Contre-Regards

par Michel SANTO

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Quelle vérité que ces montagnes bornent!

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 Je  tape sur «Google actualités», aujourd’hui à 13 heures, et  note ceci :

 Première info : “En marge de la rencontre “Progreso global” organisée par la fondation Ideas à Madrid, mercredi 19 octobre, François Hollande a appelé Nicolas Sarkozy et les autres dirigeants européens à être à la hauteur de la situation lors du prochain sommet européen, sinon ce sera “la victoire des agences de notation”

Deuxième info“Moody’s a abaissé mardi la note souveraine de l’Espagne de deux crans, de Aa2 à A1, avec perspective négative, jugeant que le pays restait vulnérable aux tensions de marché.”

Et de remarquer que, ce même mardi, mais le soir, François Hollande a rencontré le Président du gouvernement espagnol, son ami Zapatero, qui applique les mêmes recettes que les autres dirigeants européens. “Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tiennent au-delà”. Montaigne!  

Du bon usage des citations.

 

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Ce paragraphe extrait des Essais de Montaigne sur le bon usage des citations, que j’adresse à l’ami Gilles qui, un soir, su m’écouter:

 

 

« Qu’on regarde en ce que j’emprunte si j’ai su choisir quelque chose qui rehausse ou appuie convenablement le reste, qui lui, est bien de moi. Car je fais dire aux autres, non pas d’abord, mais ensuite, ce que je ne parviens pas à dire aussi bien, à cause de la faiblesse de mon langage, ou de mon esprit. Je ne compte pas mes emprunts : je les soupèse. Et si j’avais voulu les faire valoir par leur nombre, j’en aurais mis deux fois plus. Ils viennent tous, ou fort peu s’en faut, de noms si fameux et si anciens qu’ils me semblent se nommer d’eux-mêmes, sans avoir besoin de moi. Dans les raisonnements, comparaisons et arguments, si j’en transplante dans mon propre champ, pour les mélanger aux miens, je cache parfois volontairement le nom de leur auteur,pour freiner la témérité de ces critiques hâtives, que l’on profère à propos de toutes sortes d’écrits, et notamment récents, œuvres d’hommes encore vivants et écrites dans la langue « vulgaire », celle d’aujourd’hui, ce qui permet à tout un chacun d’en parler,et qui semble donner à penser que la conception et le dessein de l’œuvre elle-même sont, eux aussi, vulgaires. Je veux que ces gens-là croyant me donner une pichenette sur le nez la donnent en fait sur celui… de Plutarque ! Et qu’ils se ridiculisent à injurier Sénèque à travers moi. Il me faut bien dissimuler ma faiblesse sous ces grandes autorités. »