Jeudi dernier, notre Alphonse, qui se présente modestement, à lui tout seul, sous l’étiquette « Je suis Narbonne », nous invitait à trinquer « en toute convivialité » dans une « ambiance chaleureuse » à l’inauguration de la permanence du Rassemblement Narbonnais, la sienne aussi après ses publiques et médiatiques embrassades avec le sieur Daraud. Je ne sais si les bouchons sautèrent, et les canons avec, lors de cette surprise-partie bleu marine, mais, depuis, Alphonse a la gueule de bois. Pour tout dire, il fait la tronche ! Daraud n’est plus le grand démocrate et l’économiste de génie qui le faisait vibrer hier encore dans les colonnes de l’Indépendant. Depuis, notre Alphonse, amant déçu, est reparti « au turbin » — comme dans la chanson ! — ; et cherche un nouveau Théodule (familièrement Dudule* !) pour le nourrir de sa pensée — profonde — et de son programme — prodigieux…
*Dudule est, aussi, une marque spécialisée dans le matériel pour la pêche au coup. Son slogan : « Avec Dudule, le poisson pullule ! »
Lundi 11 novembre, il est 16h 45, j’entre dans la boulangerie-pâtisserie Maury située dans le centre-ville et me range dans la file d’attente. Devant moi, deux dames palabraient en castillan : l’une, plutôt forte, voulait impérativement un éclair au chocolat, l’autre, plutôt mince — qui tenait le porte-monnaie —, ergotait, hésitait, soupirait ; balayait l’étal empli de tartelettes aux fruits, flans, babas… en tous sens ; fouillait de ses yeux gourmands l’ensemble offert à sa tentation pâtissière. Revenue à son point de départ elle montre du doigt à la serveuse lassée, une banale brioche qu’elle avait originellement sous son nez ; ladite serveuse promptement l’encaisse, la face contrariée : la mienne, en signe de solidarité, et dans le même langage universel, l’était aussi. Pendant ce temps, à ma droite, un minuscule bonhomme dans d’amples et antiques vêtements noirs, sales, fanés et fripés, déposait sur le comptoir une pièce de 10 centimes et une clef afin de régler sa commande : un verre de jus d’orange ! Sur sa tête de moineau, une casquette XXL d’une couleur indéfinie reposait fort heureusement sur sa monture de lunettes, qui, elle-même, prenait appui miraculeusement sur un pif long et pointu en forme de promontoire. Sous son bras gauche, collé contre son flanc, une boîte d’emballage de pizza vide : on aurait dit qu’elle sortait d’une machine à broyer : concassée, la boîte ! La deuxième serveuse, impassible, le regardait sans un mot attendant la suite de son règlement, qui n’arrivait toujours pas, tandis que notre bonhomme fouillait méthodiquement dans toutes ses poches d’une profondeur ahurissante. Ses mains et ses bras y disparaissaient jusqu’aux épaules ! Des mies de pain, des bouts de papier, deux pièces d’un centime d’euros et une nouvelle clef finirent par en sortir pour compléter son premier acompte. Le quidam n’avait évidemment pas de quoi payer. Je réglais donc son achat, amusé, pendant que le bougre reprenait vivement sa menue monnaie et ses petites clefs, tout en m’adressant un aristocratique : « Je vous dois combien monsieur ? » Sur quoi il s’en est allé jusqu’à l’entrée de la boulangerie, s’est retourné, a toisé sa serveuse, ou la petite compagnie que nous composions — qui sait ? —, pour nous gratifier d’un sonore et vibrant : « bande de cons ! »
Dans son dernier livre « l’illusion régionale : la réforme territoriale en question » (éditions Cairn, mai 2019), le géographe Georges Roques revient sur les bouleversements récents de l’organisation territoriale, consécutifs à la réforme engagée voilà cinq ans sous la présidence de François Hollandeet le passage, notamment, de vingt-deux à treize régions. Nous connaissant depuis longtemps et ayant travaillé ensemble sur des questions de stratégie régionale et d’aménagement du territoire concernant l’ex-Languedoc-Roussillon, les analyses qu’il développe dans son dernier ouvrage ne me sont pas inconnues, comme ses plus récentes, d’ailleurs, sur la réforme territoriale — le sujet de cet ouvrage —, analyses que je partage dans leur ensemble.
Quatre perles de campagne, arbitrairement sélectionnées, je le confesse :
La première, offerte par la porte-parole Verte de Narbonne en Commun : « Concernant l’urgence climatique, également au cœur des préoccupations des habitants, nous nous devons de trouver des solutions quant au nombre important de climatiseurs qui font grimper de 3° parfois la température en centre-ville » Lesquelles ? En interdire l’achat, l’installation etc. Impossible ! « Démago » et stupide. Et la seconde, d’un même éclat que la précédente : « ralentir la prolifération du goudron… » Parce que le goudron, comme les algues vertes, prolifère, n’est-ce pas ! Et que la réfection des chaussées et des trottoirs pourrait se faire en terre battue bio, peut-être…
Celle de David Granel, de Narbonne XXI, brillante, n’est pas mal non plus : « Narbonne mérite une véritable locomotive économique efficace pour que Narbonne se développe et rayonne enfin » Une locomotive économique ? Quézaco ! Une entreprise ? de quelle taille, et où donc est-elle, et qui va aller la chercher ? Vite un nom !Bref ! Une phrase qui honore la SNCF, encore que ! , mais incompréhensible et tout aussi « démago » que les précédentes vertes. L’économie est, de plus, une compétence du Grand Narbonne
Enfin — pour le moment — la dernière, en cadeau, de Mouly ou Malquier, je ne sais, sur la rénovation du Parc des Sports et de l’Amitié : « On attend la réponse de l’Agglo » Pour une subvention ? Tiens donc ! Sauf, que c’est juridiquement impossible : elle n’a pas la compétence !Carton rouge, donc ! Une Agglo structure un territoire, elle ne le saupoudre pas.Entre parenthèses, la future direction de l’Agglo devra balayer dans ses statuts et ses fonds de concours pour éviter à l’avenir ce travers redistributif de culture, si je puis dire, départemental…
Ce matin, devant l’agence de la Société Générale, à quelques mètres de son entrée, un petit bonhomme, maigre et chétif, tenait en laisse un petit caniche aux poils roux, court sur pattes et à l’aspect souffreteux. Il le regardait, rêveur et attendri, pisser joyeusement sur le mur de la banque en question. La foule du jeudi matin — jour de marché — vaquait à ses occupations domestiques et balladeuses, indifférente, quant une dame en sortit vivement pour se précipiter vers le chien pisseur et son maître, la tête en avant, ses bras faisant de larges moulinets, pour les prendre violemment à parti : « Monsieur c’est dégueulasse ce que vous faites ! » L’autre, surpris par cette soudaine — et inattendue — interpellation, s’est aussitôt engouffré dans le hall de l’agence bancaire pour s’y planquer, tout en rouspétant et tirant de concert sur son chien paniqué, la patte arrière toujours relevée et toujours pissant, la furie hygiéniste à leurs trousses. Et là, coincé dans cette entrée et objet de l’attention de tous, ce monsieur s’est entendu dire, certainement pour la première fois de sa vie d’accompagnateur canin, un retentissant et définitif : « Monsieur, vous êtes un gros con ! ».
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