Philippe Torreton est un grand acteur. Un mauvais causeur aussi. A la scène, il incarne avec talent tout le génie de Shakespeare et dans la presse, le Midi Libre de ce dimanche, il s’exprime dans un français médiocre sur le tout et le rien. Un échantillon : « le service public a des exigences de volonté ». Un « service public exigeant » devait lui paraître un peu court, sans doute.
Le parler de nos comédiens se rapproche hélas de celui en usage sur les plateaux de télévision et dans les officines politiciennes. Pas étonnant, dans ces conditions, que Monsieur Torreton, qui pourtant se réclame « du génie de Jean Vilar », se laisse aller à dire qu’un mandat de député « le tenterait ». Une autre façon de faire du théâtre, après tout.
Nous sommes le 8 mars. C’est la journée de la femme. Elles sont rares dans les lieux de décision politiques. Moins de 10% dans les conseils généraux et 12% dans les conseils municipaux. A L’Assemblée Nationale elles sont 12% !!! Malgré la loi sur la parité. Une performance remarquable qui place la France au 80eme rang, entre le Niger et la Slovénie, juste avant l’Italie.
Et c’est le jour que choisissent les trois députés mâles de l’Aude pour officialiser leur candidature « derrière Ségolène », comme le titre l’Indépendant.
Ils ne manquent pas d’air nos hommes ! Provocation inconsciente ou ignorance avérée ? Sans doute un peu des deux. Mais symptomatique d’une culture politique locale où l’on ne fait même pas l’effort de recouvrir de l’habituel vernis de bonnes intentions des pratiques politiques discriminantes à l’égard des femmes.
Comptez donc , dans ce beau département de l’Aude, le nombre de mairesses, de femmes élues au Conseil Général (1 femme sur les 19 membres de la Commission Permanente), de sénateurs (0), de députés (0). Le constat est affligeant. La Papouasie doit faire mieux !
En comparaison, le monde du cheval, qui consacre même un classement paraissant au bulletin officiel des cavalières concourant au championnat de France, fait figure de dangereuse cinquième colonne progressiste. Un comble !
Il y a peu de temps, on vantait, dans la très subtile presse narbonnaise, « la prudence de sioux » de l’ex-président socialiste du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon. Cela devait être écrit dans une région où les intellectuels de service éprouvent une sorte d’étrange fascination pour les « grandes gueules », ce mélange de profonde vulgarité et de souverain mépris à l’égard de « l’autre », du différent, de l’étranger, du concurrent ou du voisin. Quel qu’en soit la « figure » : l’espagnol, le pied-noir, l’arabe, l’anglais … ou l’Etat, Bruxelles, les U.S.A… et pourquoi pas le tout réunit !
Nicolas Sarkozy s’est planté sur RMC, ce matin, quant au nombre de « sous-marins nucléaires d’attaque » français. « Quatre », a répondu le ministre UMP. « Non, c’est cinq », lui a rétorqué le journaliste. En réalité, selon le ministère de la défense, la France dispose de six sous-marins nucléaires « d’attaque » (SNA), outre ses quatre sous-marins nucléaires « lanceurs d’engins » (SNLE). Ségolène Royal, interrogée lors de la même émission, avait répondu « un », puis « deux ». Cette « bourde » avait été sévèrement raillée par des membres de l’UMP, dont Michèle Alliot-Marie, la ministre de la défense.
La France, pays de l’égalité (tu parles !), fais cher payer aux femmes leur « intrusion » dans la compétition aux plus hautes responsabilités politiques. Gageons en effet que l’erreur de Nicolas ne fera pas l’objet de commentaires sur son incompétence à exercer un mandat présidentiel. Un parfum de misogynie flotte encore dans cette campagne. Sur un fond d’acide procès mené par des journalistes à la recherche du moindre faux pas pour tourner en ridicule les candidats. Michel Rocard en avait déjà été victime avec le « prix du ticket de métro ».
La politique rabaissée à « Questions pour un champion »… Grotesque !
A travail égal, à Roland Garros, elle n’a pas le même salaire que Monsieur Racket. Cette discrimination n’existe nulle part ailleurs, dit-elle. Et de stigmatiser «l’arriérisme» des responsables de cette atteinte intolérable au principe d’égalité.
Son arriérisme, il est vrai, n’est pas mal du tout, et, sur l’échelle des bêtises publiques, plus novateur et élégant que la sombre et pesante «bravitude» de Ségo.
A quand et pour qui un « devantisme social « , qui rétablirait l’égalité des sexes sur les cours de tennis ? Arlette, Dominique…
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