Contre-Regards

par Michel SANTO

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Georges Dillon.

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Je ne juge pas l’histoire et les hommes qui la firent avec les lunettes déformantes du présent. Je ne supporte pas les fausses indignations des vrais dévots d’une République laïque fantasmée. Je souris jaune à la mise en scène permanente du passé pour de petits profits partisans. Et j’ai, pour finir, le plus grand respect pour l’œuvre de Monseigneur Dillon et la pensée du cardinal Lustiger. Mais on me permettra de trouver les cérémonies qui ont présidé au retour des « restes » du grand archevêque à Narbonne dignes d’un médiocre péplum. Cet homme et son « petit tas de secrets » méritait quand même mieux que ces noirs décors au milieu desquels tournoyaient  quelques toges rouges et la blanche hermine de G. Frêche, puissance invitante, qui a réussi le tour de force de brosser son autoportrait tout en feignant de dresser le bilan de son illustre prédécesseur : « Nul n’est parfait ! Tous les grands hommes ont des hauts et des bas. Et beaucoup de gens finissent difficilement. Mais ne compte que ce qui reste… » Les harkis, les blacks et tous ceux qui, hier et demain, ont été et seront humiliés par ce personnage ont déjà fait le leur…Cela dit, la presse locale, muette d’admiration, s’est réjouie de la qualité du spectacle et du talent des acteurs !  

Pauvre Arthur!

 

Arthur-Charles Dillon, fut le dernier archevêque et primat de Narbonne dont il occupa le siège de 1763 jusqu’à son exil sous la révolution. Il mourut à Londres le 5 juillet 1806 et fut inhumé le 11 juillet suivant au Cimetière Saint Pancrace de la même ville. Saint très honoré en Corse d’ailleurs. Et plus particulièrement par les bandits « d’honneur », sous la protection duquel ils se placèrent pour des raisons que les spécialistes de l’île de beauté n’ont pas encore élucidées.

Eh bien, le voilà de retour notre Monseigneur Dillon ! Du moins ce qu’il en reste. C’est-à-dire pas grand-chose.

Point de miracle et de bandits corses,dans cette affaire, mais une farouche volonté, celle du président de la commission archéologique, J. Michaud, et,surtout, le secours providentiel d’une pelle mécanique sur le site de Saint pancrace. Les voies du Seigneur sont décidément  bien impénétrables et offrent à Narbonne, pendant ces trois jours, un décorum d’Ancien Régime.

Pompes et discours, messes et homélies, conférences et petits fours,soutanes et tenues sombres raviront tout le petit gotha républicain et ecclésiastique local réunit pour la circonstance.

On aime cultiver le passé dans nos régions. Toujours forcément glorieux… Des cathares aux archevêques en passant par les révoltés de 1907.. Une manière comme une autre d’instrumentaliser l’histoire.D’oublier un présent si trivial et qui, l’ingrat, résiste,à toutes ces mises en scène sulpiciennes.

Quant à ce que ce retour inattendu suscite un « enthousiasme certain dans l’opinion régionale » et des manifestations de ferveur dans les rues de Narbonne, comme l’espère ses promoteurs, espérons qu’il n’en sera rien. Dans le cas contraire, il y aurait de quoi s’inquiéter pour notre santé mentale collective.


Créer en Corbières-Minervois.


 

27 structures mobilisées pour conseiller créateurs et repreneurs d’entreprises en Pays Corbières-Minervois. 27 ! Oui, pas une de moins…Il doit s’en créer toutes les dix minutes des entreprises du côté de Mouthoumet et de Ferrals pour justifier un tel déploiement de compétences !

Je recommande quand même aux responsables administratifs et politiques de ces structures de s’adjoindre un coordinateur en coordination.Beaucoup d’entre elles coordonnent déjà et le risque d’embouteillage est bien réel .

On aurait donc 28 techniciens, plus 28 « politiques » pour les suivre ( !), plus un cabinet pour évaluer, plus je ne sais qui pour un « observatoire de la création », plus… et plus…

Une caricature de moyens inutilement dépensés sur un territoire où  naît une vingtaine d’entreprises par an. Mais une opportune raison de faire de la communication au prix  du ridicule. Et en miniature ce qui se fait un peu partout dans cette région.


Carême

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Eh bien ! ça décapite sec à l’hôtel de région. Directeur de cabinet, chef de cabinet, patronne de la communication, et je ne sais plus qui encore, à la trappe ! Et on nous annonce une prochaine fournée tout aussi fournie pour très bientôt. Il a une âme de conventionnel, en ce temps de carême, le George Frêche.

Foin de repentir, de méditation et de prières après sa condamnation et son exclusion du PS. Son délateur en chef lui a refilé la liste de ceux et celles dont le zèle servile a manqué au grand chef et hop ! la machine à couper les têtes tourne à plein rendement. D’abord les fonctionnaires et les petits marquis, c’est le plus facile. Ensuite… Aïh ! Aïh ! j’en connais qui doivent consulter leurs archives.

J’avais titré un de mes billets sur la situation au sein de l’équipe régionale: « les dagues sont sorties ». Eh bien nous y sommes. Sauf que les dagues ne suffisent pas à l’énormité de la tâche. C’est à la tronçonneuse qu’on étête…

Philippe


 

Philippe Torreton est un grand acteur. Un mauvais causeur aussi. A la scène, il incarne avec talent tout le génie de Shakespeare et dans la presse, le Midi Libre de ce dimanche, il s’exprime dans un français médiocre sur le tout et le rien. Un échantillon : « le service public a des exigences de volonté ». Un « service public exigeant » devait lui paraître un peu court, sans doute.

Le parler de nos comédiens se rapproche hélas de celui en usage sur les plateaux de télévision et dans les officines politiciennes. Pas étonnant, dans ces conditions, que Monsieur Torreton, qui pourtant se réclame « du génie de Jean Vilar », se laisse aller à dire qu’un mandat de député « le tenterait ». Une autre façon de faire du théâtre, après tout.

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