Fascinant documentaire sur la « 3 », hier soir¹ ! A près de 90 ans, l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing répondait aux questions de Patrice Duhamel, qui l’avait suivi lors de ses campagnes présidentielles de 1974 et 1981. Voir cette silhouette et ce visage marqués par son âge avancé mis à distance par une intelligence d’une vivacité inouïe avait en effet quelque chose de prodigieux. Un incontestable charme émanait de ce « corps » qu’enveloppait une voix murmurant des confidences – et des analyses – d’une saine franchise, sur un parcours hors normes.
Illustration : Manuel Valls, Premier ministre de mars 2014 à décembre 2016, à l’Assemblée nationale en décembre 2015. Photo : afp.com / Dominique Faget.
À l’inverse des commentaires à usage tactique des soutiens d’Hamon et du cercle des frondeurs autour de lui réunis, la position de Valls et son choix de voter au premier tour pour le candidat d’En Marche, me semble la seule voie capable de sauver ce qui restera du PS aux législatives, et après. Je m’explique ! Et d’abord évacuons ce que l’on lui fait dire, et qu’il n’a pas dit.
Essayons de résumer ma pensée sur l’état actuel du rapport des forces, tel qu’il semble se dessiner en cette fin de semaine du mois de février. le dernier sondage publié par le Figaro – avec toutes les précautions d’usage : il n’est que la photographie, à un moment donné, des intentions de vote des français… – à l’appui.
Quand,moyen de taille et plutôt élancé, il apparaît sur mon écran de télé ; torse chemisé offert à ses fans et brastendus vers les nuages ; le visage contracté, mais lisse, avec dans les yeux ce regard allumé du désir de briller, d’éblouir, j’éprouve, à l’écouter, un étrange malaise. Malgré toute mon attention, ses mots, ses gestes glissent sur ma conscience du moment. Peu s’y fixent ! Car elle ne se nourrit pas que d’idées et de projets fussent-ils brillamment exposés.
Alain Perea, le jeune maire de Villedaigne et vice-président du Grand Narbonne n’est pas qu’en « En Marche » ! Il déménage, fonce, laboure… Vendredi, dans son modeste foyer municipal, il réunissait 120 personnes ; et samedi, il était à Lyon, dans un immense Palais des sports, avec Macron et plus de 10 000 personnes. Un changement de planète, que dis-je, d’univers ! La foule débordait dans les rues de la capitale des Gaules, alors que dans son petit village elles sont habituellement désertes tant on y craint de répétitives et catastrophiques inondations. Mais bon ! il fallait la remplir sa petite salle des fêtes. Pour la galette des rois ou le loto annuel de l’Amicale bouliste, c’est du gâteau. Pour un éloge macronien à l’heure de l’apéritif, c’était une autre chanson. Et pour dire quoi ? Eh ben, qu’ il veut marcher devant, pas derrière ou à côté ; ne pas faire de la figuration ou assurer l’intendance ; ou porter sur ses épaules de déménageur l’ambition de jeunes et anonymesmembres de la société civile locale. Y’ en a, oui !« C’est dit, c’est fait, je veux être député ! » gazouille-t-il… Et d’en fanfare communiquer pour le faire savoir. Ses amis encartés comme lui au PS, jusqu’à quand ? à l’ouïr ne savent d’ailleurs plus qu’en penser – mais l’est-il toujours ? D’autres se demandent quand il sera viré ; la plupart s’en foutent ou regardent ailleurs ; certains discrètement le suivent ; son président d’Agglo ne veut pas s’en mêler ; la députée sortante, M.Hélène Fabre, ne peut pas l’encadrer ; lui non plus d’ailleurs ! Bref, dans le microcosmepolitique de ce petit bout de France qui se veut grand, l’interrogation quasi métaphysique est : combien comptent Macron et Perea, s’il est investi pour les législatives de juin ? Être ou ne pas l’être, et quand, telle est sa question…
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