Contre-Regards

par Michel SANTO

Il faut si peu de mots…

Chaque soir, je lis trois ou quatre pages du journal tenu par une jeune femme juive de 27 ans, Etty Hillesum, de 1941 à 1943, à Amsterdam.Comme l’écrit Yann Moix,  » On dirait de la lumière qui parle « . Qui illumine vos nuits aussi. Comme ce texte lu, hier, pendant que tout autour de moi dormait:  » Vendredi soir, 7 heures et demie: Cet après-midi, regardé des estampes japonaises avec Glassner. Frappée d’une évidence soudaine: c’est ainsi que je veux écrire. avec autant d’espace autour de peu de mots. Je hais l’excès de mots. Je voudrais n’écrire que des mots insérés organiquement dans un grand silence, et non des mots qui ne sont là que pour dominer et déchiffrer ce silence… comme cette estampe avec une branche fleurie dans un angle inférieur… Il faut si peu de mots pour dire les quelques grandes choses qui comptent dans la vie… Ainsi les mots ne devraient servir qu’à donner au silence sa forme et ses limites. Chaque mot serait comme une pierre milliaire ou un petit tertre au long de chemin infiniment plats et étendus, de plaines infiniment vastes…  » ( pages 121 et 122 dans la collection Points-Seuil )  Et le 3 septembre 1943, quatre jours avant de partir pour Auschwitz, où elle meurt le 30 novembre:  » Ce matin une de mes collègues m’a dit faisant allusion aux situations dramatiques qu’on voit ici:   » Tout instant de la vie où on manque de courage est un instant perdu . » Bon, je vais chez le coiffeur.  » (page 344). Elle avait 27 ans!

Lagrasse, Quignard et l’effroi.

 Quignard

Lagrasse est un des rares endroits silencieux dans cette région un peu trop complaisante à l’égard de touristes drogués aux décibels. Les seuls bruits qu’on y entend en ce début du mois d’août sont ceux des livres que l’on feuillette et des voix qui les commentent. Celle de Pascal Quignard, l’invité du « Banquet du livre», est légèrement grave et profondément douce. Elle ressemble aux titres de ses textes : « Le vœux de silence », « Le lecteur », « Les ombre errantes », « Tous les matins du monde »… Qui sonnent comme une viole de gambe.

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