
Lundi matin.
400 à 500 lycées fermés. Totalement. Ou « partiellement ». L’art français de fermer sans fermer. Un sur huit, dit le ministère. Ne chicanons pas.
Mais fermé n’est pas bloqué. Un blocus, ce sont des élèves devant un portail. Une fermeture, ce sont des adultes qui hésitent. Un maire. Un proviseur. Un préfet. Le chiffre mesure aussi le degré d’inquiétude des responsables. Un baromètre, en somme.
Au plus fort du mouvement de 2018, près de 10 % des lycées avaient été touchés. Le pourcentage a ceci de pratique : chacun y lit ce qu’il veut.
Les bâtiments sont vétustes ? Compétence des régions. On bloque donc le lycée pour interpeller le ministère. Bonne intention. Mauvais guichet.
Les professeurs manquent ? C’est vrai. Le ministère n’en cache pas dans une réserve. Cela se règle en budgets. En salaires. En recrutements. Pas avec une chaîne et un cadenas.
Qu’un établissement aille mal, qu’il se lève. Soit. Mais d’abord les adultes. Professeurs. Parents. Les élèves en renfort. Pas en infanterie.
Reste la violence. Plus de deux cents lycées perturbés en Île-de-France. Une cinquantaine d’affrontements, selon la Région. 119 blessés, selon le ministre. Des mineurs face aux forces de l’ordre, devant un portail qui n’y est pour rien.
Sous les pavés, la plage, disait-on en 68. Sous le portail bloqué, la Région. C’est moins poétique.
Illustration : Blocage du lycée Louise Michel, à Narbonne, le jeudi 1er octobre.