Chronique de Narbonne et d’ailleurs. Le « système » Nicollin mis à nu dans l’Express par Manuel Cudel …

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Formidable dossier dans l’Express de cette semaine, conçu et écrit de main de maître par Manuel Cudel, le rédacteur en chef de l’agence narbonnaise du Midi Libre. À sa lecture, rien de nous est plus étranger des relations de toute nature de « Loulou », le « roi des poubelles », avec ces mondes du sport, de la politique et des affaires aux frontières disons poreuses . Sarkoziste militant au vocabulaire puissant et dévastateur, Nicollin , la larme à l’oeil, ne se rend-il pas deux fois par an sur la tombe de l’ancien président socialiste de Région, George Frêche?  Il est vrai cependant que ces deux fortes personnalités entretenaient de réelles et sincères relations d’amitié. Et à bientôt 72 ans, le président du MHSC est bien connu pour avoir fait d’un ancien club de quartier de Montpellier un champion de France de football. Un investissement et un succès fondé sur un principe simplissime résumé par l’intéressé « Je sponsorise dans les villes où je travaille ». Sponsoring auquel il consacre un budget de 2 millions d’euros par an. Une arme d’une efficacité redoutable dans la conquête de nouveaux marchés qui l’amène à dire, le 3 novembre 2014: « On aurait les poubelles à Béziers, ça me déplairait pas de m’occuper à nouveau de l’ASBH». Ce que le maire, Robert Ménard, confirme à demi-mot. Manuel Cudel résume ainsi l’art de Loulou: « Dans ses relations avec le pouvoir, le patron du groupe Nicollin se montre, malgré sa corpulence, aussi habile qu’une danseuse étoile. » Homme de réseau, ce dossier nous éclaire aussi sur ses relations avec tout ce qui compte, à Montpellier notamment. S’il demeure, par exemple, le plus vieil apprenti maçon de France, il n’en est pas moins un des plus influents dans cette petite galaxie des quelques clubs gravitant aux frontières de l’économie et de la politique. De tout cela, comme du management de son entreprise, de la gestion de sa succession, de sa réussite et de ses échecs; de ses coups de coeur et de ses coups de gueule, rien n’est laissé dans l’ombre par Manuel Cudel et Sylvain Morvan. Le tout dans un style clair et imagé, qui ajoute un vrai plaisir de lecture à cette enquête approfondie, sans être pour autant à charge. Un dossier qui restera comme une référence pour tous ceux qui s’intéressent à la vie économique, politique et sportive de cette région… Du très bel ouvrage!

Chronique de Narbonne. Un salon mal placé et une mauvaise « occase »!

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Stupeur en lisant cet article du Midi Libre, ce matin, à la terrasse d’un café situé juste en face des Barques de Cité. Le salon de la voiture d’occasion – voir mon billet précédent -, qui a envahi durant trois jours le centre-ville de Narbonne, aurait été « plébiscité » par les narbonnais… C’est un des quatre permanents de la délégation régionale du Centre National des Professions de l’Automobile, un nommé Anduze, qui l’affirme. On ne devait pas être dans la même ville, ni le même quartier… Et le journaliste qui a reproduit ce compte-rendu d’activités d’un monsieur qui a la charge des relations avec les collectivités dans son organisation professionnelle, non plus. Car des voitures en rangs serrés, il y en avait, certes, beaucoup de part et d’autre de la Robine, mais des visiteurs ou de simples flâneurs – une de mes lectrices prétend en effet éprouver du plaisir à baguenauder entre capots et calandres, la tête dans les étoiles… sans rire! –  au compteur, si je puis dire, ils étaient visiblement ailleurs. De la tôle et des drapeaux de marques automobiles, oui, mais point de présence humaine, ou si peu. À l’exception des vendeurs: une vingtaine, et des animateurs des stands publicitaires de la presse locale, qui n’animaient rien… D’ailleurs, l’Anduze en question fait lui même état d’une centaine – arrondie! – de véhicules vendus en trois jours pour 10 concessionnaires. Faites le calcul: 3 par concessionnaire, en moyenne! Un bide. Et nous et tant d’autres privés de bancs, sauf à se retrouver derrière le « cul » d’une « occase ». Vivement demain, quelqu’unes stationnent encore côté Barques. Et qu’elles retournent vite dans leur garage… À leur place!

Pages de Saint Simon: « Tout est habit dans ce monde… »

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Extrait de: Saint-Simon, Louis de Rouvroy, duc de, 1675-1755. « Pages choisies des Mémoires du duc de Saint-Simon. » Mon eBook pages 15,16,17.

L’illusion était parfaite ; nous apercevions un monde sublime et pur. Dans les galeries de Versailles près des ifs taillés, sous les charmilles géométriques, nous regardions passer le roi, serein et régulier comme le soleil son emblème. En lui, chez lui, autour de lui, tout était noble. Les choses basses et excessives avaient disparu de la vie humaine. Les passions s’étaient contenues sous la discipline du devoir. Jusque dans les moments extrêmes, la nature désespérée subissait l’empire de la raison et des convenances. Quand le roi, quand Monsieur serraient Madame^ mourante de si tendres et de si vains embrassements, nul cri aigu, nul sanglot rauque ne venait rompre la belle harmonie de cette douleur suprême; les yeux un peu rougis, avec des plaintes modérées et des gestes décents, ils pleuraient, pendant que les courtisans, « autour d’eux rangés, » imitaient par leurs attitudes choisies les meilleures peintures de Lebrun. Quand on expirait, c’était sur une phrase limée, en style d’académie ; si l’on était grand homme, on appelait ses proches et on leur disait :

Chronique de Narbonne. Naufrage à la Société Nautique de Narbonne. Qui pilote, qui commande?

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« Contrairement à certaines rumeurs qui ont circulé ces dernières semaines, le Championnat de France Espoirs Extrême Glisse 2015 aura bien lieu à Narbonne. » C’est ainsi que commence cet étrange communiqué de la Fédération Française de Voile, daté du 29 mai! Communiqué dont j’ai pris connaissance hier soir, très tard… Des rumeurs, nous dit cette Fédération, alors que cette décision d’annulation a été officiellement prise par le Comité Directeur de la SNN et, qu’à ma connaissance en tout cas, il ne s’est pas réuni depuis pour l’annuler – si tant est que juridiquement il puisse le faire! Des dirigeants de la SNN muets, jusqu’à l’heure où j’écris ces lignes, alors que son Président Robert Déjean, proche parmi les proches de Didier Mouly, s’est vu, de fait, publiquement critiqué par ce dernier, après l’immense tollé soulevé par la décision de son équipage; le maire de Narbonne exprimant le souhait que ce championnat  soit maintenu. Étrange communiqué, en effet; et de quoi s’interroger tout de même sur « les éléments de langage » utilisés par cette Fédération, sa véritable « source », les fondements juridiques de ce retournement de situation, et l’identité du véritable pilote de cette SNN: Robert Déjean et sa majorité au Comité Directeur, ou Didier Mouly. Inutile de préciser qu’après avoir critiqué, hier, cette annulation (1), je me réjouisse, aujourd’hui, de son maintien. S’il était officiellement confirmé, évidemment, par les premiers intéressés. Demain, dimanche, peut-être! 

Photo: source ForumTram-riders  (ici)

(1) Ce qui m’a valu des remarques particulièrement salées d’un des membres de la SNN, et non des moindres – je tairai son nom par charité profane – pour qui cette manifestation serait « surtout regrettée par ceux qui regardent depuis leurs douillets bureaux s’activer les bénévoles et viendront faire les beaux à la remise des médailles en pensant à leur prochaine élection »

Chronique de Narbonne et d’ailleurs. La grande librairie de François Busnel était au Somail, en Narbonnaise…

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Jeudi 28 mai, France 5 diffusait la dernière émission de la saison de La grande librairie. À cette occasion, François Busnel proposait une spéciale « Bibliothèque idéale » pour cet été depuis la librairie « Le trouve tout du livre » au Somail, dans l’Aude, au bord du Canal du Midi, à quelques petits kilomètres de Narbonne. Un site superbe, et une bibliothèque somptueuse. Je m’y rends souvent. On y trouve des livres rares, mais aussi des BD et les nouveautés littéraires du moment. La profondeur du lieu, ses odeurs de vieux bois et de papier, son calme et sa sérénité font de cette librairie hors du commun et du temps, un des derniers refuges où s’isoler à l’abri du vulgaire, de la mode et des marchands de papier… Quant à l’accueil, toujours agréable et courtois, il  ajoute à ce temple des lettres un discret mais puissant sentiment de bien-être.  Celui qui vous enveloppe au moment de pénétrer dans ce monde où les morts et les vivants s’offrent à vous par la grâce de leurs seuls esprits.

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