Après le Bataclan, sur le chemin des plus belles intentions du Monde !…

 

   

La fille de Monsieur Patrick Jardin a été tuée, et avec elles de nombreux autres innocents, lors d’un spectacle donné au Bataclan, dans des conditions, on s’en souvient encore, ignobles ; un véritable massacre perpétré froidement par un commando d’islamistes agissant pour le compte de Daech. Depuis, il a, dit-il, la « haine » ; ce qu’on peut aisément comprendre, non ?  De cet homme fou de douleur, deux journalistes du journal « Le Monde » ont décidé d’en faire le portrait moral et politique. Et pour ce faire, elles mettent en miroir, notamment, de manière subliminale la personnalité et la lettre ouverte d’Antoine Leiris publiée sur Facebook après la mort de sa femme : « vous n’aurez pas ma haine », elle aussi victime des mêmes terroristes. Circonstance aggravante : la lourde insistance sur ses soutiens par l’extrême droite, et si peu dans le camp dit « progressiste », pour que le rappeur Médine ne puisse se produire, comme prévu, sur la scène du Bataclan. Et ce titre encore : « Un père sur le chemin de la haine » (ce dernier mot « haine » marqué en gras dans sa version papier !), qui annonce le message, sournois, de cet article : d’un côté le mal et la haine, de l’autre, le bien, et quoi donc : le pardon ?  Autant le dire, je n’ai pas supporté cette façon de rendre compte de la douleur de Patrick Jardin – et de ses manifestations publiques et politiques. Car sous le voile de ce texte sans aspérités*, lisse, cruels sont ses effets sur l’image publique de cet homme profondément malheureux. Mais voilà, la bonne conscience n’a que faire de cela : elle emprunte toujours des  chemins pavés des plus belles intentions du monde…

*Ce texte, publié dans la Matinale du journal « Le Monde », est disponible en format PDF en cliquant sur ici.

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