𝐒𝐡𝐞𝐢𝐧, 𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐨𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐝𝐞𝐮𝐱 𝐯𝐢𝐭𝐞𝐬𝐬𝐞𝐬.

Shein n’est pas cher.
Et l’indignation s’arrête là où commence l’intérêt du porte-monnaie.
On crie au scandale, on dénonce l’exploitation, la fast fashion, les produits jetables.

Shein n’est pas cher.
Et l’indignation s’arrête là où commence l’intérêt du porte-monnaie.
On crie au scandale, on dénonce l’exploitation, la fast fashion, les produits jetables.

Pendant qu’on débat de réforme et de pouvoir d’achat, Shein débarque. Avec ses tee-shirts à 5 euros, ses livraisons express et ses algorithmes qui flairent la mode avant qu’elle n’existe. Le monde avance. Nous, on subventionne nos retards.

Les députés ont voté le passage de 3 % à 6 % pour la taxe sur les services numériques : la fameuse « taxe GAFA ». Taxe saluée comme « un coup de pied au derrière donné à nos dirigeants », par un Ruffin toujours en pointe dans l’incompétence et l’hypocrisie parlementaire.

Moments de vie : Emballez, c’est vendu. À la recherche d’un cadeau pour Milo. Six ans aujourd’hui. Dans l’espace Enfant de Cultura, des montagnes de livres et de jeux sur les dinosaures. Milo en a plein le garage de ses…

Aurélien Le Coq, député LFI, a trouvé sa formule. Elle tourne bien, elle frappe juste assez pour tourner en boucle : « À quoi sert un actionnaire du CAC 40 ? À rien. Un parasite. »

Zucman ne promet pas de miracle. Sa taxe, qui n’est pas un impôt sur les revenus, n’effacera ni les déficits ni la dette. Elle n’est pas une politique budgétaire, mais un geste moral. Deux pour cent sur les fortunes au-delà de cent millions. Une mesure de justice sociale, dit-il. Une question de morale, pas d’économie.

La France vieillit. Les chiffres le disent, les rapports le répètent, les gouvernements l’ignorent. Pendant qu’on s’écharpe sur le déficit, une autre dette s’accumule : celle du temps perdu. Celle d’un pays qui refuse de se préparer à ce qu’il sait inévitable.

J’ignorais que le Louvre abritait des bijoux. Des vrais. Pas ceux des boutiques de la rue Saint-Honoré. Huit bijoux du XIXe siècle d’une « valeur patrimoniale inestimable » selon les mots du ministère de la culture. Il a fallu qu’un commando digne d’un film de Belmondo les emporte en quatre minutes pour que j’en apprenne l’existence.

« Des crétins » de dix-huit ans ont massacré à coups de barre de fer un homme handicapé. Pour cinquante euros.

Je porte les deux prénoms de mon grand-père maternel : Michel, Joseph. Je l’aimais beaucoup. Il est mort trop tôt. J’avais neuf ans. Longtemps, je n’ai rien su de son arrestation, en 1944, ni de sa déportation à Buchenwald.

Je consulte mon fil d’actualité. Et les flash d’infos des grands médias. Curieusement, silence. Ou presque. Israël et le Hamas acceptent le plan de paix américain. Et soudain, plus rien. Les réseaux se taisent. Les grandes voix s’effacent. On dirait que la paix gêne.

Emmanuel Macron est devenu le bouc émissaire idéal. Facile. Pratique. Il suffit de le montrer du doigt pour absoudre tout le monde : citoyens, partis, syndicats, éditorialistes. Un exutoire commode à une irresponsabilité collective qu’on ne veut pas voir.