Contre-Regards

par Michel SANTO

Ne pas désespérer malgré tout du visage de cette France montré ces derniers jours !

9782714453853Il y a un siècle, à l’échelle du temps numérique, des faiseurs d’opinion nous expliquaient que l’insécurité ressentie par les français n’était qu’un sentiment, une illusion, une bulle spéculative artificiellement créée par des promoteurs d’un ordre moral et politique qualifié de réactionnaire par les plus modérés de nos clercs médiatiques. C’était aussi un temps ou l’anti-racisme et la lutte contre les discriminations de toute nature figuraient au premier rang des priorités nationales dans le débat public idéologique et politique . Un temps aussi où l’autorité de la loi, des maîtres, des oeuvres et des valeurs communes au vivre-ensemble étaient contestées jusque dans leurs fondements philosophiques et politiques. Un temps, le nôtre, un temps sans Histoire dont on fait encore semblant de croire qu’elle ne serait plus tragique ; un temps enfin où l’on s’efforce de nous faire oublier combien la civilisation n’est qu’un faible et fragile vernis (Freud …)

Ces derniers jours pourtant, dans ce pays qui se donne à voir en exemple universel de la concorde et de l’union autour de valeurs issues des Lumières, dans ce pays qui sans cesse doute de sa propre histoire et de ses propres repères éthiques , dans ce pays où l’on ne croit plus en rien ou presque ont éclaté des bouffées de haines communautaires et politiques annonciatrices d’un véritable désastre moral.

Et pourtant, de ce triste et déprimant constat , je n’en tire pour moi et pour ma France, aucun désespoir . Tout simplement parce qu’il “… ne m’est pas possible de renier tout à fait la foi de ma jeunesse en un nouveau redressement, malgré tout, malgré tout.” (S.Zweig : Le monde d’hier). Oui, malgré tout ! Mais à la condition toutefois de rétablir au plus vite l’autorité de la loi et le devoir d’exemplarité que nous doivent nos élites … Il en est encore temps ! Alors, et alors seulement  pourrais-je continuer à “relever les yeux vers ces anciennes constellations qui resplendissaient sur ma jeunesse et me console avec la confiance héritée de mes pères qu’un jour cette rechute ne paraîtra qu’un intervalle …” (Zweig, toujours) .

Des constellations que je ne désespère pas  montrer un jour, le sourire aux lèvres, au dernier de mes petits enfants …

Mots-clefs : , , ,

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Laisser un commentaire

Articles récents

Le régime de retraite de la SNCF et de la RATP pour tous ?!

Le régime de retraite de la SNCF et de la RATP pour tous ?!

      Dans la plupart des pays européens confrontés aux mêmes problèmes : diminution des actifs et augmentation de la population âgé, la réforme des « retraites » s’est faite sans que[Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise : Des chiens et des hommes, rue du Pont Des Marchands…

Scène de la vie narbonnaise : Des chiens et des hommes, rue du Pont Des Marchands…

      C’était avant-hier soir dans la rue du Pont des Marchands. J’aurais pu ne pas les voir, mais les manifestations de joie d’une petite famille devant un homme assis à mêm[Lire la suite]
Quelques perles (et humeurs conséquentes) pêchées à la fin de la semaine dernière…

Quelques perles (et humeurs conséquentes) pêchées à la fin de la semaine dernière…

        Je lis ceci sur la page Facebook d'une professionnelle du Tourisme : "Idée de sortie pour ce WE : visite du concept innovant de " Lodge Boat" au port de Gruis[Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise : un soir des fééries de Noël, j'ai croisé un homme seul sur une chaise roulante…

Scène de la vie narbonnaise : un soir des fééries de Noël, j'ai croisé un homme seul sur une chaise

      Dans ma petite ville, nous avons un marché de Noël, comme partout ailleurs dans ce pays. Avec les mêmes baraques blanchâtres, les mêmes têtes du Père Noël, les mêmes marchandis[Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise : Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville…

Scène de la vie narbonnaise : Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville…

        Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville où je m’étais installé pour y boire une tasse de café noir. Je l’observais, élégante et rêveuse, caress[Lire la suite]
Le temps n'est pas loin où vont revenir les langueurs universelles, les croyances à la fin du monde…

Le temps n'est pas loin où vont revenir les langueurs universelles, les croyances à la fin du monde…

    Depuis des mois, je ne lis plus que des correspondances, carnets, journaux d’auteurs : Flaubert, Gide, Malaparte, Renard, les Goncourt … (dernier achat chez mon bouquiniste : Les car[Lire la suite]
  
2006-2019 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio