Contre-Regards

par Michel SANTO

Articles marqués avec ‘Philosophie’

Claude Lévi-Strauss: identité, diversité, barbarie , humanité…

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Avant que le livre de Claude Lévi-Strauss ne soit mis à l’index pour avoir oser ce titre aujourd’hui scandaleusement incorrect: “Race et histoire”, ces extraits:

L’attitude la plus ancienne, et qui repose sans doute sur des fondements psychologiques solides puisqu’elle tend à réapparaître chez chacun de nous quand nous sommes placés dans une situation inattendue, consiste à répudier purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales, esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous nous identifions. « Habitudes de sauvages », « cela n’est pas de chez nous », « on ne devrait pas permettre cela », etc…, autant de réactions grossières qui traduisent ce même frisson, cette même répulsion en présence de manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères. Ainsi l’Antiquité confondait-elle tout ce qui ne participait pas de la culture grecque (puis gréco-romaine) sous le même nom de barbares ; la civilisation occidentale a ensuite utilisé le terme de sauvage dans le même sens. Or, derrière ces épithètes se dissimule un même jugement : il est probable que le mot barbare se réfère étymologiquement à la confusion et à l’inarticulation du chant des oiseaux, opposées à la valeur signifiante du langage humain ; et sauvage, qui veut dire « de la forêt », évoque aussi un genre de vie animal par opposition à la culture humaine. […]

Vive adresse à ceux qui veulent envoyer Macron à la “Lanterne”!

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Emmanuel Macron donne un entretien exclusif dans 1 Hebdo. Un entretien, comme le reste de ce numéro très intéressant. Et des “chiens de garde” de la vieille pensée socialiste, toujours à l’affût des moindres mots de celui qui, à leurs yeux, incarne au sein même de l’exécutif “l’ennemi de classe”, ce qui, pour des militants et des élus issus pour la plus grande majorité d’entre eux de la “fonction publique”, au sens large du terme, ne manque pas de piquant, trafiquent son propos, le présentent comme étant plus royaliste que démocrate et se proposent de l’envoyer tout simplement à “la Lanterne” (Expression tirée d’une chanson révolutionnaire bien connue : « Ah, ça ira, ça ira, ça ira, les aristocrates à la lanterne… ». Les lanternes en question étaient des réverbères, qui étaient utilisés comme gibets pendant la Révolution : on y pendait, sans autre forme de procès.)

La fourmi, l’araignée et l’abeille de Francis Bacon

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Allez donc savoir pourquoi, je trouve cette petite fable philosophique de circonstances!

Les philosophes qui se sont mêlés de traiter des sciences se partageaient en deux classes, savoir: les empiriques et les dogmatiques. L’empirique, semblable à la fourmi, se contente d’amasser et de consommer ensuite ses provisions. Le dogmatique, tel que l’araignée, ourdit des toiles dont la matière est extraite de sa propre substance. L’abeille garde le milieu; elle tire la matière première des fleurs des champs et des jardins; puis, par un art qui lui est propre, elle la travaille et la digère. La vraie philosophie fait quelque chose de semblable; elle ne se repose pas uniquement ni même principalement sur les forces naturelles de l’esprit humain, et cette matière qu’elle tire de l’histoire naturelle, elle ne la jette pas dans la mémoire telle qu’elle l’a puisée dans ces deux sources, mais après l’avoir aussi travaillée et digérée, elle la met en magasin. Ainsi notre plus grande ressource et celle dont nous devons tout espérer, c’est l’étroite alliance de ces deux facultés: l’expérimentale et la rationnelle….

L’Épictète du soir ( très tard ! )

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Les fréquentations ne sont pas indifférentes. Si tu hantes souvent un vicieux, à moins que tu ne sois bien fortifié, il y a plus à craindre qu’il ne te corrompe, qu’il n’y a à espérer que tu le corrigeras. Puisqu’il y a donc tant de danger dans le commerce des ignorants, il ne faut en user qu’avec beaucoup de sagesse et de prudence.

Épictète , « Pensées et Entretiens. » iBooks. page 293

l’Épictète du jour !

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« Un homme de grande considération, aujourd’hui préfet de l’annone, revenant d’exil et s’en retournant à Rome, vint me voir. Il me fit une peinture affreuse de la vie de la cour ; il m’assura qu’il en était dégoûté, qu’il ne s’y rengagerait pour rien au monde, et que le peu de temps qui lui restait à vivre, il voulait le vivre en repos, loin du tumulte et de l’embarras des affaires. Je lui soutins qu’il n’en ferait rien, qu’il n’aurait pas plus tôt mis le pied dans Rome, qu’il oublierait toutes ces belles résolutions, et que, s’il trouvait à se rapprocher du prince, il en profiterait aussitôt. Et lui, en me quittant, me dit : « Épictète, si vous entendez dire que j’aie mis le pied à la cour, dites que je suis le plus grand coquin du monde. » Qu’arriva-t-il ? A quelque distance de Rome, il reçut des lettres de César. Il ne se souvint plus de ses promesses ; le voilà à la cour plus avant que jamais, et voilà ma prédiction accomplie… « Que vouliez vous donc qu’il fît ? me dit quelqu’un. Vouliez-vous qu’il passât le reste de ses jours dans l’oisiveté et dans la paresse ? » Eh ! mon ami, penses-tu qu’un philosophe, qu’un homme qui veut avoir soin de lui-même soit plus paresseux qu’un courtisan ? Il a des occupations plus importantes et plus sérieuses. »

Extrait de : Épictète. « Pensées et Entretiens. » iBooks.

l'Épictète du jour !

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