À Montpellier, Paris ou Avignon, des cadres écologistes quittent les rangs. Ils rejoignent La France insoumise. Ce n’est plus une anecdote, c’est une hémorragie. Une ligne de faille qui s’ouvre sous les pieds de la gauche.
Da Empoli poursuit son inventaire. Après le chaos et le mage, voici les prédateurs.
Il décrit la retraite du politique. Les dirigeants parlent. Les flux décident. Les nouveaux souverains tiennent les données et les émotions. Ils sont invisibles.
Au procès en appel de l’assassinat de Samuel Paty, un avocat a parlé. Il n’a pas défendu. Il a sali. Dans le prétoire, lieu de droit et de mesure, l’infâme a trouvé une voix. Des mots pour déplacer la faute. Des mots pour suggérer. Sous la robe, l’excuse morale du crime affleure.
Davos n’a pas fait « reculer » Donald Trump. Il a simplement rappelé que l’Europe parle quand l’Amérique décide.
L’Union européenne reste structurellement dépendante. Militairement d’abord. Sans les États-Unis, l’Ukraine ne tient pas. Les faits sont là : Zelenski négocie aujourd’hui un cessez-le-feu à Abou Dhabi avec Washington et Moscou, pas avec Bruxelles. Une OTAN sans les États-Unis n’est pas une alliance, c’est une hypothèse théorique.
Dépendance technologique ensuite. Services numériques, cloud, semi-conducteurs, intelligence artificielle : l’Europe consomme, régule, mais ne maîtrise pas. Elle sanctionne les plateformes américaines tout en vivant sous leur infrastructure. La souveraineté proclamée ne compense pas l’impuissance industrielle.
Économiquement enfin, l’Europe est tout sauf un bloc. Le vote du Parlement européen contre Mercosur le montre crûment. Il fragilise le cœur industriel du continent, à commencer par l’Allemagne, qui pousse à une application provisoire de l’accord pendant que la France s’y oppose frontalement. Unité de façade, intérêts divergents, stratégie absente.
Dans ce contexte, parler d’un « recul » de Trump relève de l’autosuggestion. Trump ne cède pas à l’indignation morale, mais aux rapports de force. Or l’Europe n’en construit aucun : ni militaire, ni technologique, ni commercial.
Tout s’est d’ailleurs conclu comme toujours : par une négociation directe entre Donald Trump et Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN. Preuve supplémentaire que, derrière les tribunes et les récits, les décisions se prennent ailleurs.
Le vrai danger n’est pas la brutalité de Trump. C’est l’illusion européenne de compter sans pouvoir. Se raconter des victoires symboliques à Davos pendant que les décisions se prennent ailleurs. Le déni stratégique est plus confortable que la lucidité. Il est aussi plus dangereux.
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