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Annie Saumont. Koman sa sécri émé ?

   

Photo : Le Monde.

 

Devant ma tasse de café (bien chaud), comme ce matin (très tôt), lecture de quatre ou cinq nouvelles d’Annie Saumont. Trois, quatre pages chacune seulement, mais d’une grande densité. Pour les amateurs de ce genre littéraire, son style, son imaginaire et ses thèmes la rapprochent de Raymond Carver : le maître américain ! Rapide, incisive, rien ne lui échappe des peurs, des troubles et des angoisses de personnages aux identités floues, déboussolés, paumés, mal dans leur peau voire carrément tordus. Pas de mièvres bluettes romantiques : des histoires de vie dans lesquelles on parle aussi d’amour, de tendresse. Certaines de ses âmes grises, longtemps, occupent l’esprit ; qu’il m’arrive de croiser au fond d’un bistrot, un soir de « fête » ou tout simplement au coin d’une rue. Quand ce n’est pas devant mon miroir… Le titre de ce recueil *, posé sur ma table, est tiré d’une des dix huit brèves histoires, le composant : « koman sa sécri émé ? ». Très courte : deux pages. Son titre ? SMS ! Un petit bijou : drôle et cruel…

   

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  * Koman sa sécri émé ? Annie Saumont. Julliard 2005 (163 pages).

Si la terre était ronde, il n’y aurait pas de vacances. L’homme ne pourrait plus se reposer.… (A.Vialatte)

 

Illustration: Croquis d’Alexandre Vialatte de Lavoro © AFP /Leemage/Lavoro.

     

« Il ne faut jamais mettre un homme, sans un entraîne­ment progressif, en face d’une situation qui l’oblige soudainement à réfléchir à plusieurs choses. Le sang afflue au cerveau, le teint passe au violet, le front se plisse, les yeux restent vides, la tête peut deve­nir aussi grosse que celle d’un académicien. Tout est à craindre en de telles conjonctures, comme du scaphandrier qui remonte à la sur­face après une importante plongée. Le repos s’impose, et des bains de pieds à la moutarde. » C’est précisément ce que je me disais, ce matin.

Assistons nous vraiment à « la fin des partis politiques » ?


Plusieurs anciens soutiens de Benoît Hamon, parmi lesquels l’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira ainsi que les maires de Paris et Lille, Anne Hidalgo et Martine Aubry, ont annoncé ce mercredi le lancement d’un nouveau mouvement politique. Cette initiative intervient alors que l’ancien candidat à la présidentielle, Benoît Hamon, a annoncé ce même joiur sur France Inter vouloir lui aussi fonder un nouveau mouvement à gauche. Valls étant déjà parti ailleurs, la décomposition du PS, sous la double pression du mouvement En Marche et de la France Insoumise, s’accélère donc à un rythme soutenu. Doit-on y voir le symptôme, comme Jacques Julliard, de la fin des partis « à la française » – fruits du parlementarisme censitaire de la première moitié du XIXe siècle, du mouvement ouvrier de la seconde, et des mouvements de masse du XXe… –, ou considérer, comme Dominique Reynié, qu’inévitablement : « la crise des vieux partis accouchera d’un nouveau parti semblable aux autres. » Pour ce qui me concerne, si je ne crois pas à leur disparition, leur reproduction à l’identique me semble tout autant improbable. En effet tout « mouvement politique », pour durer et s’inscrire dans le « jeu » parlementaire représentatif doit à l’évidence « s’institutionnaliser ». Cela suppose évidemment une organisation, des financements… Bref ! les « mouvement » en question  ne peuvent pas ne pas devenir  « sujets de droit » et se doter d’un « appareil » , avec ses élus, ses permanents etc. Ce que je crois, par contre, est que ce bouleversement que représentent l’apparition et la performance d’En Marche et FI, contiennent en germe de nouvelles formes et pratiques partisanes. De sorte que la seule question qui demeure est celle de savoir comment, et à quelles conditions, elles se traduiront dans les faits. Quant aux partis politiques historiques, ils  seraient bien avisés eux aussi de s’adapter à cette nouvelle « demande » politique du « corps électoral ». La situation dans laquelle se trouve aujourd’hui le Ps révèle ce qui pourrait bien arriver à d’autres, s’ils restaient en l’état…

Nota : je recommande la lecture de l’article de Jacques Julliard. Disponible en intégralité et en format PDF en cliquant sur (ici)

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