Contre-Regards

par Michel SANTO

Le bouffon de Faust.

 

 

 

 

 

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Le bouffon, dans Faust:

 

«  C’est bien, je fais grand cas du génie et de l’art :

Usez-en, mais laissez quelque chose au Hasard,

C’est l’amour, c’est la vie… on se voit, on s’enchaîne,

Qui sait comment ? La pente est douce et vous entraîne ;

Puis, sitôt qu’au bonheur on s’est cru destiné,

Le chagrin vient : voilà le roman terminé !. . .

Tenez, c’est justement ce qu’il vous faudra peindre :

Dans l’existence, ami, lancez-vous sans rien craindre ;

Tout le monde y prend part, et fait, sans le savoir,

Des choses que vous seul pourrez comprendre et voir !

Mettez un peu de vrai parmi beaucoup d’images,

D’un seul rayon de jour colorez vos nuages ;

Alors, vous êtes sûr d’avoir tout surmonté ;

Alors, votre auditoire est ému, transporté !…

Il leur faut une glace et non une peinture.

Qu’ils viennent tous les soirs y mirer leur figure :

N’oubliez pas l’amour, c’est par là seulement

Qu’on soutient la recette et l’applaudissement.

Allumez un foyer durable, où la jeunesse vienne puiser des feux et les nourrir sans cesse :

A l’homme fait ceci ne pourrait convenir,

Mais comptez sur celui qui veut le devenir. »

Faust / Goethe / Emplacement 59 sur ma Kindle

La leçon de l’équipe de France de rugby.

 

 

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Hier soir, en plein désastreux  spectacle donné par les équipes de Copé et Fillon, l’élégance et la dignité de Papé dans son commentaire d’après match contre les SamoaA l’image aussi de son ouvreur inspiré plein de retenu et de modestie : « J’ai fait mon boulot ! » ; de respect aussi pour ses valeureux adversaires du jour. La partie fut pourtant rude. Apre! et le résultat longtemps indécis. J’ai aimé cette équipe de France solidaire et souffrante dans ce combat sans concessions. Tendue vers un seul but : gagner ! Une leçon de noblesse en ces temps où la haine et le mensonge gouvernent ceux qui aspirent à diriger et conduire notre pays… 

Chronique du Comté de Narbonne.

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Jeudi 22 novembre de l’an 2012

Quelle chienlit chez les oupséistes, mon oncle ! Lundi, leur cocoeheh ( !!! ) carillonnait dans un cahot d’ horions et de louanges mêlés la déroute du sieur Couillon et le triomphe du sieur Flipé , quand ce jour même j’apprends, en lisant les dépêches du soir, le déni du premier et sa volée  de copieuses et hargneuses hostilités envers l’abominé Flipé. La confusion des esprits est à son comble et abondamment étalée dans ce qui n’est plus qu’une lamentable et pathétique farce, mon oncle ! Des troupes sans autres chefs que leurs casques errent hébétées dans ce brouet politicien concocté par de sots personnages animés par leurs seuls intérêts . Quel spectacle ! Quelle vulgarité dans ce déballage de rage et de fureur. La civilisation est un fin vernis sous lequel bouillent de noires passions , me disais tu au temps de mon apprentissage. Et tous les matins que Dieu donne, je m’étonne encore de pouvoir toujours en chérir l’ éclat et sa beauté. Un miracle quotidien parfois terni par des paroles entendues à  la table d’un estaminet mais aussitôt effacées par la beauté d’un geste et la grâce d’une bienveillante civilité. A cette aune, mon oncle, celles ouïes depuis hier entre affidés de Couillon et Flipé ont des accents d’égoutiers. Comment demain alors incarner je ne sais quelle destinée pour un royaume et des sujets qui se savent en danger ? Il est vrai cependant, me diras tu, que les rosiens furent à Reims eux aussi sur le point d’exploser après qu’avec Gospin le pouvoir de l’Etat leur fut de quelques temps confisqué par le mol Chiraton  ; et l’un des leurs, en Gouda fleurdelysé, n’ habite-t-il point désormais le palais de l’Elysée, ses amis de la Cour en tenant fermement toutes les clés ? Dans cette engeance, l’amitié et la fraternité sont servies en échange d’annuités et de charges grassement rémunérées. Aussi attendons nous, mon oncle, à un sursaut de  fausse dignité qui cependant ne réglera rien des vraies raisons de cet assourdissant tumulte. Sans chef et surtout sans idées clairement partagées, que faire en effet dirait un maître sibérien à ces soldats perdus à l’âme fracassée ? Ah, mon oncle, de cette histoire, du tragique ou de la comédie on ne sait ce qu’il faut en retenir. Sinon cette éternelle loi, qu’en politique, gouverner un parti ou un Etat c’est dissimuler ; mais qu’il est, dans ce domaine comme dans la vie en général, des accidents imprévisibles où se dévoilent la vérité de leur être tendue vers le désordre et la mort. Loin de vomir d’hypocrite manière cet art de la dissimulation , il faut aussi savoir l’aimer . J’attache ainsi, comme toi, du prix aux bonnes manières et aux élégantes vêtures ; les civilités sont de saines apparences et concourent au bien vivre en nos violentes sociétés. Il suffit de passer une heure tous les matins auprès d’un parent en fin de vie pour s’en convaincre. Hier, en pleine crise, c’est d’un mouchoir humide que je lavais son visage crispé par la douleur. Dans sa détresse, muet, c’est de sa seule dignité dont il se souciait… Je te quitte mon oncle, et termine ce matin cette lettre commencée hier soir. Vers onze heures, j’irai au plus près de cette existence qui désespérément s’accroche à la vie: son unique espérance dans laquelle il peut s’asseoir et reposer…

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