Contre-Regards

par Michel SANTO

RCNM ! De la légende aux réalités du rugby professionnel…

 

     

Titre de Une “La descente aux enfers : Rugby à XV. Les deux clubs pros de l’Aude, le RCNM et L’USC, occupent les dernières places du championnat”. Comme sur d’autres terrains, entre nous soit dit ! L’économique et le social principalement, où tous les “feux sont au rouge” ! Quel que soit le critère : taux de chômage, nombre de bénéficiaires de revenus sociaux, part des personnages âgées dans la population totale, nombre de ménages non imposables…, l’affichage n’est pas glorieux –  l’Aude  figure en effet au premier rang du Top 14 des départements les plus pauvres de la France métropolitaine. Et, pages 2 et 3 de ce même journal pour compléter sa “Une”, un concert de lamentations d’élus, d’anciens joueurs et de dirigeants, qui, faute d’idées et de solutions pour aider leurs clubs à rejouer dans la cour des “grands, nous chantent des romances d’un autre âge – j’entends encore Didier Mouly en appeler au “club mythique ” que fut le RCNM, à son “histoire légendaire”… – , battent frénétiquement tambour – à la manière d’un Jacques Bascou pour qui “l’heure est à la mobilisation générale et au soutien inconditionnel au RCNM » –, quand ne sont pas invoqués par d’autres des “valeurs”, au demeurant jamais définies – “l’amour d’un “maillot”, “d’un club”, “d’une ville”… À les écouter ainsi,  le rugby serait ainsi toujours celui du temps de leur jeunessse : un sport pratiqué par des joueurs issus ou liés affectivement ou professionnellement au “terroir” de  leur club, alors que la plupart d’entre eux, “hors-sol”, sont désormais les salariés d’une entreprise dont la seule “culture”, ou plutôt la principale, est celle du “résultat.” Des entreprises en concurrence dans un monde professionnel où l’histoire du rugby et sa “légende” se font dans les “métropoles”,  là où se concentrent population, richesses économiques, fiscales et entrepreneuriales ; très loin donc  de ce que peuvent offrir les villes de Narbonne et Carcassonne. Dans cette même édition du journal local, Jean-François Beltran, l’ancien entraîneur de Narbonne, ne dit pas autre chose : “L’isolement géographique de la ville fait du RCNM un club de la Clape, ou guère plus. À seulement quelques kilomètres de la ville, les supporters ont d’autres clubs dans leurs cœurs (l’Usap, l’ASBH ou le FCL XIII). Il faut aussi tenir compte de la situation économique qui n’est pas favorable, l’Aude est un des départements les plus pauvres de France. L’argent ne fait pas le bonheur, mais dans le sport il y contribue !” Un propos débarrassé de tout pathos romantique, mais qui donne à réfléchir sérieusement sur la forme que devrait prendre un projet sportif compatible avec notre potentiel économique et financier.

Mots-clefs :

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Laisser un commentaire

Articles récents

Scène de la vie narbonnaise : un soir des fééries de Noël, j'ai croisé un homme seul sur une chaise roulante…

Scène de la vie narbonnaise : un soir des fééries de Noël, j'ai croisé un homme seul sur une chaise

      Dans ma petite ville, nous avons un marché de Noël, comme partout ailleurs dans ce pays. Avec les mêmes baraques blanchâtres, les mêmes têtes du Père Noël, les mêmes marchandis[Lire la suite]
Scène de la vie narbonnaise : Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville…

Scène de la vie narbonnaise : Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville…

        Elle était assise sous la véranda de ce bistrot du centre ville où je m’étais installé pour y boire une tasse de café noir. Je l’observais, élégante et rêveuse, caress[Lire la suite]
Le temps n'est pas loin où vont revenir les langueurs universelles, les croyances à la fin du monde…

Le temps n'est pas loin où vont revenir les langueurs universelles, les croyances à la fin du monde…

    Depuis des mois, je ne lis plus que des correspondances, carnets, journaux d’auteurs : Flaubert, Gide, Malaparte, Renard, les Goncourt … (dernier achat chez mon bouquiniste : Les car[Lire la suite]
"Franchement, Michel ! à quoi bon tout ça !", me disait aussi une petite voix…

"Franchement, Michel ! à quoi bon tout ça !", me disait aussi une petite voix…

    Recommandant la lecture quotidienne d’une ou deux « pensées » de La Rochefoucauld ou de La Bruyère pour exercer sa lucidité et ne point être dupe de certaines postures social[Lire la suite]
Qui pense encore à nos 13 soldats morts il y a quatre jours à peine ?

Qui pense encore à nos 13 soldats morts il y a quatre jours à peine ?

        Qui pense encore à nos 13 soldats morts il y a quatre jours à peine dans une opération de combat menée contre nos ennemis djihadistes ; qui pense encore à leu[Lire la suite]
Scènes de la vie narbonnaise à l'entrée du passage de l'Ancre et du cloître de la cathédrale Saint Just-Saint Pasteur

Scènes de la vie narbonnaise à l'entrée du passage de l'Ancre et du cloître de la cathédrale Saint J

        Lundi dernier, était-ce le matin ou l’après-midi, je ne sais plus. Pour quelles raisons me suis-je retrouvé devant l’entrée du passage de l’Ancre, je l’ignore. Et[Lire la suite]
  
2006-2019 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio