Contre-Regards

par Michel SANTO

 » C’est l’incertitude qui est ma certitude. »

photoTESTAMENT

« Je lègue à mes amis, un bleu céruleum pour voler haut, un bleu cobalt pour le bonheur, un bleu d’outremer pour stimuler l’esprit, un vermillon pour faire circuler le sang allégrement, un vert mousse pour apaiser les nerfs un jaune d’or : richesse, un violet de cobalt pour la rêverie, un garance
qui fait entendre le violoncelle, un jaune barite : science-fiction, brillance, éclat, un ocre-jaune pour accepter la terre, un vert Véronèse pour la mémoire du printemps, un indigo pour pouvoir accorder l’esprit à l’orage, un orange pour exercer la vue d’un citronnier au loin, un jaune citron pour la grâce,
un blanc pur : pureté, terre de Sienne naturelle, la transmutation de l’or, un noir somptueux pour voir Titien, une terre d’ombre naturel pour mieux accepter la mélancolie noire, une terre de Sienne brûlée pour le sentiment de durée. »

Le citoyen propangandé de Jacques Ellul.

 
Jacques Ellul, théologien protestant et penseur de la technique, professait que « La politique est l’art de généraliser les faux problèmes, de donner des faux objectifs et d’engager de faux débats ». Dans une société qu’il qualifie de technicienne, la politique relève du nécessaire et de l’éphémère… Quelles solutions à cet état de fait ? Encore une fois, Ellul est réaliste : l’orientation idéologique n’y changera rien car tous les régimes poursuivent aujourd’hui des fins identiques : l’efficacité, la puissance. Pourtant, loin d’un plaidoyer en faveur d’un apolitisme qui n’aurait pour conséquence que de renforcer l’emprise de l’Etat, le message d’Ellul vise à réhabiliter les vertus de la résistance personnelle. Loin des modes intellectuelles, ses écrits et ses paroles sont autant d’antidotes au crétinisme généralisé qui envahit et submerge nos sociétés. Jacques Ellul nous aide à penser et à agir. « Aime et fais ce qu’il te plaît »… disait-il, citant Saint Augustin.
 
Mes images:

Une boîte de Lexomil, docteur, svp !

 

 

Au classement mondial de la consommation des anxiolytiques, la France occupe le premier rang. Je viens d’apprendre ce matin, sur France Culture, qu’il en est de même pour les sondages ! Deux formes d’abrutissements. La première soigne, enfin pas toujours ! La seconde hystérise. La strausskahnologie de ce dernier weekend en est le symptôme le plus éclatant, comme en son temps la « bulle » deloriste. Dans cette émission, Wolton pointe la démission des journalistes incapables, selon lui, de « produire du qualitatif » : recul, analyses qualitatives, prises en compte d’autres indicateurs etc… Ou d’autres modèles. Par exemple ces prévisions électorales , qui semblent démentir le tsunami sondagier qui  nous submerge. Il relève aussi le confinement du militant politique dans le seul rôle de « colleur d’affiches », allant jusqu’à se demander si la saturation de l’espace public par la com ne rendait pas les partis totalement inutiles. Une situation anxiogène au possible. Une boîte de « Lexomil », docteur, s’il vous plaît !

On nous gave !

 

3053560659_1_11_iesNSs9B 


 DSK se tait ou ne cesse de répéter, comme hier : «Aujourd’hui, je dirige le FMI et la tâche m’occupe à plein temps et plus qu’à plein temps»… «Je n’ai rien d’autre à l’esprit». Ce qui est ainsi traduit par nos médias : «Aujourd’hui, certes, mais demain?». Du rien transformé en trop-plein pour nous gaver pendant tout ce dimanche de commentaires aussi vides de sens que les propos commentés. Le non-évènement et la non-information devenant par la grâce de nos alchimistes des temps modernes une réserve sans fond d’abrutissement général.

Le signe de la médiocrité.

      remy_de_gourmont_on_god_by_fiskefyren-d6nin3x  

Sur le style, en littérature, mais pas seulement, cette page lue dans « La culture des idées » de Rémy de Gourmont (1858-1915). Ce matin, juste après mon café. Corsé!

Mes lectures:

«Déprécier l’écriture, c’est une précaution que prennent de temps à autre les écrivains nuls; ils la croient bonne; elle est le signe de leur médiocrité et l’aveu d’une tristesse. Ce n’est pas sans dépit que l’impuissant renonce à la jolie femme aux yeux trop limpides; il doit y avoir de l’amertume dans le dédain public d’un homme qui confesse l’ignorance première de son métier ou l’absence du don sans lequel l’exercice de ce métier est une imposture. Cependant quelques-uns de ces pauvres se glorifient de leur indigence; ils déclarent que leurs idées sont assez belles pour se passer de vêtement, que les images les plus neuves et les plus riches ne sont que des voiles de vanité jetés sur le néant de la pensée, que ce qui importe, après tout, c’est le fond et non la forme, l’esprit et non la lettre, la chose et non le mot, et ils peuvent parler ainsi très longtemps, car ils possèdent une meute de clichés nombreuse et docile, mais pas méchante. Il faut plaindre les premiers et mépriser les seconds et ne leur rien répondre, sinon ceci: qu’il y a deux littératures et qu’ils font partie de l’autre. Deux littératures: c’est une manière de dire provisoire et de prudence, afin que la meute nous oublie, ayant sa part du paysage et la vue du jardin où elle n’entrera pas. S’il n’y avait pas deux littératures et deux provinces, il faudrait égorger immédiatement presque tous les écrivains français; cela serait une besogne bien malpropre et de laquelle, pour ma part, je rougirais de me mêler. Laissons donc; la frontière est tracée; il y a deux sortes d’écrivains: les écrivains qui écrivent et les écrivains qui n’écrivent pas, — comme il y a les chanteurs aphones et les chanteurs qui ont de la voix.»

Articles récents

  • 𝟐𝟎 𝐡 𝟎𝟐
    20 h 02 La terrasse du 89 Les premiers martinets Cris sur les toits Le cri seul Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
    Aucun commentaire
  • 𝐋𝐚 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞.
    Trop de bleu Trop de soleil Un jour d’été Du mondesur la place À l’ombre duSoleil Noir Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
    Aucun commentaire
  • 𝐋’𝐢𝐧𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧.
    Louis a posé le livre.Table nue.La Corrida du 1er mai, Cocteau. 1957. Grasset. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
    Aucun commentaire
  • 𝐏𝐫𝐞𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐫𝐢𝐞𝐧.
    Presque tout s’efface.Les sensations passent. Disparaissent. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
    Aucun commentaire
  • 𝐋𝐞 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧.
    𝐋𝐞 𝐦𝐚𝐭𝐢𝐧 Le matin entre Comme avant Quelque chosene suit pas Une robe bleue dans le placard. Partager :ImprimerE-mailTweetThreadsJ’aime ça :J’aime chargement… […]
    Aucun commentaire