Contre-Regards

par Michel SANTO

La rose bleue!

 

Le Parti socialiste vient de boucler son projet de DECLARATION DE PRINCIPES. Une Charte, une constitution qui prend acte, enfin, que le temps des révolutions où l’on fait du passé table rase est bien fini. Même s’il est vrai qu’il y a belle lurette que, dans la pratique du pouvoir, de l’Etat et des Collectivités Locales par les socialistes français, la quincaillerie idéologique de la lutte des classes, des nationalisations et de l’émancipation de la classe ouvrière a été soigneusement rangée dans les tiroirs de la République pour n’en sortir qu’à l’occasion de campagnes électorales, de meetings ou de fêtes de sections. Mais, en cette matière comme dans d’autres bons derniers de la classe social-démocrate européenne, il n’était plus concevable pour le PS de rester dans le 19ème  siècle idéologique. Et l’Internationale ne fait plus vibrer les « bobos ». Dont acte, et réjouissons nous de cette nouvelle rose taillée par d’entrepenantes mains finement manucurées.

Cela dit, c’est la loi du genre, ce texte égrène surtout une série de lieux communs et de pétitions de principes propres à endormir les militants et exciter les journalistes. En voici quelques uns, dans le désordre !


« Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, un secteur public, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale. »

« Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. »
« La régulation est également un des rôles majeurs de l’État pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale.»
« Lutter pour la paix, la sécurité collective et le co-développement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. »
« Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. »
« Le Parti socialiste est un parti laïque. Il défend la séparation des Églises et de l’État. Il veille au respect de la liberté de conscience. »
« Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. »
« le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine.. . » et que «  l’exercice de la raison doit être accessible à tous, acceptable par tous, applicable à tout. »

Là, quand même, faire de la raison un bien accessible à tous comme l’eau, le gaz ou l’électricité, c’est passer les bornes du raisonnable. Priver l’Homme d’une de ses principales facultés naturelles pour la lui généreusement octroyer, c’est en effet soutenir une bien étrange conception de l’émancipation de l’humanité. Condescendante et incomplète, assurément…

Aimer Césaire!






L’élégance et la noblesse d’un poète qui se meurt . Oublié cette fraternelle voix ! Nous vivons il est vrai le temps des Ménard et des reporters sans frontières. Un temps plat, vide. Un temps de coups et de pubs. Un temps de papiers et d’images lisses. Celui de l’actualité.Qui nous prend et nous désespère de ne pouvoir entendre cette parole de vie…

Les lycéens à la rue…

 

Hier,19.000 lycéens (selon la police) et 35.000 (selon les organisateurs) , sur un total de 2 300 000, étaient en « grève » et manifestaient à Paris. Et la presse de titrer « le mouvement prend de l’ampleur ». Pendant ce temps, leurs profs devaient sans doute travailler à diminuer un stock de copies en retard de corrections qui, paraît-il, n’a jamais été aussi important dans l’histoire de la République. Une manière assez originale, il faut bien en convenir, de gérer leur stress et leur opposition à la suppression de l’équivalent de 3.000 suppressions d’emploi. Ce qui, ramené à un lycée de 150 ou  160 professeurs, se traduirait à la rentrée prochaine par 159  et demi ou 149 enseignants ! Ouaf ! Question, est-ce que cela changera quoi que soit au niveau et à la qualité des enseignements dispensés ? Non, évidemment. Car si la France est, après les États-Unis, un des grands pays de l’OCDE qui dépense le plus pour l’éducation et si un lycée y coûte 22 % de plus, ses performances éducatives, elles, nous placent en dessous de la moyenne. Allez donc expliquer cela à des ados qui ne lisent pas et dont les parents se gavent de «  télé-informations » ! Quant à la presse dite sérieuse, il y a belle lurette qu’elle n’informe plus…

PS
 : Pour ceux que le sujet intéresse je recommande
l’étude de JEAN-RICHARD CYTERMANN, inspecteur général de l’administration.

Les jeux de Ménard.

 


Ce Robert Menard commence sérieusement à me fatiguer. Et son arrogance de militant patenté et auto reconnu des droits de l’homme s’exprimant sur tous les plateaux au nom des Reporters Sans Frontières, des syndicats de journalistes, d’Amnesty international, voire du Dalaï lama lui-même, m’énerve. Elle énerve aussi Jean Luc Mélenchon (voir son blog). Comme lui, je ne partage pas un enthousiasme béat pour la réincarnation du Bouddha et considère que si l’on voulait mettre en cause le régime de Pékin il fallait le faire au moment du choix pour les jeux. Cela dit, je n’ai pas de sympathie particulière non plus pour le régime  chinois et ne dirais pas comme notre sénateur socialiste, un des rares hommes politiques cependant à s’offusquer de ce traitement infligé à un grand peuple et au mouvement sportif international, que, sans les communistes chinois, le Tibet de 2008 ressemblerait à L’Afghanistan des talibans. Sans doute un reste de son passé trotskiste !… Non,ce qui m’intéresse surtout dans cette affaire, c’est la manière dont est fabriquée l’info dans ce pays à partir de coups de gueules surmédiatisés montés par des spécialistes des médias. Aussi, plutôt que d’aller dans de plus amples développements, contentons nous des quelques images qui suivent. Edifiantes…

Crise au Tibet – P. Haski (Rue 89) et R. Nusbaum (France 3)
par asi

La vérité de Rollat.

Alain Rollat, ancien journaliste au Monde de 1977 à 2001, écrivait ceci, le 6 février 2004, à Henri Maler, d’Acrimed :

« Etre journaliste – les membres de votre Association le savent aussi bien que moi – c’est faire de l’exigence de vérité sa vertu cardinale. La vérité étant plurielle, cette voie est aléatoire. S’y aventurer, c’est prendre le risque d’y côtoyer l’ignorance, l’erreur et le mensonge. Il y faut de l’expérience et de l’humilité. Il y a des faits qui mentent parce qu’ils sont isolés de leur contexte ou n’apportent qu’une connaissance fragmentaire de la réalité. Il y a des jugements qui déforment parce qu’ils sont fondés sur un intérêt. Il y a une bonne foi qui abuse parce qu’elle reste embourbée dans l’erreur. Les manuels de journalisme sont bourrés d’exemples de ces vérités que l’on ne sait pas voir, que l’on ne veut pas voir, que l’on voit mais que l’on ne peut pas ou ne veut pas dire, de ces vérités que l’on montre à des gens qui ne veulent pas les voir ou que l’on dit à des gens qui ne veulent pas les entendre. Il y a aussi, plus banalement, les vérités que l’on dissimule parce qu’elles démentent celles qu’on affiche… »

Le 7 avril 2008, à Narbonne, où il assurait la promo de son dernier bouquin,un plaidoyer en faveur de G.Frêche, il disait encore ceci, à V.D, de l’Indépendant : « Le pire dans notre profession est de s’aligner par facilité sur les analyses des autres. »

Peut-être! Mais on  peut se complaire aussi dans un livre-enquête singulier et solitaire, comme il vient de le faire,sur ce qu’il considère comme une tentative d’ assassinat politique du président de région  et, à l’occasion, manquer dédaigneusement au devoir de vérité si joliment écrit en …2004 ! Par fascination du pouvoir? Tiré par le même fil rouge qui l’avait amené à prendre celui du  » Monde  » en entraînant les troupes de la CGT, qu’il dirigeait , derrière le couple Colombani Pleynel ? Par ressentiment sans doute aussi envers l’ensemble des médias de ce pays qui n’ont pas su reconnaître en lui l’archétype du journaliste authentique et vertueux. Il est vrai, qu’avec le temps, on échappe difficilement à cette réaction de la conscience : se poser en victime des pouvoirs que l’on a conquis et exercés, en l’espèce celui des médias, quitte à magnifier, en l’occurence et à l’appui de son amertume, ceux qui en abusent en politique… En réalité, A. Rollat, pratique l’art du travestissement et son livre est une enquête… sur lui même ! 

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