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À Bram, Carole Delga dit vouloir changer la gauche et la vie…

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Lu.9.2022
 
 
Hier, à Bram, dans l’Aude, Carole Delga, la présidente PS du Conseil Régional de la Région Occitanie, a lancé son « mouvement » d’opposition à la ligne pro Nupes de la direction de son parti. Elle a exhorté les participants à « travailler » à un projet de société qui « change la vie ». Que ça ! Et pourquoi pas changer ou raccourcir la mort, tant qu’on y est ? Voilà bien le genre de slogan et d’idées générales « ni vraies, ni fausses, ni justes, ni injustes, mais creuses » (Paul Veyne), et un tantinet désuète et ridicule, en l’occurrence, que plus personne ne veut entendre. Renaud Dély, qui participait à ces Rencontres, avait pourtant rappelé qu’une des faiblesses de la gauche, déconnectée du réel et repliée sur des thématiques communautaristes et identitaires, consistait à se réfugier dans l’indignation et la surenchère démagogique : « La colère est légitime, mais elle n’est pas pour autant le moteur de la gauche ». Une intervention sans concessions à la doxa politicienne de gauche que les participants ont écouté, note joliment le journaliste de l’Indépendant présent : « d’une oreille très discrète. Une attention toute relative… qui était surtout le fait d’une atmosphère conviviale et de la perspective d’un bon repas après une matinée d’ateliers intenses. »
Qui pourrait en douter, en effet !
 
 
 

Que prépare Carole Delga en Occitanie pour les élections législatives 2022 ?

       

« Ce n’est un secret pour personne : Carole Delga veut prendre la direction du PS après la présidentielle et les législatives qui suivront. Prendre est d’ailleurs un bien grand mot tant la séquence électorale à venir devrait être la pire jamais subie par ce parti depuis sa naissance à Épinay-sur-Seine. Disons alors cueillir ce qu’il en restera. Il lui faut donc, après avoir conservé la Région, sans LFI et EELV, en 2021, doper son image dans sa stratégie de prise de contrôle de la direction du PS en présentant aux militants et cadres du parti un bon bilan électoral à la présidentielle et aux législatives. »

Choses vues et entendues lors d’une petite « manif » pour la paix en Ukraine…

 

       

Jeudi, en fin d’après-midi, à l’heure où le préposé municipal ferme la grande porte d’entrée de l’hôtel de ville de Narbonne, une petite centaine de manifestants étaient rassemblés devant elle à l’appel discret des élus de gauche du département et de la commune, notamment, pour soutenir dans l’épreuve le courageux peuple ukrainien. Discret, dis-je, car rien dans la presse locale n’avait annoncé, à ma connaissance en tout cas, cette manifestation.

PRG et Christiane Taubira ! La messe est dite : ce n’était pas un échange d’amour !

   

Dans ma petite ville, les deux grandes voix radicales de Gauche qui hier clamaient amour, fidélité et assistance à Christiane Taubira, sont aujourd’hui coites, désemparées et recluses dans leur petite, mais somme toute confortable, chapelle politique. Depuis que Lacroix – quel nom pour un Président « radical » ! – , leur Saint patron laïque, a prononcé dans sa dernière bulle dominicale la sentence d’excommunication de leur éphémère candidate d’union, les vœux de mariage solennellement échangés sont en effet rompus. Cramé donc le pactole financier, et de parrainages surtout, qui lui était « promis-juré ». La messe est dite : ce n’était pas un échange d’amour ! Mais qui pensait sérieusement, à part quelques petites et maigrichonnes troupes bigotes, que ces défuntes noces étaient faites pour durer ?

       

Le PRG tire le missile Taubira sur le PS… et la gauche.

     

Ce matin, dans le seul journal local de ma petite ville qui jadis fut cependant capitale, le PRG de l’Aude au complet – une vingtaine de militants tout au plus : un « grand rassemblement » selon les normes statistiques de ce micro parti – faisait la « Une » et la photo pour appeler les « sympathisants de gauche » à participer à la primaire populaire et voter pour leur candidate à la Présidentielle, leur nouvelle égérie et pompeuse poétesse, madame Christiane Taubira. Une primaire dont les organisateurs se sont arrogés le droit de départager les candidats de gauche à la façon d’une directrice d’école maternelle, en distribuant à des candidats qui ne le sont pas, notamment et surtout Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot et Anne Hidalgo, des appréciations infantilisantes : «très bien», «bien», «passable» – traduire pour cette dernière par « médiocre » et « nul ». Une fausse primaire « spontanée et citoyenne » donc, outrancièrement ridicule, et dont le seul objectif est en réalité de propulser la candidature-torpille de C. Taubira pour faire exploser ce qui reste encore des partis de gauche. J’observe aussi que, dans ma Région Occitanie où le PRG et ses leaders, peu nombreux, certes, mais qui occupent des positions de pouvoir importantes offertes à eux par un PS maître de la Région et de nombreux Départements, ce dernier assiste, muet, comme une taupe, à cette offensive « liquidatrice » de Taubira et du PRG réunis. À croire que dans l’inconscient collectif de ce dernier, la fin d’un cycle politique de 50 ans qui l’avait amené aux plus hautes responsabilités de l’État, était déjà acté. Quand on en fera l’histoire, on ne manquera pas de relever, anecdotiquement cependant – faut pas pousser ! –, que le PRG n’aura finalement jamais cessé de jouer le double jeu du soutien et de la « trahison ». En attendant, pour reprendre les mots d’un ami, on aura tout vu ! Avec du « mélo » à la façon tortueuse d’Arnaud, jusqu’au comique dodu de François, en passant par le cynisme rageur de Jean Luc, la « fausse naïveté » de Jadot, la démesure tragique d’Anne et la grandiloquente morgue d’une Taubira. Mais quel spectacle, tout de même !

 

* Les deux primaires organisées par les socialistes avaient rassemblé 2 millions de votants en 2011 et 1,6 en 2017.

* * Un PRG qui n’aura finalement cessé de jouer le double jeu du soutien et de la « trahison » avec le PS.

 

Illustration : Page Facebook  Édouard Rocher.

       

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