Midi Libre n’a jamais été un journal tranquille. Il est né dans l’après-guerre, dans la poussière des imprimeries que l’on secoue comme on secoue une démocratie neuve. Il portait haut les couleurs d’un Sud qui croyait encore au courage des hommes et aux mots simples. Puis le temps a passé. Et les prédateurs sont arrivés.
Étrange silence. Le Chili vote, un candidat d’extrême droite frôle la première place au premier tour de cette présidentielle et chez nous… rien. Quelques lignes à peine dans mon journal régional. Comme si ce qui se passe là-bas ne nous concernait pas.
Pourtant, le Chili raconte exactement ce que nous vivons : peur, colère, lassitude du politique. Là-bas, deux mots dominent la campagne : criminalité et immigration. Ici aussi.
José Antonio Kast semble donc pouvoir l’emporter contre la candidate de gauche Jeannette Jara. D’autant, qu’en parallèle, de ce premier tour, hier, la droite a remporté la majorité au Parlement et au Sénat chilien. Et nous lisons ça comme une note de service. Comme si l’extrême droite au pouvoir n’était plus un choc mais une option de menu.
On se croit immunisés, protégés par l’histoire. Illusion. L’Amérique latine nous ressemble trop pour qu’on la regarde sans frisson. Quand la démocratie ne répond plus à l’angoisse quotidienne, le reste suit.
Le Chili vote. L’Europe détourne les yeux. Mais derrière ce scrutin, c’est notre futur qui se reflète. En plus lointain, à peine déformé.
La question n’est pas de savoir ce que feront les Chiliens le 14 décembre. La question est : combien de temps avant que la même scène se joue chez nous.
En pleine lumière, sans que personne ne feigne la surprise ?
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