Les mots mitrallettes

Sa 2.08.2025

Humeur : Mots mitraillettes.

Il suffit d’un mot. Un seul. Lâché comme un crachat.

Raciste. Fasciste. Génocideur. Affameur. Apartheid. Ghetto…

Chaque jour, les mêmes salves. Les mêmes rafales. Tir groupé.

On ne parle plus. On mitraille.

Celui qui tente de comprendre est aussitôt suspect. Celui qui contextualise, complice. Celui qui cherche la nuance devient traître.

Il faut choisir son camp, vite, et gueuler fort. Les modérés n’ont plus leur place. Le doute est un crime. Le silence, une abdication. L’analyse, une lâcheté.

Alors on hurle. On enfile les grands mots comme des brassards. On les agite comme des menaces.

C’est la guerre des slogans, pas des idées. La guerre des postures, pas des faits.

Et derrière ces mots qu’on vide de leur sens, on construit un nouveau dogme. Une religion laïque, avec ses prêtres, ses damnés, ses conversions obligées.
Celui qui ne plie pas est voué à l’exil intérieur, ou à la meute.

À force de trop dire, on ne dit plus rien.
À force d’appeler tout « fascisme », on ne reconnaît plus le vrai.

À force de « génocide » à chaque coin de rue, on insulte les morts, les vrais, ceux que l’Histoire a fait taire.

On ne pense plus. On performe.

Et pendant ce temps, le réel avance, seul, sans mot, sans majuscules, sans hashtags.

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