Contre-Regards

par Michel SANTO

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Les citoyens-consommateurs rêvés par Hulot et Jadot sont restés à la maison…

 

   

Nouvelles du monde d’après. L’appel lancé par la FNSEA au mois d’avril, pour prêter main-forte aux agriculteurs dans les champs : « desbraspourtonassiette » , avait soulevé un grand enthousiasme. Près de 300.000 candidatures avaient été enregistrées. La preuve, selon de nombreux commentateurs, qu’avec cette crise sanitaire, les mentalités et le monde étaient en train de changer. Nous sommes à la fin mai et 5.000 contrats seulement ont été signés. Les citoyens-consommateurs rêvés par Hulot et Jadot sont finalement restés à la maison et il sera nécessairement fait appel à la main d’oeuvre étrangère, comme dans le monde d’avant. Trop dur ! Et il fait si chaud…

5 heures ! Dehors tout est noir. La ville dort. […]

 

Claude Monet. Peupliers sous le vent.

   

5 heures ! Dehors tout est noir. La ville dort. Assis devant la grande fenêtre du salon, je bois ma première tasse de café. Très chaud et serré, comme d’habitude. J’aime ce moment où tout est silence. Rien ne se montre sur les vitres que la masse formée par trois grands arbres à l’odeur de lilas. Elle bouge à peine sous l’effet d’un léger vent du Nord. L’heure n’est pas encore venue pour lui de se lever. Il donnera alors sa pleine mesure. Le ciel sera très bleu et les martinets crieront. 6 Heures, il fait jour ! Tout est ouvert. Le vert des arbres, leur feuillage en mouvement rafraîchissent ma vue.J’entends un oiseau chanter ; pas longtemps : quatre ou cinq notes seulement. Mais il y a dans ce trille tout un monde de solitude. 7 heures sonnent. De ma terrasse, je vois le soleil effleurer la tour Aycelin. Le ciel est à présent très bleu et les martinets crient. Des éclats de voix se font entendre, comme venant d’un autre monde. Le vent enfin se lève qui au loin plie le haut d’un superbe peuplier

Scène de la vie ordinaire : “Je cherche mes oreilles !”

   

C’est, plongé dans le feuillage d’arbustes buissonneux aux pointes joliment bleutées, qu’en cette fin de matinée, cours Mirabeau, je l’ai aperçu : il était en train d’y tailler, au couteau et à l’aveugle, des branches. Je m’en suis approché et, calmement, lui ai demandé ce qu’il faisait ainsi à la place des jardiniers municipaux dont c’est le métier.