La leçon du maire de Pia !…

 
 
 
 
 
 
 
 
Le maire de Pia – dans les Pyrénées-Orientales – Jérôme Palmade, élu sans « étiquette politique », a organisé une « consultation citoyenne » entre le 31 janvier et le 4 février, afin de désigner le candidat à la présidentielle qui aura son parrainage. Et c’est Eric Zemmour qui est arrivé en tête de cette consultation en recueillant 36,55 % des 662 voix exprimées, suivi de M. Le Pen : 28,70 %, E. Macron : 8,90 %, J.-L. Mélenchon : 7,70 %, V. Pécresse : 7,20 %, C. Taubira : 1,60 %, Y. Jadot : 1,60 % … Votants qui se sont mobilisés en nombre (sic), selon la correspondante locale de « l’Indépendant » avec 674 votes enregistrés sur 7600 électeurs (!). Succès dont se pare le maire « ravi de la participation des administrés avec une mobilisation de près de 10 %. La démocratie s’est exprimée et je respecte ce choix ». Sans rire ! Rideau donc !
Rappelons cependant, pour mettre ce résultat en perspective, qu’au premier tour de la présidentielle de 2017, M. Le Pen était arrivé largement en tête dans cette commune avec 41,42% des voix, suivie de J.L Mélenchon : 19,43%, E. Macron : 15,68%, F.Fillon : 11,28 % et B. Hamon : 4,25%…
Chacun tirera ce qu’il veut entendre de ces résultats. Et nombreux sont ceux qui considèreront sans doute qu’ils confortent leurs analyses, opinions, intentions de vote ou préjugés. Pour ce qui me concerne, je constate surtout que ce genre de « démocratie citoyenne ou participative » permet en réalité aux groupes les plus militants et les plus radicaux d’imposer leurs normes et leurs choix. En ce sens, il s’agit bien d’une forme d’escroquerie politique. Et il n’est pas surprenant qu’elle nous soit « vendue »par tous les démagogues de gauche ou de droite qui voient là le moyen d’asseoir une « légitimité » que ne leur donnent pas les « urnes ».
 
 
 
 

Taubiranesques !

       

Frères et sœurs, à la veille de poser ma candidature à l’Académie Française, vous m’avez redonné la force, l’enthousiasme et l’immense joie d’incarner à vos yeux jusqu’ici perdus dans les eaux glauques du désespoir, les immortelles valeurs d’une gauche assoiffée d’amour, de justice et de respect. Ce pathétique appel, frères et sœurs, ne soyez plus résignés, abattus, déprimés, je l’ai entendu du fond de ma discrète et modeste thébaïde littéraire. Soyez fiers de m’avoir noté « bien plus », ne pleurez pas ma calamiteuse prestation devant la fondation Abbé Pierre ; rien, rien jamais ne pourra briser ma volonté de soulever les tumultueuses et libératrices vagues de notre valeureux, merveilleux peuple, et de l’humanité tout entière. Sa parole, sa geste, sa beauté en moi désormais figurées, je les porterai orgueilleusement corps et âme de toute éternité, jusqu’à l’ultime sacrifice. Votre ChT !

     

Pseudo primaire et vrai « dégommage » du PS…

       

Allons droit au but ! Le résultat de la pseudo primaire à gauche confirme mon dernier post sur ce sujet : son objectif était bien finalement « l’élimination du jeu politique du PS », la fin de son hégémonie à gauche. Madame Taubira en a été – et continuera de l’être durant cette campagne –, le « principe actif ». Ce qui, paradoxalement, dans le camp « réformiste » de cette même gauche, favorise objectivement le candidat écologiste Jadot. Un Jadot qui, s’il n’était pas plombé par la moitié radicale de son camp incarnée par Sandrine Rousseau, aurait toutes les chances de virer largement en tête – avec un résultat toutefois « ridicule » – des candidats de la gauche « réformiste, lors du premier tour de la présidentielle. Absente du deuxième tour, la question qui se pose à cette dernière, dès aujourd’hui est donc très simple, parce que tout bonnement existentielle : « ces trois-là : Hidalgo-Jadot–Taubira », et ce qu’ils représentent, s’uniront-ils ou pas aux législatives qui suivront ? Une question existentielle, disais-je, tant l’aspect financier conditionne tous les autres (du nombre d’élus à l’Assemblée dépendent les finances et le fonctionnement des partis). Et, deuxième question subsidiaire, mais non moins importante, qui, de ces « trois-là », fera le meilleur score à la présidentielle pour imposer son « jeu » aux deux autres aux législatives. Je parie pour Jadot ! Nul doute que dans les départements et circonscription, les appareils politiques concernés planchent déjà sur ces questions. Et, pour en mesurer les difficultés, il suffit de jeter un œil sur le contexte politique de ma région Occitanie, par exemple, avec une présidente PS, Carole Delga, dont le premier Vice-Président est le PRG Taubiranien Didier Codorniou, élue après avoir refusé toute alliance de deuxième tour avec les Verts…

Le PRG tire le missile Taubira sur le PS… et la gauche.

     

Ce matin, dans le seul journal local de ma petite ville qui jadis fut cependant capitale, le PRG de l’Aude au complet – une vingtaine de militants tout au plus : un « grand rassemblement » selon les normes statistiques de ce micro parti – faisait la « Une » et la photo pour appeler les « sympathisants de gauche » à participer à la primaire populaire et voter pour leur candidate à la Présidentielle, leur nouvelle égérie et pompeuse poétesse, madame Christiane Taubira. Une primaire dont les organisateurs se sont arrogés le droit de départager les candidats de gauche à la façon d’une directrice d’école maternelle, en distribuant à des candidats qui ne le sont pas, notamment et surtout Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo, des appréciations infantilisantes : «très bien», «bien», «passable» – traduire pour cette dernière par « médiocre » et « nul ». Une fausse primaire « spontanée et citoyenne » donc, outrancièrement ridicule, et dont le seul objectif est en réalité de propulser la candidature-torpille de C. Taubira pour faire exploser ce qui reste encore des partis de gauche. J’observe aussi que, dans ma Région Occitanie où le PRG et ses leaders, peu nombreux, certes, mais qui occupent des positions de pouvoir importantes offertes à eux par un PS maître de la Région et de nombreux Départements, ce dernier assiste, muet, comme une taupe, à cette offensive « liquidatrice » de Taubira et du PRG réunis. À croire que dans l’inconscient collectif de ce dernier, la fin d’un cycle politique de 50 ans qui l’avait amené aux plus hautes responsabilités de l’État, était déjà acté. Quand on en fera l’histoire, on ne manquera pas de relever, anecdotiquement cependant – faut pas pousser ! –, que le PRG n’aura finalement jamais cessé de jouer le double jeu du soutien et de la « trahison ». En attendant, pour reprendre les mots d’un ami, on aura tout vu ! Avec du « mélo » à la façon tortueuse d’Arnaud, jusqu’au comique dodu de François, en passant par le cynisme rageur de Jean Luc, la « fausse naïveté » de Jadot, la démesure tragique d’Anne et la grandiloquente morgue d’une Taubira. Mais quel spectacle, tout de même !

 

* Les deux primaires organisées par les socialistes avaient rassemblé 2 millions de votants en 2011 et 1,6 en 2017.

* * Un PRG qui n’aura finalement cessé de jouer le double jeu du soutien et de la « trahison » avec le PS.

 

Illustration : Page Facebook  Édouard Rocher.

       

Articles récents