Contre-Regards

par Michel SANTO

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Un beau ticket

S’il n’y prend gare, De Villepin va se retrouver à la gauche de madame Royal. Dominique ne veut pas du service civique obligatoire. Ségo et sarko, oui… Le premier ministre ne veut pas entendre parler des régimes spéciaux de retraites, nos duettistes en causent. L’autre matin, sur R.T.L, la candidate du PS affirme même que : «  La régularisation massive n’est pas une solution parce qu’elle lève des espoirs considérables dans les pays d’origine. On n’a pas le droit de faire cela, tant pour la dignité de ceux qui fuient la misère que pour la protection des équilibres économiques et sociaux dans nos pays » .Bien ! C’est Sarko qui doit être content … et Fabius qui doit se demander d’où peut bien sortir cette virago socialiste…C’est au karcher qu’elle nettoie le champ des idées, à gauche…Bénéfique pour le PS, hum ! Je ne suis pas loin de partager l’avis de Lionel sur ce point. Pour le moment, c’est la panique chez les éléphants, qui ne savent plus à quels cornacs se vouer. A droite aussi, c’est pas triste. La guéguerre est repartie. Du coup, M.A.M en experte de porte-avions en détresse se demande si une petite opération commando… Pathétique la dame avec ces airs de colonel à la retraite… En fait, si on y réfléchit bien, les français plébisciteraient un Sarko à L’Elysée et la Ségo à Matignon. Ou bien l’inverse . Un beau ticket.Et quel spectacle!

C’est la rentrée!

C’est la rentrée scolaire et j’apprends que selon le Top 50 IFOP-Journal du dimanche  Zinédine Zidane serait la personnalité préférée des Français. Il raflerait, dopé par son peu glorieux «  coup de boule », 66 % des suffrages chez les 15-24 ans.

Mais comment  vais-je donc expliquer à mes petits-enfants qu’il s’est comporté, pendant  cette finale de la coupe du monde, comment un élève de cours élémentaire très mal élevé. Et ce, après que celui qui devrait incarner les plus hautes valeurs morales et civiques de ce pays,Jacques Chirac, ait évoqué une réaction "compréhensible » et que la prétendante à sa succession , Ségolène Royal, ait salué "sa capacité à défendre farouchement les valeurs auxquelles il tient profondément, en particulier le respect dû (…) à sa soeur".

 

Dur ! Je plains nos enseignants, coincés entre la légitimité apportés par nos hommes et femmes politiques,  les médias et les grandes marques de la mode et du sport à ce qui s’apparente à un code d’honneur et leur devoir d’enseigner des principes moraux fondés sur le respect dû à l’être humain, quel qu’il soit.

Quant  à moi, tant pis, je vais devoir assumer encore une fois le rôle du vieux ringard ! Me le pardonneront-ils? Drôle d’époque…

 

 

 

 

 

 

La valse des éléphants

En ces temps d’université d’été  rose, bleu, rouge et noire, ou le niveau des débats  sur les grands problèmes que devra résoudre la future majorité présidentielle tangente le zéro pointé, me vient irrésistiblement aux oreilles  la très subtile «  valse des éléphants » de Camille Saint-Saëns. 

La marée du soir

Comme je le fais souvent le matin,j’ouvre, au hasard, le premier livre qui me vient sous la main.Je lis ceci,page 97,dans l’édition de 1972,chez Gallimard,des carnets (1968-1971)d’Henry de Montherlant:"Cette année 1970,féconde en morts d’hommes publics,a été féconde en oraisons funèbres dithyrambiques,dont les auteurs,dans leurs outrances,perdaient de vue complètement la réalité,et oubliaient aussi qu’ils y disaient tout le contraire de ce qu’ils disaient très peu d’années auparavant:la confusion d’esprit est de tous temps mais surtout du nôtre,et par ailleurs la palinodie est tellement entrée dans nos moeurs qu’elle est inaperçue non seulement du public mais de celui qui l’accomplit." Et, un peu plus loin:"Roule,torrent de la futilité."Tout est dit.Rideau!

Le vol des hirondelles

banniereC’était un matin du moi de juin. Je venais de quitter mon marchand de journaux de la rue du Pont et me dirigeais, plutôt content, vers la place de l’hôtel de ville. Mais, par malheur, je tombai, au sens propre comme au sens figuré, sur le nouvel occupant d’un magasin autrefois spécialisé dans la friandise. Et qui, sans l’habituelle transition météorologique narbonnaise, m’entreprît sur le dur métier de « commerçant de centre ville ». Blindé, je m’apprêtais à encaisser le lot habituel de critiques sur les conséquences néfastes de la piétonisation et du plan de déplacement urbain. L’esprit déjà ailleurs pour en sauvegarder le peu  de considération qui me reste encore envers cette pourtant fort honorable corporation. C’est son regard attristé dirigé vers le ciel qui m’a mis la puce à l’oreille. Les voitures et les piétons ne volant pas encore, je m’inquiétais qu’un pot de fleurs ne nous tombât sur le crâne. En  fait de fleurs, c’est de la fiente des hirondelles dont se désolait notre commerçant. Elles souillaient son auvent de toile récemment installé. Et de me demander tout de go si la mairie  ne pouvait pas faire quelque chose? Abasourdi, je lui fis remarquer que c’était une espèce protégée ( les hirondelles, pas la mairie…), et qu’on ne pouvait pas en demander l’élimination. A sa tête de carpillon privé d’air, j’ai tout de suite compris que ma réponse ne l’avez pas convaincu. Je décidai donc de le planter devant sa boutique pour aller m’installer à la terrasse du « Petit Moka » en la compagnie ironique d’un ballet aérien mêlant joyeusement hirondelles et martinets . Un moment de pur bonheur…

 

                               

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