𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐩𝐚𝐬.

J’ai lu cette page il y a longtemps.
La page 179 du Journal d’Inaki Uriarte, Bâiller devant Dieu. Chez Séguier.

J’ai lu cette page il y a longtemps.
La page 179 du Journal d’Inaki Uriarte, Bâiller devant Dieu. Chez Séguier.

Je l’ai relue souvent.

À l’époque, cette page avait ébranlé ma croyance dans le libre arbitre.

Spinoza.
Schopenhauer.
Einstein.
Tous semblaient dire la même chose : nous nous croyons maîtres à bord. Nous le sommes moins que nous l’imaginons. Nos décisions naissent dans des profondeurs dont nous ignorons presque tout.

Soit.

Mais les neurosciences ne racontent pas seulement cela.

Elles montrent aussi que la conscience existe.
Qu’elle observe.
Compare.
Mémorise.
Inhibe
Prévoit.

Elle peut retenir un geste. Modifier une habitude. Élaborer un projet.

Ces opérations sont elles-mêmes le produit de causes antérieures.
Mais elles deviennent à leur tour des causes.

Nous sommes déterminés. Et pourtant nous nous transformons.
Non pas contre les causes qui nous ont faits. Par elles.

La conscience n’est peut-être pas un capitaine. Mais elle n’est pas non plus un simple passager.

Je la vois plutôt comme un compas. Elle n’invente pas la mer. Elle n’arrête pas le vent. Mais sans elle, la route ne serait pas tout à fait la même.

Illustration : image modifiée par l’IA