Il y a des jours dans l’histoire où se concentrent et se dévoilent en quelques heures tout le refoulé d’une société, d’une partie de ses élites, d’une idéologie, d’un homme… Et comme toujours sous une forme d’une extrême violence symbolique. On ne s’étalera pas ici sur l’affaire Cahuzac. Tout est dit ou presque dans la presse de ce matin. Enfin, tout est dit, je ne le crois pas ! mais on aura certainement l’occasion d’y revenir. C’est plutôt sur la « cristallisation » qui s’opère autour d’elle, que je voudrais insister. Viennent en effet, s’y agréger spontanément, pour en augmenter la puissance explosive, d’autres évènements comme l’emprisonnement de DSK dans une prison américaine, la mise en garde à vue des Guérini hier et celle de six membres de SOS-Racisme aujourd’hui même dans une instruction concernant Julien Dray. On n’insistera pas aussi sur les condamnations d’un Président de Région du Sud de la France pour délit de favoritisme et de son Vice- Président pour avoir abuser des finances de son propre parti, comme on se contentera seulement d’évoquer la situation avantageuse d’une jeune retraité de 53 ans prétendante à la mairie de Paris… Qu’on ne se méprenne pas, je n’oublie et ne voudrais pas que l’on oublie les turpitudes d’autres, dans d’autres camps. Mais là encore, c’est pour ce jour ci insister sur une situation qui affecte le cœur d’un parti et d’un courant d’opinion qui posent en principes politiques les vertus de probité et de solidarité dont ils auraient de surcroît l’exclusif monopole. Dans l’état où se trouve le pays , malgré les ruses et les mensonges qui ont présidé à la conquête du pouvoir, on espérait à tout le moins que les sacrifices nécessaires qui nous seraient demandé le seraient par un personnel politique d’une parfaite exemplarité. Ce pari, de nombreux électeurs de droite et du centre en toute conscience l’ont fait. C’est cet espoir qui vient de se briser chez beaucoup de nos concitoyens.Et cela est bien plus grave que la promesse de réenchanter le rêve de la France et des français à laquelle personne ne croyait. Danger !…
Dans un précédent billet, je disais desjournalistesqu’on en attendait un peu plus de distance et un peu moins d’objective complicité envers les élus et leur façon de gouverner les collectivités, notamment, puisque j’y vis, dans le Narbonnais. Le lecteur que je suis, espérais le lendemain du vote du budget de la Ville ou du Grand Narbonne, autre chose qu’un empilement de chiffres pour preuve d’une parfaite objectivité. Des chiffres au demeurant totalement incompréhensibles à celui qui n’est pas initié à la gestion financière d’une collectivité ! Mais et surtout des chiffres « conditionnés » par un « chapeau » qui, en réalité, contient le seul et vrai message susceptible de passer dans les cerveaux d’un lectorat piégé. Ainsi hier, en gros et en gras, pouvait-on lire ceci : « Au vote du budget, un taux de fiscalité stable sur le territoire » Ce qui est vrai ! Et « faux » tout à la fois, car le véritable message subliminal enregistré par le liseur pressé et peu informé de ces aspects financiers est en réalité : « chic, mes impôts ne vont pas augmenter ! » Evidemment inexact. En effet, pour que nos impôts restent stables il faudrait que leurs taux… baissent. La raison en est simple : les « bases de la fiscalité locale et intercommunales » augmentent en valeur chaque année, et ce naturellement si je puis dire . De sorte que le contribuable de Narbonne et du Grand Narbonne verra sa facture de taxe d’habitation ou de taxe foncière progresser de 1,8 % en 2013 ! Il aurait pourtant suffit d’un « titrage » plus tonique et disons plus équilibré afin d’escamoter cette entourloupe si communément pratiquée par les communicants, de gauche comme de droite, faut-il le préciser, et souvent reprise par des journalistes, j’en conviens, par des contraintes de bouclages, certainement trop pressés. Ou dans le corps de l’article apporter cette bien utile précision à de nombreux lecteurs par tous ces chiffres complètement dépassés. Est ce vraiment trop demander à nos journalistes de ne point, inconsciemment sans doute, nous abuser ?
Un gros titre barre la « Une » du Monde : « L’électorat de droite se radicalise ». Et le spectre de la menace fasciste est brandi. Qui ne fait plus trembler personne ! A l’exception de ceux qui affublent les opposants à la politique du gouvernement et du Président d’un piteux béret basque et d’une répulsive Francisque. Grosse ficelle pour ne point parler d’une vraie « menace » politique : la conjonction d’une partie de l’électorat de gauche avec celui du FN. Comme lors de la dernière élection partielle… Ou bien des fractures dans « la majorité » politique au pouvoir. Comme au Sénat… Mais aussi les « insultes » de Mélenchon et de Montebourg régulièrement adressées au locataire de Matignon. Dont on se demande s’il dirige bien ce gouvernement. Sans oublier les nombreux députés du PS, qui par la voix de Cherki, n’envoient pas que des mots doux et des « merci » à l’Elysée et à Bercy…Et enfin, il faut aussi le noter, une exaspération chez les électeurs de droite radicalisés sur des « sujets » de sociétés. On ne le redira jamais assez ! Le drame aujourd’hui est que faiblement élu sur le rejet de son prédécesseur et celui de la crise, avec des promesses intenables et un « programme » classiquement redistributif, Hollande et ses amis font une politique de plus en plus ouvertement « social libérale ». Un grand écart idéologique, un « oxymore » politique ! Pour le combler et nous faire un « récit » cohérent, il lui faudrait évidemment changer de majorité et s’allier conséquemment au centre droit. Aujourd’hui, impossible ! Demain, je n’en sais rien ! En politique en effet, on le sait, cela et le pire sont possibles . Qui pouvait imaginer, hier, la chute d’un virtuel Président de la République dans la « suite » d’un luxueux Novotel ?
« Nous ne toucherons pas à l’âge légal », assure Jean-Marc Ayrault dans les colonnes du JDD. « Le fil conducteur de nos décisions, c’est la justice. » Traduction : pour toucher sa pension à taux plein il faudra donc, comme annoncé par François, augmenter la durée de cotisation. C’est à dire, soyons précis, commencer à travailler très tôt, ne pas faire de longues études ou les faire tout en travaillant. C’est ce qu’on appelle une disposition en faveur des plus « pauvres » ! Ou bien alors partir effectivement à la retraite à 65 ou 70 ans. Et c’est une bien belle hypocrisie ! On comprend qu’à force de leur chanter « Je vois la vie en rose », les français finissent par « broyer du noir ». Une bonne nouvelle quand même en ce dimanche de Pâques. Le changement maintenant, c’est aujourd’hui ! On est passé à l’heure d’été…Ouf !
On sait que la proximité physique de la presse régionale avec les élus dominants est une source de financement pour les premiers et un vecteur de communication pour les seconds. On sait aussi qu’une trop longue résidence professionnelle dans une même rédaction locale est propice à des relations électives et parfois, pour ne pas dire souvent, intéressées. On sait encore qu’il n’est pas interdit, bien au contraire, à un journaliste, d’avoir des valeurs sociétales et d’oser, quand il l’estime nécessaire, posément les exprimer. On sait surtout qu’il est très difficile, dans nos petites villes qui se croient grandes, à la flatterie des puissants de sereinement et dignement résister. On sait enfin qu’il est vain d’espérer de ce noble métier une incontestable objectivité. On sait, on sait… C’est ainsi ! Mais des journalistes le savent, et savent intelligemment et courageusement résister… Alors, alors il fallait oser, dans l’Indépendant de ce jour , sortir une pleine page en forme de Journal Officiel de Jacques Bascou et de sa majorité, ainsi titrée: « Des chiffres pour des êtres, c’est aussi cela le budget 2013. N’en déplaise à certains » . Le reste à l’avenant, d’une ostentatoire et choquante complaisance ! Une « publi-promotion » gratuite et, à l ‘évidence, en ce samedi saint de parfaite circonstance, savamment « inspirée ». C’est Patrick Nappez qui doit jubiler (chapeau l’artiste !). A se demander toutefois si le trop, comme en d’autres affaires, ne finira pas par rejoindre le rien… Qu’on ne se méprenne pas cependant sur ces lignes. Loin de justifier, par défaut, propos, attaques et propositions de ceux qui contestent Jacques Bascou et son budget, c’est, d’un journaliste, un peu plus de distance et un peu moins de complicité que j’espérais dans le traitement de cette actualité. Pas l’exposé d’un flatteur et ennuyeux dossier de presse. A chacun son métier !
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