Césars 2021 ! Parfaitement résumé par le titre du film d’Albert Dupontel – récompensé – « Adieux aux cons »…

 
 

Nathalie Bianco a brillamment résumé, pour moi en tout cas qui ne regarde plus ce genre de ridicule pantomime, la soirée des Cesars. Comme prévu, on a eu droit à un festival de vulgarités « progressistes ». À vous dégoûter d’entrer dans une salle de cinéma pour y voir un fim français. En existe-t-il un encore – de cinéma français –, au fait ?

«Forcément, ça ne pouvait pas être parfait. Mais on s’en rapproche. De plus en plus. Hier, la grande soirée du cinéma français a réalisé presque un sans-faute. Seuls les grincheux s’en offusqueront. Les autres, comme moi, souligneront la remarquable et constante application à piétiner et assassiner le cinéma français. De la plus belle manière. Marina Foïs a ramassé du caca par terre et a parlé « mère de » et « merde » avec Nathalie Baye, Roschdy Zem nous a fait la morale sur les migrants et les Ouïghours, Valérie Lemercier était en dépression et en chemise de nuit, Jeanne Balibar a parlé pendant 8 minutes 50 de politique et 14 secondes de cinéma, Josianne Balasko a refait le coup du prout, Jean-Pascal Zady a rendu un vibrant hommage à Adama Traoré. L’année dernière, il fallait placer le plus de fois possible les mots femmes, patriarcat et domination, cette année, le thème était diversité, noirs et domination et tout le monde, globalement, a bien joué le jeu. Un beau moment de grâce quand la délicate Corinne Masiero s’est mise nue, avec des Tampax aux oreilles, pour dénoncer le régime de l’assurance chômage des intermittents. Il faut beaucoup de talent pour reproduire une performance que d’autres avaient fait en leur temps, sans y mettre la moindre folie, le moindre panache et sans réussir à nous arracher un sourire. Juste un immense malaise. Coluche a dû être touché qu’elle illustre si bien la différence entre grossièreté et vulgarité, et qu’elle ait l’humilité de préserver ainsi intacte sa mémoire. Un peu comme ces grands sportifs, dont les records ne sont pas près d’être égalés. Quelques bémols cependant : Tout d’abord pour la jeune Fathia Youssouf, césar du meilleur espoir féminin, qui a eu le mauvais goût de faire un discours simple, empreint d’une jolie émotion non feinte, dans lequel elle s’est simplement déclarée « très honorée » de ce prix. Pfffff… « Très honorée ». Et puis quoi encore ? Même pas un petit « Wesh négro on est dans la place ». Même pas un délicat « j’men bats la chatte d’vos Césars de vieux mâles blancs ». Non. Je suis très honorée et merci. Bon, à sa décharge, elle n’a que 14 ans, elle a le temps de grandir et de rentrer dans le droit chemin. Déception aussi pour Catherine Ringer, qui a ouvert la cérémonie, avec une superbe et touchante interprétation de Bécaud… Quel dommage qu’elle ait sobrement conclu sa prestation avec un simple « bonne soirée des Césars ». Sans même un poing levé. Enfin, un gros bémol pour quelques moments qui nous ont un peu fait perdre de vue le thème de la soirée (ou du meeting). Des extraits de films ! Des scènes de cinéma ! Ils ont osé… On a vu Claude Brasseur, Yves Montand, Marlène Jobert, Jean Rochefort, Romy Schneider, Michel Piccoli, Annie Girardot, Jean-Pierre Bacri, Mireille Darc, Lino Ventura…Des gens qui faisaient juste du cinéma, avec simplicité, élégance, des gens qui nous ont fait rire, rêver, pleurer. C’était très déplacé ! Encore un petit effort donc. Louis Garrel aurait par exemple avantageusement pu agrémenter son discours en faisant l’hélicoptère avec sa bite. Isabelle Huppert a raté une occasion de faire pipi debout sur scène en chantant l’internationale. Mais on va y arriver, j’en suis sure. On y est presque. En attendant bravo à Albert Dupontel, pour son film récompensé dont le titre prémonitoire résumait parfaitement la cérémonie : Adieu les cons !!»

Mots-clefs : ,

Commentaires (1)

  • Avatar

    Mathieu

    |

    Cher monsieur,
    Je comprends votre frustration, mais les temps changent, et dans l’espèce de chaos actuel, il ne faut pas s’étonner d’un dérapage qui traduit autre chose qu’une pensée bien tempérée née d’une paisible digestion

Les commentaires sont fermés

Articles récents

  • 𝐂𝐡𝐞𝐳 𝐋𝐚𝐮𝐫𝐞𝐧𝐭.
    À table. Sur le mur,ses dernières lunettes,monture fuchsia vif,posées sur la tranche d’un petit tableau. Partager : Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer Envoyer un lien par e-mail à un […]
    Aucun commentaire
  • 𝐋𝐚 𝐩𝐚𝐫𝐭 𝐝’𝐨𝐦𝐛𝐫𝐞.
    Chaque seconde apporte son lot de nouvelles. D’images. D’analyses. De commentaires. Puis de commentaires sur les commentaires. Rien n’arrive seul. Walter Benjamin observait déjà que les événements […]
    Aucun commentaire
  • 𝐋’𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐝𝐮 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧.
    Vêtements de maçon. Chaussures de sécurité.Il attend. Une cigarette. Quelques pas.Sur le banc, un sac en plastique jaune. Son casse-croûte. Hier, c’était une glacière. Partager : Imprimer(ouvre dans […]
    Aucun commentaire
  • 𝐋𝐞s 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐝𝐮 𝐣𝐨𝐮𝐫.
    Je ne sais pasce que mon regard, ce soir,va choisir. Partager : Imprimer(ouvre dans une nouvelle fenêtre) Imprimer Envoyer un lien par e-mail à un ami(ouvre dans une nouvelle fenêtre) E-mail Tweet […]
    Aucun commentaire
  • 𝐌𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞.
    Quand elle ne sera plus làQuand je serai partiLà-bas où il peut aussi faire jourUn oiseau doit chanter la nuitComme iciEt quand le vent passeLa montagne s’efface𝐿𝘦𝑠 𝑝𝘰𝑖𝘯𝑡𝘦𝑠 𝑏𝘭𝑎𝘯𝑐𝘩𝑒𝘴 𝘥𝑒 𝑙𝘢 […]
    Aucun commentaire

En savoir plus sur Contre-Regards

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture