Contre-Regards

par Michel SANTO

La tyrannie des bruyants.

 

Afficher l image en taille réelleAvec l’été, la tyrannie des bruyants se déploie dans tout l’espace public. Des cités au coeur des villes la même loi de la jungle qui, nuits après nuits, fait endurer aux plus pauvres et aux plus faibles musiques et pétarades de toutes sortes. Dans les faits, quel recours ces personnes ont-elles ? Aucun. Certes, le phénomène n’est pas nouveau : dans une lettre adressée le 30 mai 1937 au maire de Fontenay-aux-Roses, Paul Léautaud se plaignait des abus de la TSF : la rue où j’habite, écrivait-il, « commence, comme elle l’a été tout l’été dernier, à être inhabitable, journées et soirées, par les excès de sons auxquels se livrent les habitants de certains pavillons qui non seulement font marcher leur appareil au plus haut diapason, mais encore en tenant leurs fenêtres toutes grandes ouvertes, ou en plaçant même ledit appareil dans leur jardin. La liberté, vous le savez, c’est le droit pour chacun de faire ce qui lui plaît jusqu’à la limite du droit d’autrui ». Rien de neuf sous le soleil donc, sauf que le nombre d’appareils sonores a été multiplié jusqu’à saturation et que les places et les terrasses de nos villes sont privatisées à outrance au profit de bistrotiers qui racolent le chaland estival et nocturne à grands concerts de débiles décibels. Et ce avec la bénédiction d’élus résidants en général dans des quartiers protégés de cette dictature du bruit, dictature qu’ils présentent au demeurant comme  » une contribution citoyenne  » à leur propre politique culturelle. On en viendrait presque, dans ces conditions de pollutions sonores, à se féliciter d’une météo pourrie tant le beau temps est désormais devenu pour beaucoup une véritable calamité. Il est donc temps de partir à la reconquête du droit au silence, sans la  » crainte démocratique  » de passer pour un ringard ou un gêneur. Et de proposer, comme la nuit, qui disparait sous les lumières urbaines, que le silence figure au patrimoine de l’humanité…

Le temps retrouvé.

Un de mes facétieux amis narbonnais m’envoie cette information pêchée dans les eaux d’Internet:  » M. Bernard Lourtet , Directeur régional des Renseignements Généraux quitte le Limousin pour rejoindre la Haute-Normandie. Il est remplacé par M. Patrick Nappez.« . (!!!) Stupéfait, je lance une rapide enquête.Passer du journalisme à  » la grande muette » ne m’avait pas semblé, en effet, totalement idiot. Surtout en ces temps de crise où la presse régionale  » prend le bouillon « . Après tout, c’est un peu le même métier : collecte de l’info, entretien des sources, manipulation des esprits, compte rendu de manifs ou de conseils municipaux etc, etc… En réalité, l’homonyme dont il est ici question partirait en congés sabbatique.Un an, six mois sans doute.Un temps de  » jachère journalistique » sans que personne n’exige le paiement de ses dettes déontologique ou morales.Un temps pour se retrouver, on le lui souhaite, après sept années de temps perdu à se chercher une vaine identité de « justicier de l’info » et de « procureur de la com »… Paul perdit ses certitudes sur la route de Damas. Patrick aurait-il perdu les siennes dans les « pompes » politico-ecclésiastique de Tolède?

A l’abri sous les niches!

486 niches fiscales ! C’est plus que le nombre de fromages.Comment en est-on arrivé là ? 73 milliards d’euros de niches pour cette année, alors que l’impôt sur le revenu devrait rapporter 60 milliards! Encore une exception française. Comme la culture, les fromages, le modèle social et que sais-je encore. C’est aussi le pays de l’OCDE où l’impôt sur le revenu est de loin le plus faible. Selon les prévisions de Bercy, il devrait collecter 3 % du PIB en 2008. Aux Etats-Unis,c’est 8,5 % du PIB, plus de 15 % en Suède…! Paient-on pour autant moins d’impôts? Non,bien sûr, car la pression fiscale est en France l’une des plus élevées au monde avec un système profondément injuste où les pauvres paient autant que les riches. Car les taxes les plus lourdes, comme la TVA avec 180 milliards d’euros de rentrées prévues en 2008, la CSG et la CRDS avec près de 90 milliards  et les cotisations sociales, sont toutes proportionnelles. Cette réalité nous ne voulons pas la voir. Nous préférons les impôts indirects invisibles qui nous évitent d’exiger de la part de ceux qui les administrent davantage d’efficacité…La France vit en fait dans l’inégalité. Et à l’abri…Dans ses niches !

Les rats rodent…

Si l’on veut avoir une idée jusqu’à quel degré de complaisance perverse peuvent tomber les meilleurs esprits quant il s’agit de juger de la valeur d’une exposition de photos présentée comme un évènement culturel par la quasi totalité de la critique parisienne, je vous recommande de consulter le billet de Pierre Assouline  » Controverses «   et les réactions de ses lecteurs de la République des livres, dont je fais encore partie…Une image, en effet, cet expo, du caractère maniaco-dépressif d’une prétendue élite intellectuelle prête à toutes les   » expériences de pensée ( !!! ) « . Les rats rodent

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