Soudé à la paume des ados. Il vibre, clignote, alerte. Il est tout. Sauf un téléphone. Essayez d’appeler vos petits ou grands petits-enfants. Rien. Le néant. Vous fixez l’écran. « Appel en cours. » Eux, ils scrollent. TikTok, mèmes de chats, petits cœurs. Le monde peut attendre. Sauf urgence. Urgence, ça veut dire contrôle de maths. Ce n’est pas du mépris. C’est une stratégie. L’appel vocal, pour eux, c’est brutal. Ça surgit. Ça impose. Ça oblige à parler, là, maintenant. À bafouiller. À mentir. À se justifier. C’est non. Alors ils préfèrent les messages. Les DM. Les snaps. Les vocaux bien pesés, avec pause dramatique si besoin. Le mot juste. Le bon emoji. Et s’il faut ghoster, on ghoste. S’ils voient « Papa ou Papy mobile », ils laissent sonner. Et répondent après. En texto. Maîtres du jeu. Ce silence n’est pas une fuite. C’est une forme de contrôle. Une façon de dire : « Je choisis quand je parle, et comment. » Et nous ? On insiste. On appelle encore. On espère. Peut-être faudrait-il faire autrement. Prévenir avant. Envoyer un message. Ou se taire. Ils ne coupent pas le lien. Non! Ils le redessinent. À leur façon. Par images et silences. Indifférents à nos reproches. Moqueurs. Ils nous demandent de mieux s’ajuster. Pas de moins communiquer. Ils ont peut-être raison.
Ce billet fait suite à deux conversations, ce matin, avec des grands-parents qui, comme moi, s’irritent parfois de ces façons de communiquer de leurs propres petits enfants.
Il était 6h17. Seul. Dans la cuisine. Le premier café. Les fenêtres ouvertes sur un ciel nuageux. Le silence était frais.
Les martinets chassaient. Les hirondelles aussi. Plus discrètes. Elles jouaient. Un goéland cria sur un toit. Les grands arbres frémissaient à peine. Ils annonçaient un fort vent.
Une vieille femme tirait son petit chien sur la pelouse. Elle portait une robe de chambre bleue. Ses cheveux gris étaient en désordre.
Dans la rue, les feux jaunes d’une voiture de nettoyage clignotaient. Un homme en sortit. Il ramassa des cartons sur le trottoir. Les jeta dans la benne.
Une balayeuse suivit. La ville se réveillait. Les voix montaient. Le jour se levait.
Je pensais que c’était juste un rhume. Puis la gorge a brûlé, la tête a cogné. La fatigue est arrivée, lourde. J’avais attendu trop longtemps. Vous avez de la chance, Michel, l’infection n’a pas atteint les poumons, m’a dit Virginie. Cortisone et antibiotiques, pour finir.
Le tréfonds vorace de notre espèce, ne déroge jamais à la règle. Une évidence qui vous saute au visage dès les premières lueurs du jour, pour peu que vous preniez la peine d’ouvrir l’œil.
Le temps passe. Il emporte les voix et les visages. Les gestes s’effacent. On croit à la ruine. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
Aujourd’hui, il y avait l’air du large.L’espace.Le bruit des vagues. Puis Neptune. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
Aujourd’hui, dans L’Indépendant, un article signé Joël Ruiz revient sur la réunion de concertation organisée à Fitou autour du projet de ligne LGV Béziers–Perpignan. […]
Le canal ne bouge pas. L’eau retient tout.Des péniches. Des vies à quai.Gratitude, peint à l’arrière. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
Comme chaque année MuguetPois de senteur Les tiges rapprochées Un fil de raffiapassé deux fois Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]