Installé sur un banc public, Joseph regardait une troupe de jeunes collégiens.
Les garçons, debout, étaient plus nombreux que les filles, assises sur le large muret séparant la promenade des Barques des berges du canal. Tout ce petit monde parlait haut et fort ; riait. Il était 16h 30. L’heure du goûter.
Tous les soirs, après dîner, elle s’enferme dans sa chambre.

Tous les soirs, après dîner, elle s’enferme dans sa chambre. Sans un mot pour sa fille occupée dans la cuisine. Elle apparaîtra plus tard en travers de la porte qui sépare les deux pièces.
Dans quelques heures, le vent va se lever.
7h30. Il fait encore nuit. Des entrées maritimes, basses, lourdes, menaçantes, rasent les toits, couvrent les arbres. Tout est gris. Les rues sont désertes. Pas un bruit. Une dame en noir apparaît. Elle est masquée ; s’aide d’une cane. Un coup de vent lui fait perdre l’équilibre. Elle s’arrête, se redresse, teste ses appuis et repart. Pour disparaître derrière le mur sale d’un immeuble voisin. Dans un ciel à portée de main, on devine aussi le vol lent des goélands. Dans quelques heures, le vent va se lever. Puissant. Violent. Éclateront alors ces masses sombres. Destructrices. Sur la côte et dans l’arrière pays, des hommes s’y préparent. Dans l’angoisse.
Nuits – de mes amis – américaines…
J’ai des « amis » qui, depuis deux jours, ne ferment plus l’oeil de la nuit. Ils vivent à l’heure américaine. Comme si leur vie en dépendait. Une vie qui pour nombre d’entre eux se compte pourtant en un peu plus d’une dizaine d’années. À peine. En étant optimiste !








