Contre-Regards

par Michel SANTO

L’Occitanie, et sa forte et longue délégation, n’innove pas au Japon !

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Le 5 octobre 2015, était lancée l’Année de l’innovation France-Japon (2015-2016). Depuis, en France et au Japon, jusqu’à la fin de ce mois de décembre, a été organisée une série d’événements, sous la forme de séminaires scientifiques, de conférences et de débats, d’expositions sur la technologie et le design/la mode et de manifestations liées à la promotion des entreprises et la culture. Et les 6 et 7 décembre 2016, Osaka, principale ville du Kansai et du Japon, accueillait le Grand Forum de l’Année de l’innovation franco-japonaise pour deux jours d’expositions et de séminaires. Carole Delga y était accompagnée d’une longue et forte délégation  d’élus, de cadres de son administration, de chefs d’entreprises, d’universitaires et de journalistes, notamment.

Dimanche, nous avons donc eu droit, comme il se doit, à une rafale d’articles laudateurs écrits par les journalistes invités, publiés dans la presse du groupe Baylet – sa patronne était du voyage ! –  sur ce séjour asiatique. Le pompon revenant à La Dépêche, qui  nous a livré un véritable pensum, de son  « envoyé » spécial –  On est prié de ne pas rire.  La délégation, ne s’est pas limitée à Osaka pour « vendre l’Occitanie » aux investisseurs japonais. Elle a poursuivi ses “investigations” à Tokyo, Kyôto, Kobe – ah ! son magnifique bœuf – et Hamamatsu. J’ai fait, quand j’étais en activité, ce genre de déplacement – une quinzaine de jours – avec une délégation composée de la même manière que celle de madame Delga. Réceptions officielles : ambassade de France ; poste d’expansion économique ; entreprises, françaises et japonaises ; préfecture d’Oita ; dîners et déjeuners dans les meilleurs restaurants ; séjours dans les meilleurs hôtels ; tourisme pendant les temps libres … J’ai beaucoup appris du Japon, de ses institutions, de sa culture, son esthétique… et en suis revenu avec tout un rouleau de notes. Mais, pour ce qui concerne les résultats en termes économiques de cet « investissement » régional : rien ! À l’inverse, j’ai pu, comme hier dans la presse constater de fortes et louangeuses retombées. On imagine mal, en effet, de la part de journalistes « invités » une couverture critique. Lever le voile sur ces voyages d’études pour en montrer la fonction réelle : la « gestion » politique d’acteurs clefs de la Région et la « construction » d’une image présidentielle, serait évidemment inconvenant et trop risqué. Quant à son coût ! Ce même dimanche, Arte rediffusait l’adaptation du chef-d’oeuvre de Giuseppe Tomasi, prince de Lampedusa, le Guépard, dans la mise en scène de Visconti. Alain Delon y interprète le rôle de Tancrède, qui prononce cette phrase entre toutes célèbre : «pour que tout reste comme avant, il faut que tout change.» Comme pour la Région ! La réforme territoriale est passée certes, mais rien ne change pour autant. 


 

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Commentaires (2)

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    Didier

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    Pas tout à fait d’accord avec toi. Lors de ce même déplacement nous avions “ramené” un renforcement de la coopération dans le domaine de l’aquaculture et des cultures marines

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    • Michel Santo

      Michel Santo

      |

      Nous n’avons rien ramené Didier : ni transfert de technique, ni de coopération économique. Il n’est qu’à voir l’État de la filière aquacole de la Région.

      Reply

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