đ€đŠđąđ«.

C’est l’annulation de l’un de ses concerts Ă  Marseille, sous la pression de militants pro-palestiniens, qui m’a conduit Ă  m’intĂ©resser Ă  son cas. Je cherchais les faits graves qui pouvaient justifier une telle campagne.

Jusqu’à peu, j’ignorais jusqu’à l’existence du chanteur Amir.

C’est l’annulation de l’un de ses concerts Ă  Marseille, sous la pression de militants pro-palestiniens, qui m’a conduit Ă  m’intĂ©resser Ă  son cas. Je cherchais les faits graves qui pouvaient justifier une telle campagne.

Je n’ai rien trouvĂ©.

Sinon qu’Amir possĂšde la double nationalitĂ© française et israĂ©lienne. Qu’il est nĂ© Ă  Paris, y a passĂ© une partie de son enfance, avant de vivre en IsraĂ«l puis de revenir en France pour y construire sa carriĂšre artistique.

VoilĂ  son crime.

Et voilĂ  qu’Amir est annoncĂ© Ă  Barques en ScĂšne, dans ma ville.

J’habite le centre de Narbonne. Je serai aux premiùres loges.

C’est dire si les appels Ă  son interdiction, pĂ©titions, appels au boycott et indignations militantes, ne me laissent pas indiffĂ©rent.

Heureusement, la municipalité a tenu bon.

Le maire, Bertrand Malquier, a répondu sans détour : « Une poignée de militants autoproclamés bien-pensants ne fera pas la loi à Narbonne. »

Il a raison.

Car cĂ©der serait accepter un principe redoutable : juger les artistes non sur leur Ɠuvre, mais sur leur origine, leur nationalitĂ© ou leur identitĂ©. Ce serait assigner les crĂ©ateurs Ă  rĂ©sidence et soumettre la culture au contrĂŽle des procureurs idĂ©ologiques.

Cette dérive ne tombe pas du ciel.

Depuis des mois, les intimidations se multiplient. À Grenoble, la DJ Barbara Butch a vu l’une de ses prestations interrompue dans un climat de haine et de menaces. Ailleurs, des spectacles sont contestĂ©s, des expositions attaquĂ©es, des artistes sommĂ©s de se justifier.

Toujours au nom d’une cause supĂ©rieure.

Toujours au nom du Bien.

Vouloir interdire un chanteur Ă  cause de ce qu’il est plutĂŽt que de ce qu’il fait, c’est piĂ©tiner l’idĂ©e mĂȘme de tolĂ©rance.

À Narbonne, la scĂšne restera un espace de libertĂ©.

C’est une bonne nouvelle.

Laissons la musique Ă  ceux qui l’écoutent.

Et les procĂšs d’intention Ă  ceux qui ne savent plus Ă©couter.