Une superposition de mondes qui, par moments, se croisent, mais ne cohabitent pas…

Ma.30.1.2024

Moments de vie.

8 h 30.

Dans la salle d’attente de Frédéric, mon médecin, un couple discute en espagnol. La jeune femme s’interroge à propos d’un problème administratif. Je lui donne la réponse et les procédures à suivre, dans sa langue. Nous poursuivons notre échange de façon plus familière. Tous deux ont la physionomie caractéristique de peuples andins. Il est Péruvien, me dit-il, et sa femme Colombienne. Ils habitent Narbonne depuis quelques mois et travaillent en télétravail pour une entreprise américaine.

10 h 30.

Café allongé, chez Ange. A la table voisine, sur ma droite, deux dames. Deux anglaises bavardant à haute voix devant leurs thés. Et sur ma gauche, un jeune homme. Cheveux roux, son visage et ses bras sont piquetés de petites tâches de la même couleur – plus pâles. Il a le type irlandais. À son poignet, une montre connectée. Écouteurs aux oreilles, il tape sur son clavier. De temps en temps, il consulte son portable.

11 h 07

Je songe à ce sondage selon lequel 87 % des Français comprennent et soutiennent les blocages et les revendications des agriculteurs. Ils veulent, semble-t-il, pouvoir acheter leurs produits, mais, sans doute aussi, dans une même proportion, continuent-ils à remplir leurs caddies de biens « étrangers » dans les grandes surfaces.

Il y a des jours, comme aujourd’hui, où j’ai l’impression de vivre dans une superposition de mondes qui parfois se croisent, mais ne cohabitent pas, et ce au moment même où trois jeunes filles s’installent devant moi sur toute la longueur d’une grande table. Penchées au ras du plateau, elles remplissent des fiches au stylo bille – leur « iPhone » à portée de main. Finement et joliment apprêtées, elles préparent un cours en bavardant gaiement.

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