Contre-Regards

par Michel SANTO

La burqua verte de Mamère.

 

 

Mamère, Noël de son prénom, est un « progressiste ». Un Vert qui voit rouge à propos du futur projet de loi d’interdiction du port de la burqua dans l’ensemble de l’espace public.  Selon lui, « tout cela vise à stigmatiser la deuxième religion de France et à faire croire que lorsqu’on est musulman, on n’est pas compatible avec la démocratie, qu’on est peut-être même un terroriste en puissance et qu’on est finalement indésirable ». En reprenant cet argument que nous assènent tous les fondamentalistes, ce politicien ment. En conscience. Comme ces « idiots utiles », qui, en toutes circonstances, quand les extrémistes rouges ou bruns pilonnaient les principes et les institutions démocratiques, se plaçaient à leur côté en flairant dans les mesures d’auto-défense de la République un parfum nauséabond de fascisme. Et notre sensible « nez » politique de renifler aujourd’hui celui d’un « Vychisme » ranci et de dénoncer en tout partisan d’une loi d’interdiction l’ admirateur honteux de la milice pétainiste . Comme Robert Badinter, sans doute, qui appelle, il n’est pas le seul, au consensus républicain et à la fermeté au nom d’une fraternité de principe : «  La fraternité, c’est d’abord dans le visage de l’autre que je le découvre. Si vous vous adressez à un fantôme, comment voulez-vous avoir avec lui un rapport de fraternité ou de sociabilité? » En ces temps de fortes tensions sociales et politiques, Mamère a choisi le  chemin de la stigmatisation des défenseurs de la dignité des femmes et des violences qui leur sont faites au profit d’une tradition et d’un fondamentalisme religieux moyenâgeux. En application du sacro saint principe écologiste de la défense et de la préservation de la biodiversité costumière qui semble l’habiller des pieds à la tête, peut-être ! Comme une burqua. Verte…

Ce n’est pas la vérité qui est révolutionnaire, mais le mensonge!

 

 

 

 

 

Pendant vingt ans, les gouvernants grecs de droite et de gauche ont menti. Consciemment ! Avec ce cynisme  propre à ceux qui usent du mensonge et de la ruse pour conquérir et conserver le pouvoir. Un cynisme couvert par le silence de médias moutonniers au niveau d’informations indexé sur les attentes supposées de leurs « clients ». Et des «  clients » qui forment peuple, la tête dans le sable, ne voulant pas regarder en face l’amère réalité de leur pays. Un pays en défaut de paiement et qui, comme l’Espagne, le Portugal et la France a décidé, collectivement, de vivre au dessus de ses moyens. Une crise sans précédent qui n’est nullement cantonnée aux « pays du club Med » comme on nous le serine quotidiennement mais qui touche l’Europe entière. Car notre continent s’enferme dans le surendettement des Etats, qui atteint 88% du PIB en 2010 et dépassera 120% dans la décennie, contre 30% dans le monde émergent et 52% dans l’Etat fédéral américain. Ne parlons même pas  des engagements de retraite qui culminent à 440% du PIB !!! Un continent certes encore riche mais stagnant où le blocage de l’activité et le chômage permanent vont créer des tensions croissantes favorables aux démagogues et aux extrémistes. Pour écarter ces menaces, il est encore temps de tirer toutes les conséquences de la mondialisation et des nouveaux rapports de force entre grandes régions économiques. Et s’orienter résolument vers une plus grande intégration des politiques budgétaires et fiscales des Etats européens. En se dotant aussi d’un gouvernement économique doté de véritables compétences. Conditions minimales pour devenir un véritable pole de décision capable d’assumer la compétition et la coopération avec les Etats continents (Etats-Unis, Chine, Inde…) qui demain concourront pour le pilotage de l’économie-monde. Au risque de la décroissance, de la paupérisation et de graves difficultés politiques et sociales. Ce n’est pas  » la vérité qui est révolutionnaire », comme le constate honteusement Paulin dans le roman de H. Barbusse,  » Clarté  » ( formule que reprendra Gramsci et que plagieront sans vergogne Lénine et Trotsky ), mais le mensonge. Comme on peut le constater aujourd’hui en Grèce et peut être demain ailleurs…

Le syndrome de l’Elysée.

 

 

 

 

En 1965, presque personne n’a voulu se présenter à l’élection présidentielle. Ni Mendés France, ni Pinay. C’était il est vrai la première. Aujourd’hui, c’est plutôt la bousculade. A gauche, DSK hésite, Royal dit ne pas être candidate en l’état , Fabius encore moins , Valls piaffe d’impatience, Collomb pointe son nez, Martine avance masquée et Hollande s’est déclaré. Quant à Mélenchon, Joly et d’autres encore, ils font tout, ou semblant, pour en être.

Le capital érotique de Catherine Akim.

 
   

 

LLafranc, dimanche 26 avril. Assis à la terrasse du LLevant, une de mes « querencias » de ce petit coin de la « Costa brava » encore protégé, je lis l’édition dominicale de « la Vanguardia » et m’arrête, alléché par son titre, sur la chronique de Luis Racionero : « Las eroticas capitalistas ». Il y présente une étude de la sociologue britannique Catherine Hakim selon laquelle le capital érotique serait le 4e pilier d’une personnalité moderne, en sus du capital économique, du capital culturel et du capital social. Un capital érotique qui ne concernerait pas que les  «  choses » du sexe ou le mariage. Dans nos sociétés modernes  où la culture est hyper sexualisée, nous est-il, en effet, précisé, le capital érotique prend de plus en plus de valeur sur le marché du travail, au sein des médias, de la politique, de la communication et de la publicité. Et les femmes seraient mieux dotées que les hommes ! Question de Luis : pourquoi ? parce que (je le traduis) « Dans la loi de l’offre et de la demande de coït, l’injuste nature a truqué la balance de sorte que la demande du mâle sera très supérieure à l’offre de la femelle et, comme tout le monde le sait, le prix monte et celui qui met le prix et le perçoit, c’est la femme. » Mais comme elles vivent dans des sociétés patriarcales, elles seraient tentées de ne pas se servir de cet «  avantage comparatif », les hommes « s’efforçant de construire des idéologies morales pour empêcher les femmes d’exploiter leur capital érotique et d’en tirer des bénéfices économiques et sociaux ». Et l’auteur(e) de se lamenter que les féministes ne soient pas capables de libérer les femmes de la perspective patriarcale. Certes, mais il est de nombreuses femmes qui plutôt que de suivre les méthodes radicales des féministes, préfèrent continuer d’exploiter leur capital érotique avec ou sans patriarcat, conclue L. Racionero.

Ce que je n’ai pas manqué de constater à la table voisine…

 

 

La hyène ricaneuse.

 

 

Article très intéressant de  » Slate «  sur la Hyène ricaneuse. A le lire au second degré on en tire un réel plaisir de lecture. Ainsi ce paragraphe où, je ne sais pourquoi, j’ai immédiatement pensé à un de nos amuseurs-sniper qui, tous les matins , sur une radio du service public, tire à vue et vulgairement sur tout ce qui se présente dans son champ de vision. A la condition toutefois que ses cibles soient dans le camp des méchants opposés à la bienpensance morale auto-proclamée. Un exercice très gratifiant au plan symbolique, sans danger et grassement payé :  » … en termes d’image publique, la hyène est avant tout handicapée par son rire. Gloussement innocent pour l’oreille objective, elle sonne pour beaucoup d’hommes comme un ricanement démoniaque qui annonce quelque plan machiavélique. En réalité, la hyène émet ce son caractéristique quand elle n’arrive pas à obtenir ce qu’elle veut; c’est l’expression d’une excitation mêlée à de la frustration. Les variations dans la hauteur du rire sont par ailleurs révélatrices de l’âge et du statut social. La hyène possède en effet un répertoire vocal parmi les plus riches de tous les mammifères terrestres, primates compris. Le rire n’est que l’une de ses nombreuses vocalises, à côté par exemple du cri enjoué qui signifie «je suis là», et de la kyrielle émouvante de murmures et de grognements échangés entre la mère et ses petits. « 

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