Contre-Regards

par Michel SANTO

Dans Albi, la Cathare, on « brûle » les effigies de Hollande et Gattaz…

 
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Lors de la dernière journée d’action contre la loi Travail, les Albigeois ont conclu leur pèlerinage autour de la cité épiscopale par un rassemblement sur la place centrale au milieu de laquelle était dressé un bûcher. Et sous les flammes et les « hourras » de la foule étaient  brûlés, non point en apothéose,  les portraits du Président de la République, du Premier ministre, de deux ministres et du président du Medef. Un autodafé qui a dû faire frémir dans leurs tombes leurs ancêtres « cathares », qui périrent par le feu pour avoir enfreint les lois religieuses de leur temps. Qui aurait pu imaginer, en effet, dans Albi la Rouge, que ces « bûchers » de l’Inquisition, devenus le symbole  de l’officialité, de l’intolérance, de l’intransigeance et du fanatisme étatique ou partisan seraient ainsi repris et justifiés par ceux-là mêmes qui prétendent, dans leurs cortèges et leurs slogans en être les victimes? Qui ne voit surtout que cette chasse aux sorcières symboliques par nos inquisiteurs syndicaux légitime toutes les autres, et surtout celle de groupuscules de l’extrême gauche radicale. Comme hier encore où des policiers parisiens faillirent se faire « rôtir » dans leur véhicule après qu’il fut pris d’assaut  par un commando d’enragés. Car il est bien entendu aussi que les « flics » ne sont que violents et répressifs. Ce qu’un syndicaliste, dans ma petite ville de Narbonne, au terme de « sa manif »,  expliquait à ses auditeurs en exposant – « justement » !!! selon les mots du journaliste la rapportant – la classique « théorie » des trois violences: « La première est la violence institutionnelle. Légale, elle est mère des deux autres. La seconde est la violence révolutionnaire qui cherche à abolir la première. Et la troisième est la violence répressive qui veut étouffer la seconde et est complice de la première. Pour le gouvernement il n’y a que la seconde violence qui existe » Autrement dit, pour lui n’existent que la première et la troisième. Feu donc sur elles, et leurs représentants! Et après quoi l’on fait semblant de s’étonner que des esprits exaltés par ce genre de violences symboliques et idéologiques passent aux actes… Mais, sans doute, va-t-on me faire le procès  d’être « l’idiot utile (1) de certaines forces politiques et sociales et d’un certain système économique en vigueur », tant il est vrai, évidemment, « que la sagesse et la « vérité vraie » sont toujours du côté des idées dominantes ! » Eh bien, j’assume le risque de ce procès en « collaborateur de classe », comme celui d’être « brûlé » en place publique, sur les réseaux sociaux, et ailleurs… Feu! et feu encore sur les « brûleurs » d’effigies et les « casseurs » de flics.


(1) On attribue l’expression à Lénine, qui appelait ainsi cyniquement les intellectuels occidentaux avec lesquels il voulait s’allier, ceux qu’il voulait manipuler parce qu’ils n’avaient pas compris la réalité de la cause défendue, tout en se félicitant de leur «utilité», par le soutien qu’ils apportaient aux communistes.

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