Quel dimanche ! Et quelle profusion d’écharpes rouges, de foulards blancs et de tee shirt , qui l’étaient tout autant, blancs, sur le parvis des Halles; et que de tracts, cartes postales et feuillets électoraux de toute couleur et tout format à « ne plus que savoir en faire », ainsi que le chantait celui qui pleurait sa montagne et célébrait des amours qui jamais ne sont heureux, comme des lendemains d’élections, pour ceux qui les perdent, évidemment ! … Et dans quelle confusion symbolique se présentaient les équipes politiques en compétition pour les prochaines municipales ! Du virginal pour les « rosiéristes » de Jacques Bascou, nombreux ; du sanguin pour les anciens « nouveaux narbonnais », en masse . Privé du référentiel symbolique classiquement utilisé dans ces campagnes électorales , le chef de file des communistes, accompagné d’une maigre troupe, lui, s’en allait tête basse au milieu de la foule, fâché tout rouge… Seule sa prolétarienne barbe exposait ce qu’étaient ses combats … Du blanc et du rouge , il y en avaient aussi , Samedi matin, devant l’hôtel de ville. Madame la première adjointe, bourgeoisement vêtue, remettait les clefs de la ville à la jolie reine du Carnaval. Elle était accompagnée d’une troupe de seniors masculins rougeauds et enjupettés de couleur neige, déguisés en extravagantes et néandhertaliennes majorettes. Ils jetaient des confettis … et avec quelle élégance ! Un remède contre la « théorie du genre »… Maman ! Bref ! cette dernière fin de semaine était placée sous le signe des masques et du déguisement. Carnaval est arrivé, …
Dans le Monde.fr, ce titre: « Un quart des Américains (26 %) ignorent que la Terre tourne autour du Soleil »; et ce commentaire d’un internaute anonyme ( Gérard.B ) : « Oh là! tout dépend de l’emplacement du référentiel. Tenez si vous le placez à l’Élysée, en mettant l’axe des x allant du perron vers la grille d’entrée, l’axe des z montant à la verticale du perron et l’axe des y de façon à ce que le repère soit orthonormé, il est incontestable que le Soleil tourne en première approximation autour du président Hollande à condition qu’il reste assis dans son bureau. Évidemment s’il se met lui aussi à tourner de gauche à droite, le problème devient très compliqué. » Prodigieux !
Je ne me suis pas attardé dans le coeur des Halles, Dimanche matin. Moins de ferveur qu’habituellement ! Pourtant , les mêmes fidèles en quête de nourritures platement terrestres, en général des dames, ou grassement spirituelles, quasi exclusivement des hommes – toujours rassemblés autour des mêmes « tonneaux » – , y vaquaient à leurs traditionnels offices. Une lithurgie dominicale d’un grand classique : les files d’attente pour les femmes, les « tonneaux » pour leurs hommes; la « bouffe » pour les unes, l’apéro pour les autres … Un concentré de stéréotypes genrés comme autant de marqueurs sociaux scandaleusement inégalitaires, la parfaite illustration d’une moyenâgeuse division du travail domestique qu’il conviendrait en toute urgence de révolutionner ; et la confirmation surtout de l’utilité des ABCD de l’égalité promus par Najat et Vincent, non seulement en maternelle, mais aussi dans ce temple de la consommation que sont les Halles de Narbonne. Haut lieu de socialisation, de communion et de représentation, elles ne sauraient échapper en effet à ce vaste et profond mouvement de normalisation « progressiste » qui manifestement fait la joie de notre bon vieux peuple usé et rabougri . J’en profite pour suggérer au président des dites Halles, s’il ne veut pas être la prochaine victime d’une attaque foudroyante de Femens narbonnaises, de prendre des initiatives en ce sens. Une Gay Pride dans l’axe poissons-volailles ferait dans un premier temps l’affaire … Je dérape ! Que vous disais je au juste ? Ah oui, que j’étais pressé d’aller fouiller dans les présentoirs de mon bouquiniste installé devant la grande entrée. Là, sur le parvis, sous la grande horloge, en plein vent – froid -, quel monde, il y avait ! Surtout des évangélistes laïques animés d’une grande ferveur distributive, d’au moins trois des listes en compétition dans la campagne des municipales. Sabine, souriante, m’a gentiment donné une jolie carte postale de Jacques Bascou ; Robert, un brin bourru, un tract d’une couleur jaune non répertoriée signé Didier Mouly ; et un monsieur, que je ne connais pas, un feuillet bleu – enfin bleu ! – orné d’une magnifique et grossière faute d’orthographe – ou d’impression, allez savoir ! – vantant les compétences du candidat Constantin … Pinet de l’UMP , lui , se reposait du meeting de la veille, auquel participait aussi un commando d’espions venus de la droite apolitique ( ! ) – qui porte désormais des écharpes rouges ( re ! ) – munis de compteurs professionnels, de téléobjectifs et d’enregistreurs. Une indiscutable preuve de confiance et d’amitié qui fait plaisir à voir ! Un peu plus loin, près du monument aux morts, deux fossiles vêtus de robes de bure blanches étaient agrippés à une immense croix en bois naturel, comme un couple de croisiéristes passé par dessus bord le serait avec un transat bourré de catalogues de vacances d’hiver … Quelle époque tout de même ! sans profondeur historique, déritualisée ; toujours orientée vers des futurs fantasmés et radieux ; froide comme des écrans plasma sans images; une société où la caricature toujours en tout domaine se présente comme la forme d’expression de référence … Un peu perdu dans ces brumeuse pensées, je me disais que peut-être ce soir nous serions quelque uns , dans un léger mouvement de retrait, à faire sauter des crêpes joliment dorées en souvenir d’un temps où de rugueux paysans, flambeaux à la main, processionnaient à travers champs la nuit tombée …
Pour la première fois, au mois de mars prochain, les électeurs choisiront non seulement les élus qui dirigeront leur commune, mais aussi ceux qui, parmi eux, siègeront dans leur intercommunalité. Ainsi, dans ma petite ville de Narbonne qui se veut grande, comme toutes ses voisines d’ici et d’ailleurs, d’un seul bulletin nous élirons , de fait, un maire – même si cette désignation appartient au futur conseil municipal – et , certainement, si le maire sortant était réélu, le président de la communauté d’agglomération : le Grand Narbonne, moins assurément, en cas de victoire de la droite et du centre droit, compte tenu du rapport des forces gauche droite dans les autres communes membres. Bien ! Dans un tel contexte, où les électeurs ne « voient gouttes » dans la répartition des compétences entre ces deux niveaux institutionnels: commune et communauté d’agglomération, on aurait pu penser qu’un effort de pédagogie serait fait pour éclairer le choix des électeurs … Mais force est de constater , à travers ce que je peux lire des propositions et des programmes qui commencent à être distribués, qu’à l’inverse , en sus de mesures proprement et classiquement démagogiques, loin d’éclairer les esprits « sur qui fera quoi ? » on les enfume plus que jamais … Prenons un seul exemple: celui des entreprises, que tous les candidats veulent évidemment aider … Quelle n’a pas été ma surprise de lire sous le logo d’une liste promouvant « la bonne gestion », une série d’initiatives en leur faveur que leur leader prendrait dès son installation dans le fauteuil de maire, mais qui, depuis plus de 12 ans , relèvent de la seule compétence de la communauté d’agglomération : le Grand Narbonne ; et qui, de surcroît, sont illégales !… Je lis aussi, à l’instant, dans un tract de ce matin, sous l’accroche « Bien gérer pour mieux agir », qu’il faudrait redistribuer les budgets de la « communication municipale »,« afin d’aider et favoriser la promotion des entreprises », ce qui, encore une fois, n’est tout simplement pas possible : la compétence « économie » et les « aides indirectes » aux entreprises, je me répète, ne relèvent que du Grand Narbonne . Il suffisait pourtant de presque rien pour ne pas tromper les électeurs et faire preuve d’un peu de pédagogie. Préciser simplement : « si je suis élu maire de Narbonne et Président du Grand Narbonne, voilà ce que je ferai pour les entreprises, dans les transports etc … ». Un presque rien qui changerait tout dans la perception que se font aujourd’hui les électeurs d’un territoire; un presque rien qui prouverait aussi , pour ceux qui aspirent à conduire les affaires de la cité, de vraies compétences à bien gérer pour mieux agir …
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