Contre-Regards

par Michel SANTO

Dans mon quartier de Bourg, la rue de l’Etoile !

blog-0096.jpg  

Connaître une ville, c’est aussi observer ses murs. Leur texture, leur couleurs, leurs cicatrices, tout ce qui les pare, les strie ou les gâte exprime un peu de leur histoire. Comme une peau ! Dimanche dernier, la nuit n’était pas encore tombée sur la rue de l’Etoile que je pris son sens interdit pour m’en aller vers d’autres temps. Cette rue est aussi paradoxalement la plus courte, la plus étroite et certainement la plus sombre de Narbonne. Autrefois, elle reliait le quartier de Bourg , dense et pauvre, au quai de la Charité ( ! ). En face, des lavoirs publics toujours très animés par des femmes affairées à leurs travaux domestiques . Je me suis toujours demandé qui avait pris cette initiative de baptiser ainsi cette sinistre ruelle, humide et sale . Comme si l’espérance, pour ceux et celles nombreux qui l’empruntaient, devait lui ressembler . Ou, à l’inverse, leur signaler qu’une étoile toujours éclairait et guidait leur courte et misérable vie. Aujourd’hui, on trouve de part et d’autre de son débouché sur les bords du canal de la Robine, l’annexe d’une école d’infirmière; et l’ancien couvent, qui abritait une maison de retraite médicalisée, est lui désormais vide… La vie, la maladie et la mort l’ont quitté !  Les rues, comme nous, fussent elles porteuses d’étoiles, n’échappent pas  à leur destin… Un peu plus loin , sur la façade du Conservatoire de Musique, un poème de Pierre Reverdy : « Les murs de la ville ». Il commence ainsi : « La Chaîne de feu entoure la ville / les yeux au carré où joue le soleil / les cheveux brûlés / Le jour qui s’éveille / Tout est installé… »

 

Rétrolien depuis votre site.

Désormais, 3 façons de réagir !

Commentaires (1)

  • Avatar

    Elle

    |

    Pourquoi si peu de photos dans ces portraits de lieux que vous esquissez ? C’est pas mal. Il y a tellement à dire sur toutes ces petites rues de Narbonne;

    Reply

Laisser un commentaire

Articles récents

Quelques notes prises  au fil des jours…

Quelques notes prises au fil des jours…

    Ai noté ceci : Le 4 février : Toujours du grand Jules Renard, dans son journal : «Il y a des gens qui, toute leur vie, se contentent de dire : « Évidemment ! Parfaitement ! C'est ho[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : la piqure de rappel du PCF à ses électeurs et alliés…

Narbonne ! Municipales2020 : la piqure de rappel du PCF à ses électeurs et alliés…

        L’on ne saurait reprocher aux communistes narbonnais de la constance dans l’expression publique de leur stratégie politique. Pour eux, l’apolitisme – le terme apa[Lire la suite]
Scènes de la vie narbonnaise et d'ailleurs : un spectacle qui réveille toujours en moi un profond sentiment d’hostilité envers mes semblables…

Scènes de la vie narbonnaise et d'ailleurs : un spectacle qui réveille toujours en moi un profond se

            Il est 10 heures 30, ce matin. À travers la grande baie de mon bureau surplombant les toits, la place et les rues qui font ma géographie quoti[Lire la suite]
Affaire Griveaux : Dans certaines circonstances, un homme peut-il tout se permettre et tout détruire ?

Affaire Griveaux : Dans certaines circonstances, un homme peut-il tout se permettre et tout détruire

    Ce qu’a fait Monsieur Griveaux, alors qu’il occupait les fonctions de porte-parole du gouvernement, rattaché au Premier ministre : réaliser une vidéo révélant ses parties intimes à un[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : Echos de campagne…

Narbonne ! Municipales2020 : Echos de campagne…

Narbonne. Hôtel de ville. « Deux grosses prises » pour madame Granier-Calvet, titrait l’Indépendant, l’autre jour. Lecture faite, ce n’était pas d’un concours de pêche aux thons dont il était rend[Lire la suite]
Narbonne ! Municipales2020 : Nul ! Nul ! et Nul…

Narbonne ! Municipales2020 : Nul ! Nul ! et Nul…

    Finalement, quand on y réfléchit bien, la politique se résume à une seule passion : le goût du pouvoir ; et l’assouvir suppose que, par celui (ou celle) qui l’éprouve, soient clairem[Lire la suite]
  
2006-2020 © Contre-Regards
Conçu par OnEric Studio
 
%d blogueurs aiment cette page :