À croire que rien ne peut échapper, du sol ou de l’eau, à ce genre de prédation de l’industrie touristique…

 
 
 
Hier soir, assis, non ! plutôt affalé dans mon fauteuil, les jambes molles, les yeux brouillés et le cerveau vide, je fixais, dans un état quasi hypnotique, les aiguilles d’une petite horloge qui indiquaient 21h30. Je ne contrôlais plus le battement de mes paupières, ni le rytme de bâillements à répétition, encore moins le mouvement réflexe de ma main droite : elle se plaisait à gratter énergiquement le haut de mon crâne. Autant dire que j’étais dans l’incapacité d’écrire le moindre petit texte sur quelque sujet que ce soit – tout juste un ou deux commentaires sur Facebook à l’adresse d’un élu Vert de ma petite cité. Mort de fatigue, j’étais. Épuisé pour avoir troqué ma « plume » contre l’outillage d’un manoeuvre pendant des heures. Et ce comme je le fais depuis le début de cette semaine afin de réparer les dégâts causés à ma cabane en « bord de mer » par l’usure du temps et les intempéries de l’hiver passé. Certes, j’oeuvrais de concert et sous l’autorité de Gérard sous un beau soleil, mais n’ai pu rien goûté, hélas ! , de la beauté de ce plan d’eau des Ayguades à proximité duquel nous étions et du splendide massif de la Clape qui semble le border. Un site exceptionnel qui vient d’être livré par le maire de Gruissan, par ailleurs Président du Parc Naturel Régional de la Narbonnaise, à l’appétit mercantile d’un directeur général, ou ancien, je ne sais, de la « Société Française des Casinos », qui veut en faire une « MarinaOzone ». Téléski, pédalos, canots, objets pneumatiques de toutes sortes et d’une laideur inouïe viendront ainsi violer, dès le mois de juin, cet environnement naturel jusqu’ici préservé de la folie marchande. À croire que rien ne peut échapper, du sol ou de l’eau, à ce genre de prédation, pieusement vendue, façon de parler, avec le souci charlatanesquement « humaniste » de « contribuer au bonheur » de résidents permanents et temporaires, ainsi qu’à « l’attractivité de cette station » audoise. Écrivant cela, je prends finalement conscience, dans la pleine lumière de cette belle fin de matinée ensoleillée, que ma fatigue physique d’hier soir n’était pas la seule raison de mon absurde observation du tournoiement mécanique d’aiguilles horlogères. Plus secrètement agissait en moi un profond sentiment de tristesse et de lassitude. Comme si toute la laideur du monde, le bruit et la foule, d’un coup, dictaient le mouvement du monde…
 
 
Texte publié sur ma page FacebookMichel Santo
 

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Commentaires (1)

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    Martine Réunion

    |

    Quel gâchis !
    Je n’ose imaginer le « paysage » imposé à nos yeux !
    Le profit, toujours et encore….
    Ce projet me révolte et m’attriste en même temps….. Et je n’arrive pas à comprendre ceux qui en sont à l’origine et ceux qui l’autorisent….. 😟

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