez me monter ? ». Et ton ami Christian Millau, qui n’écrit pas que de savoureuses chroniques gastronomiques, de proposer la modification d’urgence par l’Académie de l’expression  chômeur par «  en situation de rupture de la chaîne citoyenne du travail » ou clandestin renvoyé dans son pays par «  nomade interrompu dans son projet de société ». Tout un programme ! Ne changeons pas le monde, changeons les mots et l’histoire sera plus belle, n’est ce pas mon oncle ? Pour la petite, histoire, t’ai je dit que j’avais cheminé sur le sentier de Nietzsche, à Eze, dans le Comté de Nice, où j’ai séjourné quelques temps ? C’est là, sous le ciel alcyonien de Nice, qu’il trouva le troisième Zarathoustra, cette partie décisive de son oeuvre qui porte le titre : « Des vieilles et des nouvelles Tables ». Il dormait bien et riait beaucoup ; et vivait dans un parfait état de vigueur et de patience. C’est là qu’il écrivit aussi cette phrase, que je récitais sans cesse sur ce sentier autrefois emprunté par lui : « Frotte tes yeux, afin d’en chasser le sommeil, toute myopie et tout aveuglement. Écoute-moi aussi avec tes yeux: ma voix est un remède, même pour ceux qui sont nés aveugles »… Bonne nuit mon oncle !

 

 

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